Il y avait de quoi être nerveux durant l’attente de la sortie de Black Earth Tiger. Autant le premier album des cinq américains s’était révélé être une excellente surprise Emo-Punk, autant ce nouvel opus avait intérêt à être du même accabit. Et, nom d’un ptit bonhomme, c’est franchement le cas.

Intro, pas franchement interessante, passons. ‘Cottonmouth‘ ouvre le bal. Déjà connue des amis virtuels du groupe sur Myspace, ce morceau, marque une rupture claire entre le Emanuel ancien et l’actuel. Beaucoup moins tapageur, et peut etre un peu moins punk, l’énergie est cependant bien là, et ce n’est pas ‘Anathamatics‘ qui nous fera dire le contraire.

On se dit que ça y est, la rage adolescente est passée, que le groupe a compris qu’il ne servait a rien de ne faire que du bruit quand on n’était pas contents, que hurler ‘Buy American Machines‘ ironiquement, c’était rigolo mais pas plus, et qu’il fallait parfois se poser un peu et attaquer de manière biaisée. C’est le cas avec ‘My Antapex‘ sorte de bluette émo bien maîtrisée et loin d’être crétine comme le mot bluette aurait, en fait pu le laisser supposer, puissance maîtrisée, contenue.

Bien sûr des morceaux comme ‘Abandonment Star‘ et ‘Phobos‘ marque un retour aux sources. La fin de l’album est, en seulement trois morceaux, totalement dantesque. Avec Terry Date aux manettes (Deftones, Otep, …) on pouvait s’attendre à du lourd. ‘Year Of The Pig‘ est purement inspiré du combo de gros Chino et sonne formidablement bien, comme le morceau de cloture, reprise de l’intro, ‘Whiteflag‘, grosse rythmique, lead guitare evanescente par dessus (j’ai casé evanescente quoi !) et chant lancinant. Du pur Deftones, encore une fois, puissance lâchée, explosion.

Le groupe avait clamé son amour pour la scène rock des années 90, de Nirvana à Deftones ou encore les Smashing Pumpkins, et tout en réussissant à s’imprégner intelligement de ces références et en choisissant une autre voix que celle tracée par leur premier album, Emanuel passe du staut de surprise à celui de groupe attendu au tournant pour la suite.