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C’est par une froide journée de Février que je me rends à Hambourg, la « capitale » de l’Allemagne baltique. Pas facile d’être une mégalopole du nord, quand on doit rivaliser avec des villes aux noms bien plus évocateur que sont Berlin, Munich, Stuttgart, et autres villes « du sud »…Pourtant Hambourg mérite bien plus que le détour. C’est une immense ville, étonnante, extrêmement active, animée, et les concerts, comme les cargos, n’y manquent pas. Et ce soir la, ce sont The Frames, le groupe pop rock Irlandais, bien loin des clichés Celtiques un peux poussiéreux, qui viennent réchauffer la ville enrhumée. The Frames, je les connais bien, pour avoir appris à les aimer chez eux, dans leur Irlande natale. Et c’est avec plaisir que je les retrouve pour cette interview.

Salut Glen, alors, pour ceux en France qui ne connaissent pas The Frames, peux tu nous présenter le groupe ?

Glen : Ouais ? On est The Frames, et on rock ! On vient d’Irlande, je suis Glen, au chant et à la guitare. Il y a Rob, guitare également, Joe à la Basse, et Colm au violon.

Comment décririez vous votre musique ? Ce que vous essayez de dire ou de ne pas dire, les influences ?
Glen : Hmm…Comment dire ? Je n’ai pas vraiment de réponse définie à ces questions…On n’a pas d’influences à proprement parler. On pourrait en parler toute la nuit, mais on n’a pas de réponses toutes faite à ces questions. En fait ce sont les questions les plus dures à répondre. Hmm…Quel genre de musique on fait, qu’est ce qu’on essaye de dire ? Putain j’en ai vraiment aucune idée…

Il y a une ligne générale peut être, un truc auquel vous vous accrochez ?
Glen, pensif : Non, pas vraiment. En fait simplement, on est pas un groupe qui s’assoie autour d’une table pour discuter de quel genre de groupe on est, ou quel code vestimentaire on va adopter, ou l’attitude sur scène…En fait la musique est vraiment la ou on se retrouve. Si les morceaux sont bons, si le concert est bon, alors ok, on s’enflamme. On ne se pose pas trop de questions. Parce que je pense que de trop parler de ton groupe, de trop en discuter, parfois ça lui enlève toute son énergie.
Rob : Il y a une chose je pense, à propose des The Frames, c’est que quand tu vois la groupe en live, l’endroit ou l’audience se trouve est beaucoup plus proche de la scène, d’un point de vue émotionnel…(Rob se perd)
Glen : (rires) Je crois que ce que Rob essaye de dire c’est que, le devoir de n’importe quel bon groupe est de défoncer la scène !!
(Joe, le bassiste, entre et s’installe)

Ok ! Je comprends mieux ! The Frames, aujourd’hui, c’est quelque chose comme 8 albums, 14 ans d’existence. Après tout ce temps, qu’est ce qui a changé dans le groupe ?

Glen : En fait le groupe s’est formé autour d’un contrat avec un label (Island record), que j’ai signé quand j’avais 18 ans. Et le groupe s’est créé en plus ou moins une semaine ! Suite à ça beaucoup de personnes ont tournées dans le groupe, certains restant quelques années, d’autre beaucoup moins. Tous ces gens la étaient très bon, mais ils ont quittés le groupe principalement parce qu’on s’ait fait lâcher par le label, et qu’on ne gagnait plus suffisamment d’argent.
Tu sais, c’est dur d’être à part entière dans un groupe. Tu enregistres quatre jours par semaine, le week-end tu pars en concert, alors…C’est un peu comme avoir un de ces boulots ou tu dois tout adapter, plier ta vie en fonction. Quand le téléphone sonne, tu fonces, pas moyen de manquer quoi que ce soit !
Donc ouais, je pense qu’en gros la pression était trop forte pour eux, c’est la raison pour laquelle ils sont partis…
En fait, les seules personnes qui sont restées, c’est Colm et moi. Donc voila, en gros, le groupe The Frames que tu va voir ce soir n’ont rien à voir avec le groupe du début, mais la musique est bien la même. La bonne chose dans tout ça, dans toutes ces personnes qui ont fait des aller et venu dans le groupe, c’est qu’ils ont quand même apporté un truc, un son.

Il y a quelque chose qui a relancé un peu la machine ?

Glen : Oui. En fait, l’arrivée de Joe a réellement beaucoup apportée en termes de créativité. Quand c’était ça déjà ? Il y a 8, 9 ans je crois, et Joe…Joe jouait dans ce groupe, (ils commencent à rire), dans ce groupe de metal à Los Angeles, et ils étaient comme… (rires)
Joe : Ce n’était pas un groupe de métal…
Glen : Ok, donc dans ce groupe de rock, et à ce moment la on jouait dans le coin, et on avait besoin d’un bassiste. Joe a assisté à quelques concerts, ça lui a plus, et il a rejoint le groupe. Et en fait, il a complètement redessiné ce que les Frames était. Ce fut un grand tournant pour le groupe.
Joe : Hé, Je n’ai pas tout changé non plus !
Glen : Non, c’est vrai, on avait une attitude similaire, et, comment dire, on collait bien ensemble, ça fonctionnait. Quand je revois les photos d’époque… (Rires) ! C’était à Londres, en 1991…(rires)

Les cheveux longs ?
Glen : Ouais !! J’ai regardé ces photos dernièrement, et je me sus dit : « mais putain, comment on a fait pour rester ensemble plus d’une semaine !!! » (rires) On avait vraiment un look de dingues…On a joué un concert à Prague la semaine dernière, et il y avait ce groupe qui jouait, et ça m’a rappelé les Frames à cette époque ! Le guitariste donnait l’impression de vouloir faire partie de The Strokes, le batteur avait une chemise à fleur orange, …C’était un mix terrible…Ca m’a rappelé The Frames au début ! (rires)

Vous êtes en tournées Européenne pour la sortie du dernier album, “Burn The Maps”. Est-ce votre première grande tournée en Europe ?
Glen : Ouais.

Et ça se passe comment ? Vous ressentez ça comment ?
Glen : C’est super ! C’était une opportunité à prendre. Et puis c’était le bon moment pour le faire, puisque notre nouvel album est disponible dans toute l’Europe. Et puis l’Europe est pour nous bien plus attirante que n’importe quelle autre endroit. Tu sais, on a passé pas mal de temps à tourner aux USA, en Australie,…Mais je pense que tu vois, on trouve tous l’Europe bien plus fascinante que tous ces endroits…

Plus proche peut être ?
Glen : Ouais bien sur, mais tu vois, aux USA par exemple, rien n’est jamais clair. Tu peux aller du plus haut au plus bas. Mais en Europe, tout les jours c’est une culture différente, la bouffe est différente…On a une blague quand on est aux USA, ça fait : « Ho ! Regarde ce bâtiment, il doit avoir au moins plus de 100 ans !! » (rires) Non, c’est vraiment sympas de tourner en Europe…

Il y a-t-il eu de mauvais moments aux USA ?
Glen : Non, pas vraiment…C’est juste que les gens sont peut être un peu blasé la bas…Tu sais, quand tu tourne dans les grandes villes Américaines, ils ont la possibilité de voir des concerts tout les soirs. Alors un groupe de plus ou un de moins…Mais bon on s’en fout, nous on est la, on joue, on se fait plaisir, même si ça doit être devant 12 personnes…

Et justement, les derniers concerts, c’était comment ?
Glen : Francfort s’était vraiment super. On était en Belgique avant, c’était impressionnant. La salle était remplie, les gens étaient super motivé, on s’est éclaté. C’était même encore mieux à Amsterdam, il devait y avoir 1200 personnes…On a eu auparavant quelques mauvaise expériences à Amsterdam, particulièrement la foi ou on a fait la première partie de The Libertines, on jouait devant ce public de fan de The Libertines, totalement allumé. Ils en avaient rien à foutre, ils étaient la pour eux. Les mecs nous balançaient des bouteilles, on a quitté la scène après quelques chansons…

Vous devez être heureux alors que ça soit fini les Libertines !

Glen : Ouais, non pas vraiment…c’est quand même dommage pour ce type la, Pete Doherty…Enfin, c’était pas vraiment des mecs sympas, alors on s’en fout ! (rires)

L’été, c’est la saison des gros festivals partout en Europe. Avez-vous l’intention d’y participer ?

Joe : Ouais, on y sera. On est déjà programmé sur certains d’entre eux. C’est moi qui m’en occupe, et je suis plus ou moins en train de regarder ça, et j’espère qu’on va pouvoir en faire en France également.

Burn The Maps, votre dernier album, semble plus expérimental, on voit l’apparition de nouveaux instruments, notamment électroniques.

Glen : Ouais, un peu. On voulait avant de faire cet album sortir quelque chose d’un peu plus coloré, avec plus de texture, tu vois ?

La production a été pas mal travaillée non ?

Glen : Oui, c’est vrai. On a rajouté pas mal de « couches » au son original. Chacun à pas mal bossé de son coté différent arrangements, différents son, et on a tout repris ensuite en studio. C’était vraiment un album intéressant à faire.

L’album c’est plus ou moins fait comme ça, sans plan à suivre ?
Rob : Ouais !
Glen : Oui, et finalement c’est super comme ça. Chaque chanson est arrivée plus ou moins par elle-même, avec l’apport de chaque personne. C’est agréable de faire un album comme ça.

Aujourd’hui Glen, tu diriges ton propre label, Plateau 10. Comment en est tu arrivé la ?
Glen : C’était une nécessité.

Ca vous apporte plus de liberté ?

Glen : Ouais, plus de liberté, on peux écrire ce qu’il nous plait. C’est beaucoup plus de boulot, mais c’est ce qu’on voulait tous.

Et ça vous plait ?

Tous : Yeah ! (rires)
Glen : On tient le volant de notre destin, de notre futur. On contrôle tout par nous même. Je veux dire, il y a tellement de groupe qui n’ont pas cette liberté, qui n’ont pas la possibilité de prendre des décisions par eux-mêmes, et qui se retrouve par exemple à tourner un peu partout, en France, en Allemagne, sans savoir pourquoi et ce qui les amène la. Aujourd’hui on est en Allemagne, et on sait pourquoi, c’est un choix, et c’est une énorme différence.

Ok. The Frames, quels sont vos plan pour 2005 ?
Joe : Je pense qu’on va passer le reste de l’année à tourner, et ça nous fait vraiment plaisir par ce que jusqu’ici ça se passe super bien. On espère aussi pouvoir commencer à préparer un nouvel album, pas forcément d’en sortir un mais au moins écrire quelques chansons.

Je voulais revenir sur un fait : en 2004, vous avez remporté les Meteor Awards, qui est un prix qui récompense le meilleur groupe Irlandais de l’année. Ce prix a été gagné par U2 pendant au moins…

Glen : Un bon bout de temps ! (rires)

10 ans non ?
Glen : Ouais je crois.

Comment avait vous ressentit ça, de débarquer U2 de son piédestal ?
Glen : Ben….C’était plutôt agréable ! (Rire général) On a pas pris ça non plus trop sérieusement, parce que je pense que si tu commence à te fixer la dessus tu finis par te dire que tu est le meilleur groupe en Irlande et ça c’est vraiment de la connerie, parce qu’il y a plein d’autre bon groupes. Pour être honnête on était tous vraiment content, pour nous et également pour tous ceux qui nous ont supporté pour en arriver la…
(Coup de téléphone, Glen doit partir)
Joe : Voila, on était heureux, ça fait quand même énormément plaisir de recevoir un prix comme ça, mais bon, ça n’a pas changé notre façon d’être.

Ok, il est temps de finir. Une dernière question, vous aller jouer pour la première fois à Paris le 5 avril, comment ça s’annonce ?

Joe : Ben tout d’abord, on est désolé que ça nous ait pris tant de temps pour venir jouer en France ! Mais on est vraiment content, Paris est une étape importante dans notre tournée, on sera heureux de jouer là-bas.

Ok, merci à vous. Bon concert, et bonne tournée !
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N/A
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L’interview arrive à sa fin, le manager me presse de terminer, le groupe devant retourner préparer la balance pour le concert qui débutera 3 heures plus tard.
En parlant du concert, je crois que Hambourg ce souviendra de celui la. Rarement un groupe n’aura montré autant d’énergie et pris autant de plaisir à jouer devant un publique totalement étranger. Ce furent deux heures de bonheur, autant pour moi que pour le reste de la salle. Et je suis sûr d’une chose, c’est que The Frames, totalement à l’aise et décontracté pour une première tournée Européenne, auront autant d’énergie pour se présenter au publique Parisien.