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Ce soir, c’est le concert de la rentrée, le concert tant attendu par des milliers de fans: Radiohead vient défendre “Hail To The Thief” sur nos contrées. Tandis que les membres actifs du W.A.S.T.E arptent les salles du Palais Omnisport de Bercy pour vendre leurs tshirts, auto-collants et autres propaghande du groupe venu d’Oxford, la salle se remplit et très rapidement déborde jusqu’aux sommets des gradins. Il est 20h02, pour l’instant tout va bien, mais Asian Dub Foundation entre en place…

Les affinités entre les différents membres du groupes ont certe aidé à la présence d’un groupe tel qu’ADF aux influences aussi diverses que différentes de Radiohead et pourtant, le combo arrive à chauffer la salle malgrès les quelques réticences du public (“Je ne connaissais pas ce groupe, on dirait du hip-hop et ils sont habillés comme des cailles“…), surtout venu pour la tête d’affiche. C’est avec “Dhol Rinse” que débute le concert et ses percussions qui emplissent et font vibrer la salle, jusqu’aux pantalons qui viennent rebondir contre les derrières des demoisselles et demoiseaux. Les meilleurs morceaux d’Asian sont joués avec “Fortress Europe“, “Rise To The Challenge” et son rythme jungle et sur scène, ça saute et ça hurle “C’est dla balle Parissse!” à tout-va. Malheureusement, le public ne suivra réellement le mouvement que lors de la dernière track tandis que le groupe salue déjà la future entrée de Radiohead. Il est 20h43, la première partie quitte la salle sans M’avoir joué et dédicacé “2 Face“, mais qu’importe, j’en suis sûr: ils m’ont regardé droit dans les yeux.

La foule tout de même ravie se compacte encore plus pour faire place aux nouveaux arrivants et finit par arirver à 16 000 spectateurs. Cette fois-ci, il est presqu’impossible de faire deux pas sans se heurter à une poitrine ou un derrière (selon affinités). La tension monte et c’est une ola qui part et vient faire vibrer la foule. Et des hurlements d’atroces souffrance se font entendre, le groupe tardant un peu trop (une trentaine de minutes). Quelques minutes de plus et c’était les secouristes qu’il fallait appeler. Mais là, là à ce moment précis de l’existence de chacun des spectacteurs présents dans la salle, le coeur s’accélère. La salle s’assombrit et les premières basses de “2+2=5” font trembler les amplis horriblement réglés. Explosion : le groupe entre sur scène et joue très calmement tandis que les cris et autres hurlement viennent couvrir le tout. Lors des premiers riffs excentriques de la track, Thom semble soudain être pris par des convulsions. Mais non, il est seulement très heureux de jouer. Et ça, ça fait très plaisir, d’autant qu’il débordera d’énergie durant tout le set. On aura pu voir Thom se trémousser devant son micro, sauter, faire des pirouettes dans tous les sens tandis que s’enchainent les titres phares du dernier album (“Sit Down“, “Go To Sleep“, “There There“), malgrès la présence de tracks très orientée electro-experimentales et pas forcémment appréciables pour un public lambda.

Peut-être est-ce pour cette raison qu’un cadeau est annoncé par Thom York résolument beaucoup plus bavard que d’habitude: “Creep“, LE tube qui a propulsé le groupe malgrès lui sous les feux de la rampe. “Creep” est joué sous une foule d’applaudissement presqu’insupportable. Mais malgrès ça, impossible de ne pas apprécier ce joli présent puisque la track avait la réputation d’être joué que rarement depuis plusieurs années par le groupe (première fois que la track est joué en europe depuis un an malgrès les grands tournées du groupe…). D’ailleurs viendront rapidement rejoindre “Creep” d’autres singles comme “Karma Police” (enseveli sous les hurlements et applauddissements, encore une fois), “Paranoid Android“…

S’ensuit ensuite quelques paroles revendicatives propres à RadioheadThom nous invite à aller visiter Londres à l’occasion de la venue de Bush, de passage ce jour-là, pour lui dire à quel point on l’aime. Et grosse perle pour les fans: “True Love Waits” où Thom s’armera d’une guitare sèche façe à 16 000 spectateurs. Impressionant, c’est le mot. Mais, et c’est là que ça fait bobo au coeur du fan (dont je fais partie), voilà que la foule s’en va clapper et même pas en rythme en plus. Faire du bruit sur ce genre de chanson, c’est tout simplement du sacrilège. Pire, penser que Thom York se dise “Imbécile de spectateurs, vous captez décidemment quedalle à la vie“, ça fait encore plus bobo. Mais qu’importe, on en est déjà à notre deuxième set et ce n’est pas ça qui va arrêter le groupe et ce Johnny qui aura lâché quelques solos tourbillonnants Pink Floydiens, qui aura joué les premiers accords de Hunting Bears et qui se défoulera totalement pour “Everything In Its Right Place“, dernière chanson jouée par le groupe avant son départ final.

Il est 2 heures plus tard, le concert est fini et on rentre chez soi avec un petit pincement au coeur sachant que le groupe prévoit à l’heure actuelle de délaisser les albums pour des maxis. Vient alors la question: “Mais quand est-ce qu’on va se prendre une claque dans la gueule comme ça?“.