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Collectif atypique et mystérieux rassemblant la crème de la scène indé U.S. actuelle, The Sound Of Animals Fighting a commis récemment son deuxième méfait Lover, The Lord Has Left Us… sur le label Equal Vision à qui l’on doit des perles comme Converge, Sick Of It All, Bear Vs Shark, Circa Survive ou encore The Fall Of Troy. Visual a donc interrogé The Nightingale, “l’homme-rossignol ” pour en savoir plus sur ces animaux qui se battent.

Vous avez fait une entrée remarquée aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe avec votre premier album « Tiger And The Duke » mais paradoxalement on ne sait que très peu de choses sur The Sound Of Animals Fighting. Peux-tu nous dire comment s’est monté le projet, qui en est à l’origine et quelles étaient vos motivations ?
Bonne question. L’idée de ce projet m’est venue à la minute où ma petite amie a prononcé dans une phrase « the sound of animals fighting ». Elle lisait un article sur Bear Vs Shark (R.I.P.) et m’avait fait remarquer que le nom de ce groupe était un peu comme le son d’animaux qui se battent. J’étais loin de penser à me lancer dans un nouveau défi musical mais à ce moment-là je savais que le monde ne serait pas complet si un groupe ne sortait pas de disques sous ce nom. Donc, voilà d’où est venue la motivation.

Je me suis donc mis ensuite à réfléchir aux musiciens que je pouvais recruter pour former le groupe. Je pouvais appeler tous mes amis qui étaient justement de retour de tournée et assembler un « all star band » mais ils habitaient si loin les uns des autres que le problème des répétitions allait se poser. Je me suis aussi demandé si j’allais être en mesure de les intéresser assez avec ce projet pour qu’ils décident d’y consacrer un peu de leur temps alors qu’ils mènent déjà une vie très chargée, et commencer à travailler sur quelque chose de nouveau. C’étaient à ce moment-là des questions et des préoccupations très importantes. J’ai donc résolu le problème en commençant par l’enregistrement de la batterie. De cette manière, les membres n’auraient pas eu à travailler ensemble dans une même pièce pour écrire les chansons puisqu’ils n’auraient eu qu’à respecter le rythme de la batterie. Ca peut paraître simple comme procédé mais ça ne l’est pas. Car, si dès le départ la batterie ne suit pas, ça peut vite tourner au désastre. Heureusement, les personnes engagées dans le projet sont tous au top de leurs compétences musicales. Ca a marché et c’était fun.

A la fin, mes motivations premières étaient a) de monter un groupe avec un nom cool et b) de travailler avec Anthony Green a.k.a The Skunk (Circa Survive) que j’admirais et j’admire vraiment beaucoup.

Comment vous est venu l’idée des masques ? On comprend que c’est pour créer un certain mystère mais j’ai lu que c’était aussi pour des raisons de légalité …
Porter ces masques est juste un moyen très simple de garder l’anonymat pour les photos de presse sans avoir à enlever notre tête du reste de notre corps. En même temps, avec ce nom de groupe, le recours aux masques d’animaux semble le plus approprié. Ils sont d’ailleurs très colorés et très agréables à regarder ! Chaque membre a donc pris comme nom d’emprunt celui d’un animal pour montrer également au label dont il dépend que le groupe n’utilisait pas son nom pour de simples raisons commerciales. Cela nous permettait de nous concentrer essentiellement sur la musique et de faire ce que nous voulions sans que personne n’ait quelque chose à redire.

Parlons de l’enregistrement de Tiger And The Duke. Il paraît que chaque partie était enregistrée individuellement et que chaque membre n’avait le droit d’écouter que ce qu’il avait fait. C’est un procédé assez singulier de faire un album. Peux-tu nous en dire plus sur la composition des morceaux ? Y a t-il une base sur laquelle vous avez travaillé ou alors s’agissait-il d’un free style ?
C’était, comme je l’ai déjà dit, pour résoudre le problème d’avoir à réunir tous les membres pour répéter alors qu’ils vivent aux quatre coins des Etats-Unis. Cela n’était d’ailleurs pas du tout nécessaire… Toutes les parties étaient généralement enregistrés en un seul jour, lors d’une session unique sans qu’aucun des membres précédents n’ait entendu ce que les autres avaient fait. C’est un challenge particulier pour les chanteurs qui ont plus ou moins fini par improviser. Mais c’était fun.

Parlons du nouvel album Lover, The Lover Has Left Us… qui est sorti le 30 mai dernier sur le label Equal Vision. Quels sont tout d’abord les « Animaux » présents sur celui-ci ?
La plupart des principaux membres présents sur « Tiger and The Duke » ont de nouveau participé au projet (The Nightingale, the Walrus, the Lynx et the Skunk). On en a accueilli également de nouveaux pour donner une nouvelle saveur à notre musique (the Ram, the Penguin et the Wolf?)

Le processus de création a t-il été le même que pour le précédent opus ?
Le processus a été le même bien que la composition de la plupart des morceaux ait commencé cette fois-ci par l’enregistrement d’un beat programmé et non d’un pattern de batterie traditionnel. Le tempo est également plus lent, ce qui nous a permis d’incorporer beaucoup de genres musicaux dans un seul et même morceau. Crois-le ou non, il est beaucoup plus difficile d’écrire un album comme « Lover » que comme « Tiger ».

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est à mille lieux de « Tiger ». Il est beaucoup plus schizophrène comme on peut le remarquer sur “Horses In The Sky” avec son beat jungle/drum’n’bass, sa voix très lyrique et ses guitares prog-rock, plus expérimental comme “Skullflower” et son chant en sanskrit. C’est un album à l’esprit très ouvert. Dis-nous en plus.
C’est comme tu le dis : une expérimentation à l’esprit ouvert.

Comment définirais-tu votre musique dont le but semble d’ailleurs être de détruire les frontières musicales ?
Nous jouons tous selon des règles qu’elles soient bonnes ou mauvaises mais qui sont inhérentes au style de nos groupes respectifs qui restent d’ailleurs la priorité numéro une de chacun de nous. Ce projet a été créé pour permettre à chaque membre de s’engager dans une pensée autre que celle à laquelle il est habitué et de s’amuser sans avoir à se soucier de l’avis des autres. Tous les membres sont dans des groupes qui explorent déjà de nouvelles idées mais qui sont limités par un certain univers musical. TSOAF n’a pas besoin de règles parce que ce n’est pas un groupe qui s’appuie sur quelque chose pour le faire marcher.

A propos, que signifie ce titre Lover, The Lord Has Left Us… ? Est-il représentatif du contenu de l’album ou s’agit-il juste d’un titre choisi au hasard ? J’ai lu qu’il avait été inspiré par Garred O’Donnel de Planes Mistaken For Stars
J’ai pensé que si quelqu’un en dehors du projet pouvait trouver un titre cool sans avoir entendu notre musique, nous pourrions rentrer en studio avec ce titre à l’esprit et ainsi le laisser avoir une influence sur la « vibe » de l’album… comme un autre élément de cette grande expérimentation. Si j’ai approché Gared à ce propos, c’est parce que Planes Mistaken For Stars est l’un de mes groupes préférés. Ce type est excellent.

Vous avez réussi à planifier quelques dates pour cet été aux Etats-Unis. A quoi peut-on s’attendre ? A quoi ressembleront les shows et allez-vous jouer avec ou sans masques ?
Tout ce que je peux dire, c’est que ce sera intense. Avec ou sans masques, les performances seront pleines d’énergie et de couleurs. On espère d’ailleurs que tout ce se passera très bien.

Même si tu as déclaré que ces shows seraient les seuls et uniques concerts que donnera TSOAF, y a t-il cependant une chance de vous voir un jour en Europe ? Dans le cas contraire, un DVD avec quelques performances serait le bienvenu.
On ne sait jamais. Si les concerts planifiés se passent bien, d’autres sont définitivement envisageables. De toute façon, oui, nous prévoyons de filmer les shows.

Merci d’avoir répondu à mes questions ! Un petit mot pour les lecteurs de Visual ?
Merci Glacejoe. Nous apprécions tout le soutien et l’énergie positive qu’ils soient nationaux ou internationaux. J’incite les lecteurs à jeter une oreille au nouvel album sorti sur Equal Vision Records intitulé Lover, The Lord Has Left Us… et j’espère qu’ils feront un tour sur notre site web et/ou notre page myspace pour écouter ce que nous faisons. Voilà quelques bonnes adresses :

www.thesoundofanimalsfighting.com
www.myspace.com/thesoundofanimalsfighting
www.purevolume.com/thesoundofanimalsfighting
www.equalvision.com

Un grand merci à The Nightingale