Our Hearts Belong To The Storm‘, c’est un peu une transformation surréaliste et barrée, hors du temps, hors des formes, hors du système, hors de tout. Tout se rejoint, mais tout finit par se détacher; embrumé par des volutes de fumée suffocantes dans une nuit étrange. On a parfois la vague impression d’apercevoir des formes et concepts qui s’empressent de se fondre dans la masse grondante de l’onde la plus poignante; car rien n’est parfaitement bien rangé, rien ne semble formaté et préparé. Parfaite imperfection.

Cinglant sur des eaux nouvelles, la malicieuse voix du duo effrite ses paroles, portée par un lyrisme tordu sur une douloureuse vague instrumentale de folk atmosphérique (‘ The Ballad Of Loreley +INT/DAY Welcome In Our Hotel Room ‘). De cruels gémissements traînés et répétitions déroutantes constituent une lamentation sans fin et solitaire (‘ Lonely Lady ‘) rythmée par une guitare amère et rétro, remontée d’une abîme crasseuse. Là s’enfuit le doute resurgit une pétrolette pétaradante (Et si c’était une Harley?) et un étrange ‘ Break Into The Skyline ‘, dialogue de vieux film, battements de coeur et ambiance glauque. Court Interlude rattrapé par un titre ennuyant (‘ ennui ‘), chanté par un français monotone et pseudo-mélancolique. La tension de l’album s’écrase lorsqu’elle est entrecoupée d’interludes aériens et engourdis, inspirés du trip hop digestible.

21 Love Hotel est une union charnelle sans moyens ni révolution; juste présente pour un simple album intimiste et émotionnellement travaillé; un pied dans l’amour mélodramatique, l’autre en enfer sordide.