Si un chanteur doit mourir, ce n’est sûrement pas celui de A Singer Must Die. Duo français légitimement traumatisé par les Smiths, Leonard Cohen (évidemment…) et bien d’autres groupes se trouvant tout là-haut, A Singer Must Die pratique une pop mélancolique classieuse, anglophile (et totalement anglophone) à situer du côté des travaux de Damon Albarn sur The good the bad and the queen.

Le duo livre sur Today, it’s a wonderful day dix titres calmes fourmillants de détails précieux dominés par le piano et des arrangements aussi classes que discrets et envoûtants (la coda de « The pointsman »). Si l’influence Smiths est dominante, surtout dans le chant (‘Croydon Road‘, l’excellent ‘The Crash‘) elle n’est pas étouffante d’autant plus que A Singer Must Die possède d’autres cordes à son arc. Les français tentent la balade au piano à plusieurs reprises (certaines rappellent Eels) et font souvent mouche. ‘Chasing after loss‘ est un de ces titres en forme de piste de décollage vers l’énorme ou grandiloquent mais qui a la bonne idée de se contenir. L’ombre d’Elliott Smith plane elle aussi (‘Inadequate‘) ainsi que celle des Fab four, la production de Today it’s a wonderful day rappelle d’ailleurs celle de l’album blanc. Si ce n’était quelques titres répétitifs ou un peu plus faibles, on tiendrait là un grand disque. La force est que les titres lents ne versent jamais dans le mièvre ou la guimauve un peu facile comme c’est le cas chez beaucoup de groupes lorsqu’ils ralentissent la cadence. On reste sur une émotion sur le fil, pudique et presque tranchante.

Today it’s a wonderful day est un album hommage à tout ce qui a fait que A Singer Must Die a eu un jour l’envie de se mettre à la musique. Le résultat est ces dix titres à la mélancolie contagieuse et à la beauté tourmentée dont on attend la suite avec impatience.