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Fin juin dans les bureaux de Naïve, la moitié d’Hollywood Porn Stars, à savoir Anthony Sinatra (chant, guitare) et Eric Swennen (basse) enchaînaient les interviews pour promouvoir “Satellites“, deuxième effort du groupe liégeois.
Digne successeur de “Year of the Tiger“, ce nouvel album fait partie des galettes immanquables de la rentrée et a toutes les qualités pour asseoir un peu plus HPS comme les dignes représentants du plat pays aux côtés de compatriotes prestigieux tels que Deus, Ghinzu ou Girls in Hawaii.
Anthony et Eric ont répondu à quelques questions pour VisualMusic avant une bière bien méritée, point final de deux jours de promo dans la capitale.

Tout d’abord, pouvez-vous nous résumer brièvement le contenu du nouvel album ?
Anthony Sinatra : C’est un album live, je pense que c’est le mot qui le décrit le mieux. C’est également une collection de 12 chansons qui selon nous, sont cohérentes au niveau du thème, du jeu et du son et c’est un album très honnête et représentatif de ce que le groupe peut donner sur scène. Hollywood Porn Stars a toujours été un groupe qui joue ensemble dans son local et on retrouve cet esprit comme c’était déjà le cas sur “Year of the Tiger” mais nous sommes allés plus loin dans les ambiances et les atmosphères. Nous voulions quelque chose de profond et nous sommes assez fiers du résultat.

Vous l’avez enregistré en une dizaine de jours, c’était déjà le cas de votre premier album. Etait-ce un choix artistique ou la conséquence de vos emplois du temps chargés à cause de vos side-projects ?
Anthony : Non c’était un vrai choix, nous l’avons pris comme un défi. Nous avions décidé de faire un gros travail avant d’entrer en studio pour pouvoir jouer sans filets, sans rien fixer mais juste en étant tous les quatre et en donnant vie aux chansons avec ce que cela comporte de variations, de feeling ou d’émotions à transmettre. C’est très difficile d’être tous les quatre sur la même longueur d’onde au même moment afin d’obtenir la meilleure prise possible, c’était le défi à relever. Nous avons pris peu de jours exprès pour ne pas avoir à revenir en arrière et que les morceaux restent très instantanés et très vrais. Sur le premier, nous avions passé très peu de temps sur les prises mais nous avions pris notre temps sur le mixage parce que nous faisions cela nous-même et nous étions très pointilleux alors que cette fois-ci, nous avons pris le parti de mixer deux chansons par jour pour accentuer ce côté instantané.

Lorsque vous avez terminé la dernière tournée, vous avez chacun repris vos différents projets (Piano club, My little cheap dictaphone, …) tout en continuant en parallèle à travailler pour Hollywood Porn Stars. N’est-ce pas trop compliqué de mener de front des projets très différents ? N’y a-t-il pas d’interférences entre tout cela ?
Anthony : Non pas vraiment parce que ces projets existaient déjà avant Hollywood Porn Stars et avaient déjà un style précis donc après quand tu écris pour un groupe ou pour un autre, tu gardes toujours cela en tête. Tu penses au jeu, aux influences des autres musiciens et nous avons plus pris ça comme une récréation nous permettant de faire quelque chose de très différent mais qui nous touche autant. Nous ne sommes pas fans d’un seul style de musique, c’est quelque chose que nous avons en nous et il n’y a pas eu d’interférence créative ou artistique. Après, il est évident que la gestion de nos agendas pose un peu plus de problèmes, c’est pour cela que nous essayons de fixer des périodes pour faire chaque chose correctement. Là nous avons ce nouvel album qui sort, nous continuons quand même à tourner avec nos side projects jusqu’à la fin de l’été et après nous reprenons Hollywood Porn Stars à temps complet.

Cet album a un son moins synthétique que le premier. Etait-ce un parti pris lors de sa conception ?
Eric Swennen : Nous jouons vraiment de manière live tous les quatre comme le disait Anthony, et c’est ce que nous avons joué qui est sur le disque. Nous n’avons pas fait de surenchère sur la production et tout a été enregistré de manière analogique d’où le son plus brut. Le premier album avait été enregistré comme cela mais nous avions plus bricolé les effets au niveau du mixage.
Anthony : Et puis lors de l’enregistrement du premier album, nous n’étions plus signé car nous venions de rompre le contrat avec notre label et nous avons enregistré ce que nous avions en tête mais avec très peu de moyens. Nous avons fait ça dans la maison de notre ingé son, les prises de voix étaient faites dans la chambre de sa petite sœur, c’était vraiment avec ce que nous avions sous la main, sans vraiment avoir d’objectifs. Ensuite nous avons eu la chance de signer avec Naïve qui a décidé de garder l’album tel quel car ils trouvaient que ça sonnait bien. Cette fois-ci par contre, nous avons pu aller dans un studio professionnel et profiter d’un matériel qui nous a permis de faire un son plus pur et aussi profiter de l’oreille de Christine Verschoeren qui nous a bien conseillés sur le choix de nos sons. Tout a été décidé à la prise même, il n’y a eu aucun rajout.

D’ailleurs, Christine est très réputée en Belgique, elle a notamment travaillé avec dEUS, Ghinzu. Que vous a-t-elle apporté lors de l’enregistrement ?
Eric : Une oreille extérieure au groupe parce que nous avons répété les morceaux pendant des mois et elle est ensuite venue nous écouter en nous apportant au fur et à mesure des conseils sur les parties à reprendre et ce qui était trop lourd. Elle n’a pas apporté de décision ferme, elle nous a juste guidé pour que les choses soient plus fluides. En studio, elle a aussi pris beaucoup de temps pour tous les réglages soient nickel pendant la prise.

Vous avez aussi travaillé avec John Goodmanson qui a collaboré avec des groupes très connus comme Nada Surf ou le Wu Tang Clan. Comment êtes-vous entrés en contact avec lui et comment s’est déroulée la collaboration ?
Anthony : C’est une personne qui a réalisé un tas de disques que l’on adore et on s’est permis de le contacter au moment où nous avons dressé une liste des producteurs avec lesquels nous voulions travailler. Nous lui avons envoyé une vingtaine de démos sans trop d’espoir et il a adoré, il nous a dit qu’il voulait vraiment le faire. Le soucis était qu’il n’avait pas beaucoup de temps dans son planning donc nous n’avons pas fait la production du disque avec lui mais il tenait à faire au moins le mixage ce qui nous a ravi. Nous ne l’avons pas rencontré physiquement mais nous l’avions tous les soirs au téléphone, il nous envoyait une version, nous lui donnions nos commentaires puis il nous envoyait une autre version le lendemain. C’est génial qu’il ait réussi à nous caser entre deux trucs énormes et nous sommes super contents du résultat. Il a bien saisi notre idée de sortir un album très straight to the point (rires)
C’est classe ça !
Eric : C’est pour ça qu’on le place tout le temps !

Cet album est aussi plus sombre que le premier, qu’en pensez-vous ?
Anthony : Les chansons ont été écrites pendant une sale période. J’ai perdu plusieurs personnes de ma famille pendant un été, c’était une période assez bizarre. Je suis plutôt du genre positif et heureux mais là je n’avais pas envie de faire des choses très majeures musicalement et j’avais envie d’explorer d’autres ambiances et atmosphères qui correspondaient à mon état d’esprit du moment avec un côté plus sombre dans les textes ou dans la musique. Maintenant je pense que cet album n’est pas que sombre, il a ce côté moins tape-à-l’œil que le premier, il est peut-être moins éclaté aussi mais nous avons approfondi certaines pistes que nous avions ouvertes avec des morceaux comme “Torpedo” ou “sadie sandie” qui l’air de rien n’étaient pas non plus des morceaux très joyeux.

Tous les titres sont encore crédités sous ton nom. Comment se passe la composition ? N’avez-vous pas envie de tourner à ce niveau-là ?
Anthony : N’importe qui est libre d’amener une idée dans le groupe mais nous avons toujours fonctionné de manière un peu urgente en prenant les compos disponibles. Il se trouve que je stocke énormément d’idées à longueur d’années, de mélodies sur lesquelles je reviens en permanence donc j’ai pas mal de matériel en avance et quand nous les travaillons en groupe, nous nous en contentons et nous travaillons là-dessus. C’est simple mais il n’y a pas de dictature, je fais très attention à l’avis des autres et il est sûr que si quelque chose ne plait pas, nous n’allons pas plus loin. Nous avons de toute façon beaucoup de matières donc nous pouvons nous permettre de trier.

Etant très fan d’Arcade Fire, j’ai remarqué que le visuel de l’album ressemble beaucoup à ce qu’ils ont fait pendant la période Funeral. Y a-t-il un clin d’œil au groupe ?
Anthony : C’est une vraie coïncidence, notre manager nous a dit la même chose mais la graphiste qui a réalisé le visuel ne s’est absolument pas inspirée de cela. Mais c’est un disque qu’on adore et qui a été écrit dans une période sombre de leur vie mais la comparaison s’arrête là.

Oui bien sûr, par contre maintenant il y a un gros contraste entre le nom et l’imagerie du groupe ce qui n’était pas le cas avec Year of the Tiger où tout s’assemblait.
Eric : Oui nous avons même pensé à changer de nom, marre de cette image. (rires)
Anthony : C’est un nom qui a toujours été très second degré avec derrière une dénonciation de ce milieu très malsain parce que c’est l’industrie du cinéma qui rapporte le plus d’argent et dont on parle le moins, qui est caché et qu’il ne faut surtout pas dévoiler. Là nous avons vraiment voulu marquer encore plus le décalage et recentrer les choses sur la musique alors que sur le premier album, le second degré était déjà présent mais nous avions effectivement associé des visuels à cela.

Vous avez joué dans un festival en Angleterre il n’y a pas longtemps, c’était une des premières fois avec vos nouvelles chansons. Quelles sensations ?
Eric : Nous étions super contents car c’était un gros festival dans la ville de Brighton avec une foule très différente de gens qui ont l’habitude de voir beaucoup de concerts.
Anthony : C’était excellent. Nous étions à l’affiche avec les groupes les plus prometteurs du moment et de grosses têtes d’affiches comme The Rakes donc le public pouvait se permettre de partir à côté voir un truc énorme et gratuit, c’était un sacré défi pour nous de les intéresser. C’était fascinant car la salle était vraiment remplie et les gens sont restés jusqu’au bout. Avoir cet avis-là pour un premier concert, ça booste énormément.

Il y a une date à Paris qui est déjà calé (le 9 octobre à la Boule Noire), avez-vous d’autres infos pour une éventuelle tournées chez nous ?
Anthony : Pas encore mais nous avons une période réservée pour cela. Les dates vont arriver bientôt mais avant la fin de l’année on passera sûrement en France.

Merci à Anthony, Eric, Virginie, Laure, Lara et Elise.