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Le 2 novembre 2005, furent conviés dans les locaux parisiens d’EMI une quinzaine de journalistes provenant de divers webzines. A croire que l’autre webzine rock fait partie des sites musicaux sérieux (rassurez-vous, ce n’est pas le cas) puisqu’il s’agissait d’une exclusivité totale : l’écoute en avant-première du nouvel album de Korn. Visual-Music était donc présent et vous partage gracieusement avec vous les premières impressions “issues” (rires) de cette écoute.

“See You On The Other Side”, 7ème album du combo californien doit paraître le 5 décembre et est bien entendu, après le départ de Head pour des raisons religieuses, attendu au tournant. Discrétion oblige, les acteurs présents devaient déposer tout produit électronique avant d’accéder au St Graal.

Dans une salle de réunion assez sympathique et placardée de disques d’Or ou de Platine qui ont fait le bonheur d’EMI France (Air, Keziah Jones, Placebo, Renaud, One Shot avec la BO de Taxi 2…) commence l’écoute. Premier titre, premier single. Tout le monde connaît la chanson, pas besoin de commenter le morceau à la structure assez particulière pour du Korn (j’ai nommé “Twisted Transistor”).

Avant de passer à la suite qui fut par contre une totale découverte pour nous journalistes, revenons en aux faits concernant le groupe. Head, membre du groupe depuis les débuts a quitté le navire et Korn pour la première fois, a pondu cette galette à quatre. Jonathan Davis avait déclaré vouloir se renouveler et se réinventer, que c’était fondamental et que bien sûr, le public allait se prendre une bonne claque.

La messe est faite, et effectivement, l’album, sous ses airs electro, prend une (encore plus) surprenante direction à la “Untouchables”. Ici le groupe pousse encore plus loin dans l’expérimentation. Jonathan Davis qui avait produit seul l’album précédent s’est associé ici à l’équipe Matrix et Atticus Ross. “See You On The Other Side” est dans la continuité de d'”Untouchables”, reléguant ainsi “Take a Look In a Mirror” aux oubliettes.

Quelques bons riffs, beaucoup d’électronique à la Depeche Mode ou Bowie des années 90 et beaucoup de cornemuse pour conclure les morceaux font de cet album un cocktail étonnant.

Un élément essentiel : c’est sur le chant qu’est basé cet album ou du moins Davis hurle beaucoup moins et se met à chanter trop souvent (l’impressionnant “Tearjerker” est là pour accentuer nos dires, une chanson sur les relations amoureuses foireuses). Est-ce la fin des tourments pour Davis ? Apparemment non, celui-ci déclare toujours vouloir libérer ses démons intérieurs mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il allait continuer à chanter avec rage. Effectivement, celui-ci sûr du mouvement qu’ils ont “créé” et d’un style qui leur est propre, affirme vouloir faire quelque chose de différent pour le chant en s’appuyant sur des textes bien évidemment différents. Des titres comme “Liar” (avec un passage Kornien à la “Twist”) ou “For No One” ravira les fans de gros riffs avec une bonne rythmique bien groovy. D’autres chansons comme “Throw Me Away”, “2 Way” (avec son intro Drum’N’Bass) ou “Love Song” plairont aux amateurs d’expérimentation electro. Parfois teinté de Hip-Hop, les producteurs ont fait appel à l’utilisation massive de samples et de batterie électronique.

Anecdote sympathique, Davis affirme avoir écrit la chanson “Hypocrite” pour dénoncer les religions organisées et tout mouvement en général, un titre écrit en hommage à Head ?

Après la parution du best-of, dernière sortie discographique du groupe en date et le départ de Head, Korn semble vouloir se lancer dans une nouvelle carrière. Il faut croire qu’une page a été tourné au gros dam des fans de la première heure et pour le plaisir d’un nouveau public.

Globalement, après une seule écoute de l’album, nous pouvons prétendre (et le groupe ne nous contredira pas puisqu’il le déclare) que Korn a accouché d’un album qui ne laissera pas indifférent le public et les critiques. Après l’écoute de cette production, la première chez Virgin / Emi, que penser de Korn qui fait de la pop metal maintenant? De quoi son avenir sera-t-il fait ? Le groupe doit-il pour rassurer ses fans de la première heure s’enfermer dans un registre comme plusieurs autres “gros” du metal (AC/DC ou Iron Maiden entre autres) ou doit-il évoluer et se renouveler comme par exemple Metallica ? Comme ces groupes, Korn a enregistré d’excellents disques et comme ces groupes, ils en sortiront des mauvais. Et un point commun aux autres gros du metal cités, c’est que Korn est aussi maintenant un de ces mastodontes du metal.

L’auditeur pourra peut-être ressentir une sorte d’inachevé dans “See You On The Other Side” car n’oublions pas que Korn étaient les précurseurs du neo, le chef de file d’une nouvelle vague musicale… une bonne partie de la scène metal de l’époque les plagiait et l’impression Korn essaye de plagier d’autres groupes ne partira pas d’aussitôt.

Il ne nous reste plus qu’à patienter encore quelques petits jours pour nous permettre d’étudier “See You On The Other Side” sous toutes coutures en se léchant les babines puisque nous sommes finalement resté sur notre faim.