Phoenix Mourning est un jeune groupe constitué de jeunes garçons aux coupes de cheveux et aux attitudes bien émo qui jouent un mélange de ces styles très en vogue outre atlantique en ce moment, c’est-à-dire du metalcore-screamo-émo teinté de mélodies pompées sur les classiques du thrash made in Göteborg. Cette petite introduction vous paraît extrêmement intolérante et pleine de clichés ? C’est pas faux et malgré tous ces à-prioris, voici pourquoi ce premier album du quintet, ‘When Excuses Become Antiques‘, se révèle être au bout du compte pas mauvais du tout.

Pourtant le titre d’ouverture, ‘Across Twenty-Six Winters‘ laissait présager du pire : une soupe métalleuse entendue et réentendue, pleine de riffs pompés quelque part entre les plus mauvais titres de Killswitch Engage ou As I Lay Dying. Bref pour un début, c’est bien molasson et pas original pour un sous. Le son quand à lui est outrageusement bon pour un premier album, comme quoi ce n’est pas faux du tout quand on dit que pour éviter les galères des autoproductions et compagnie, il suffit de jouer ce qui marche. La production est donc en béton et il en est de même pour la performance technique. Ça ne joue pas vite certes, mais ça joue bien et j’ai envie de dire que c’est la moindre des choses. Voilà, s’en est fini des critiques gratuites (ou presque), je revets maintenant ma casquette d’auditeur attentif et objectif et c’est parti.

Car honnêtement, même si ces quelques titres sans saveur viennent gâcher la fête un peu trop souvent, on à aussi de nombreuses occasions d’être très agréablement surpris. ‘Niche‘ par exemple sait mélanger à merveille un chant clair pas trop présent et les hurlements classiques du metalcore sur des rythmiques alternant mid-tempos presque hardcore et lignes mélodiques d’abord déconcertantes d’originalités. La lead répend de subtiles harmoniques par-ci par-là, la guitare rythmique implacable suit une batterie plutôt entraînante, bref c’est bien sympathique tout ça. ‘One January Morning‘ quand à lui distille quelques riffs vraiment bien sentis, le son extrêmement clair des guitares leur donnant un tranchant vraiment efficace. Le refrain amène quand à lui sa mélodie mélancolique comme il faut, mais seulement pour remettre une grosse claque dès que redémarre la double toujours très présente.

Heureusement que ces quelques bons titres restent plus en mémoire que le reste car à côté de ça on a vraiment de quoi faire niveau insipidité et repompe. L’insupportable quasi-ballade ‘Waiting For The King‘ regroupe à lui seul une grande majorité des clichés de l’émo avec son chant clair faiblard, ses riffs ennuyeux, ses breaks en descentes de manche bien heavy sensées dynamiser le tout mais qu’on voit venir à des kilomètres, son pont en guitare acoustique avec plein d’effets inutiles dans la voix, etc…

Au bout du compte, ‘When Excuses Become Antiques‘ est prométeur à bien des égards pour un premier album, mais il reste bien trop typé et déjà entendu pour vraiment marquer les esprits. Enfin après tout, ceux qui auront aimé le dernier As I Lay Dying aimeront surement chacun de ces treize titres aussi. Pourtant quand on voit ce que ces cinq la sont capables de composer comme sur le très rythmique et complexe ‘A New Decor‘ et ses couplets dont les riffs semblent presque aléatoirement découpés, on se dit simplement que c’est bien dommage qu’ils se limitent à un style dont on commence sérieusement à avoir fait le tour depuis déjà quelques temps. Un peu de brutalité et d’originalité supplémentaire la-dedans et le prochain opus pourrait être une tuerie.