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J’y vais ou j’y vais pas ? Il va rester des places ou pas ? Est-ce que la salle ne va pas être trop prise de gueule à trouver ? Voilà les trois questions qui m’ont trotté dans la tête pendant un bon mois. Machine Head n’ayant prévu que 3 dates en France, la plus proche étant à 600 bornes de ma ville de résidence, il a donc fallu que je me tourne vers les dates espagnoles ! Coup de chance : celle du vendredi 7 novembre (veille de WE donc) à Bergara n’est qu’à 300 km ! Manque de pot, les réservations de tickets en Espagne ne peuvent être faites que par des Espagnols.

Et c’est donc un peu à l’aveuglette qu’on décide malgré tout de se rendre sur place, un itinéraire Mappy mal imprimé en main, en croisant les doigts pour qu’il reste au moins 4 places (4, car 3 autres inconscients ont fait le trajet avec moi). Ce n’est qu’une petite demi-heure avant le début du concert que l’on trouve la salle tant recherchée. Les douaniers ayant bien pris le soin de nous retarder dans les horaires prévus, et nous ayant vidé les poches de toutes substances qui font passer d’agréables soirées (oh shit !). On s’enfile donc vite fait les quelques binouzes qu’il nous restait, et on arrive devant le guichet qui nous annonce qu’il reste quelques places. Ouf ! On entre, et on découvre donc la salle. Relativement petite, mais assez haute (un balcon étant présent), elle est déjà très remplie. On a beaucoup de mal à aller à l’autre bout de la salle, là où il y a apparemment moins de monde (apparence trompeuse…).

Ce soir, comme une bonne partie de la tournée européenne, c’est Kill 2 This qui ouvre pour Machine Head. Connaissant très peu le groupe, je reste tranquillement dans les escaliers et au balcon pour voir ce que ça donne. Résultat, un groupe sympathique qui bouge beaucoup sur scène, mais ça va 5 minutes, pas plus. Certes, certains morceaux ont fait remuer toutes les têtes d’avant en arrière (c’était bien marrant à voir cette chorégraphie improvisée du public), mais d’autres sont d’une mollesse sans nom. Mention spéciale au gratteux au charisme impressionnant, qui chauffe énormément la salle en chantant toutes les paroles des chansons. Le chanteur apparemment content de sa prestation fera un bien beau slam sur la dernière chanson. Et c’est donc au bout d’une grosse demi-heure que Kill 2 This quitte la scène en laissant une salle relativement bien chauffée.

Pendant la bonne demi-heure que dure le changement de scène et les soundchecks – qui sont (re)faits à ce moment-là – on a la bonne idée de nous passer Reroute To Remain d’In Flames et ce n’est pas pour me déplaire ! Des guitares acoustiques sont testées, puis ramenées sur le coté de la scène…

La salle est plongée dans le noir, et ça y est : les taureaux espagnols sont lâchés ; la fosse hurle comme si elle avait mal. On entend à peine la bande originale de la Trilogie Damien servir d’intro comme c’est le cas pour chaque tournée depuis The Burning Red. Les 2 premières notes d'”Imperium” suffisent à mettre la fosse en transe. Et ce n’est pas la suite de ce nouveau titre phare qui va calmer les choses. Le petit nouveau Phil Demmel commence alors à jouer la note plus que récurrente qui sert d’intro à “Take my Scars“. La même hargne envahie alors le pit qui fait ressentir sa violence jusqu’en bas des escaliers. Nouveau, Phil ne l’est que dans Machine Head, car c’est une vielle connaissance de Robb datant de son ancien groupe Vio-lence. Le moins que l’on puisse dire à son sujet, c’est qu’il a magnifiquement remplacé Ahrue Luster ! Avec son allure oldschool et sa rage hors du commun, il a su parfaitement s’intégrer à la puissance scénique de Machine Head.

On pense alors pouvoir avoir un peu de temps pour récupérer… Perdu ! On n’aura pas le temps de récupérer avant une grosse demi-heure ! Et ce n’est pas les “The Blood, The Sweat, The Tears“, “None But My Own” (arghhh!!!!), “Left Unfinished“, “Ten Ton Hammer“, et autre “Trephanation” (seul titre de “Supercharger“) qui me feront mentir !

Robb toujours aussi charismatique durant les chansons n’a pas arrêté de lancé des “Saloute” son verre de Brown Eye à la main (et bien que je ne parle pas un mot d’espagnol, cela doit vouloir dire Santé). Adam Duce, ayant comme à son habitude abusé de la bière au vu de son bide toujours aussi rond, n’a pourtant eu aucun mal à se donner à fond pour coller à l’ambiance de feu du public. Dave quant à lui, est toujours aussi impressionnant derrière ses fûts – disposés super bas, ce qui nous permet de l’admirer encore mieux.

Tant que j’y pense, je voulais parler du public espagnol. Ok ce sont de gros bourrins qu’il ne faut pas faire chier… Ok, le plus maigre d’entre eux doit peser 80kg pour 1 mètre 60. Mais il n’y a pas plus attentionnés et chaleureux qu’eux. S’ils voient quelqu’un qui a un peu de mal à respirer, ils font le ménage autour de lui. Si l’on cherche sa boule quies tombée par terre ou l’on tente de libérer son lacet coincé sous “la masse” de 110 Kg présente devant soit, il y aura toujours quelqu’un pour écarter un peu la foule et éclairer le sol de son briquet. Enfin, tout ça pour dire que ce sont de gentils gros nounours (nourris à la bière, mais gentils quand même).

Une petite pause musicale sous forme de “The Burning Red” nous est accordée. Et on est reparti avec la toute nouvelle “In The Presence Of My Enemies” suivi de près par la moins jeune “Blood For Blood” qui fait toujours mal pour ceux qui se trouve en plein milieu du pit. C’est alors que le groupe quitte la scène sans un merci ou un geste de la main. Ce qui évidemment signifie Rappel.

Les fameuses guitares acoustiques sont installées, chose qui prendra 7 minutes montre en main tout de même. “Descend The Shades Of Night” nous est donc magnifiquement interprétée. Et ça n’a pas l’air si facile de jouer avec deux guitares à la main (une acoustique et une électrique). La fin du concert nous achèvera pour de bon avec “Davidian” et le destructeur “Block” avec sa montée finale assassine.

Quelques merci, quelques jetés de baguettes, mediators ou autre verre de Brown Eye pleins qui finissent leur course sur la table de mixage (aïe aïe !) ont clôturé la soirée. Snif ! C’est déjà fini… On échange quelques mots avec les membres de Kill 2 This, très accessibles, et on se décide à faire le chemin inverse qui nous ramènera à Bordeaux.

Le retour sur Bordeaux fut assez agité avec dans l’ordre, veille folle qui tente de nous persuader de passer de la coke pour elle à la douane, camion qui se couche de toute sa longueur sur les 3 voies, et la douane décidée à faire une fouille poussée… dans la voiture (ouf !). On verra à détailler ça dans un futur dossier nommé “les fins de soirées ‘pas de bol mais le sort s’acharne’ “.

Quoi qu’il en soit, Machine Head est venu, on les a vus, et ils nous ont vaincus. Machine Head est un groupe de scène hors du commun, et il l’a encore démontré ce soir.