Sans déclencher un enthousiasme totalement démesuré genre hype de l’année, le premier CSS avait fait son petit effet il y a deux ans. Et oui, le Brésil avait autre chose à offrir que des footeux cassables et des brutes métallisés. Un opus electro-pop appréciable, des chansons faciles à fredonner, une chanteuse charismatique et un peu de fraîcheur.

Ces jours-ci paraît Donkey, second album accouché dans la douleur (départ d’un membre, manager les ayant arnaqué…). Les membres CSS ont pris des cours de musique et livrent un album bien plus organique que l’inaugural essai. Les mélopées electro sont désormais des lignes de guitares efficaces. Et sans surprise. C’est là d’ailleurs le principal défaut de Donkey : il ne regorge pas d’idées renversantes et a une fâcheuse tendance à tourner en rond. Tout est ici estimable et aux détours d’un refrain d’un bien senti ( « Move », ‘Believe Achieve‘), d’un riff énergique (l’excellent ‘Rat is dead‘) ou d’une intro à la Peaches sans l’épuisant attirail SM vindicatif pro partouze (‘Jager Yoga‘) on se laisse convaincre mais, on le déplore, le tout sonne finalement très convenu pop-rock, très homogène voire répétitif si bien qu’on s’ennuie poliment sur la longueur. ‘Let’s reggae all night‘ n’a de reggae que le nom et ‘Beautiful song‘ n’est pas spécialement plus jolie qu’une autre… Les rythmes se croisent par jeu de mirroirs et les mélodies sont un peu flemmardes.

Alors oui c’est rythmé, c’est agréable, ça donne envie de danser (‘How I became paranoid‘) ou de sauter (‘Rat is dead‘), c’est ludique mais malheureusement ‘Donkey‘ ne va jamais vraiment plus loin que le bon moment. Donc pour citer le grand philosophe, c’est bien mais pas top. C’est Super Sympa, pour citer l’autre philosophe. Même si sympa, ça ne veut pas dire grand-chose…