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Mercredi 25 juin 2008, rendez-vous à 18 heures à la Fée Verte, un bistrot parisien. L’endroit n’est pas choisi par hasard puisque j’ai rendez-vous avec Absynthe Minded, des belges. Encore. Que voulez-vous malgré ce que pense Theghostchild, j’ai certes un gros penchant pour des anglais qui se la jouent Jean-Michel Jarre dans des stades mais je suis tout de même une fille de goût. C’est d’ailleurs pour ça que je suis devenue accro au quintette de Gand qui a sorti son premier album « Introducing » en France le 3 juillet dernier et je ne pouvais garder cela pour moi…

J’écoute Absynthe Minded depuis que je vous ai découvert sur la tournée française avec dEUS en 2006 mais vous n’êtes pour l’instant pas très connus en France. Pourrais-tu présenter ton groupe ? Ce n’est pas ma question la plus originale…
Mon nom est Bert Ostyn et c’est moi qui écrit les chansons du groupe composé de quatre amis, on adore jouer ensemble. On a des influences très variées et nous voulons faire une musique qui vient du cœur sans se soucier des barrières. C’est pour cela qu’on a notre propre son qui parfois swingue, d’autres fois est plus jazzy ou même tzigane. On a sorti 3 albums en Belgique et on prévoit maintenant de faire beaucoup de concerts en France car on a trouvé un bon label qui est très intéressé par ce qu’on fait.

Comme tu en as brièvement parlé, il y a deux côtés chez Absynthe Minded : l’un vraiment pop et un autre très jazzy. Il y a d’ailleurs 2 membres du groupe qui ont suivi des cours dans une école de jazz, est-ce que cela a été difficile de concilier ces deux univers différents ?
Non car on n’essaye pas d’être des musiciens carrés tout le temps, on aime bien laisser couler. En plus nous avons joué dans d’autres groupes qui nous ont permis d’exprimer plus porfondément nos différentes sensibilités même si Absynthe Minded est toujours rester notre projet principal. Le côté jazzy nous permet d’avoir plus de liberté dans une obtique pop. Des fois tu joues une chanson très nue et tu es beaucoup moins libre qu’avec le jazz. J’aime les deux côtés, je ne veux absolument pas choisir entre l’un ou l’autre. Si je devais choisir, je ferai quelque chose de complètement différent, il y a toujours un chaos dans Absynthe Minded car on veut aller à droite et en même temps à gauche, j’aime beaucoup ça.

Comment composes-tu ? Lorsqu’on écoute Absynthe Minded, on imagine de longues sessions de jam entre vous, est-ce le cas ?
Non, je compose le morceau et ensuite je l’apporte aux autres pour le travailler ensemble. On parle du son que l’on veut puis on joue jusqu’à ce que le résultat sonne bien. C’est toujours un moment très fun. Je voudrais juste apporter une précision à propos des deux directions dont on parlait tout à l’heure, c’est que le public peut très bien comprendre cela, il n’est pas nécessaire de faciliter les choses pour lui.

C’est vrai, c’est d’ailleurs dommage que certains labels raisonnent dans le sens inverse et pensent qu’il vaut mieux proposer des choses simplistes pour toucher plus de monde. Pour en revenir à Absynthe Minded, la première chose qui m’avait marquée, était la grande maturité de vos chansons. J’étais très impressionnée car à l’époque vous étiez très jeunes. Comment expliques-tu cela ? Est-ce que le live a une grande importance là-dessus ?
Je ne sais pas, je ne me sens pas si mature que ça. C’est une question à laquelle il est difficile de répondre, je ne sais pas ce que tu entends réellement par maturité.

En fait lorsqu’on écoute votre premier album, je trouve qu’il sonne déjà comme certains deuxième voire troisième albums pour d’autres artistes. On sent que c’est un son déjà bien affirmé et très maîtrisé.
Ah ok, au début on a longtemps joué dans des bars comme celui-ci. On n’avait pas de batteurs, on était juste un groupe acoustique qui voulait amuser les gens. On a toujours énormément joué en live et on essayait la plupart de nos nouveaux morceaux sur scène. Lorsque tu joues avec les 4 mêmes mecs une centaine de concerts par an pendant 4-5 ans, ça devient une machine qui tourne bien. Je suis très confiant quand je suis sur scène, il peut y avoir un problème qui vienne de moi ou une corde qui casse mais je m’en fiche. Ce n’est pas que je ne suis pas nerveux mais j’adore être sur scène avec ces mecs et quand on a fini le soundcheck, on sait que tout est ok, on n’a plus qu’à retourner au charbon. Le côté maîtrisé doit venir de là.

Vous utilisez une production analogique sur vos albums et du matériel un peu vintage, que penses-tu du numérique qui est devenu une norme ?
C’est vrai qu’on aun orgue Hammond et j’utilise un ampli qui n’est pas vintage mais qui a un son plus chaud. Ca nous correspond beaucoup plus, ça serait étrange d’utiliser du matériel plus moderne et donc plus froid mais je suis fan de musiques très numériques. Il y a des trucs très intéressants dans cette voie à l’heure actuelle. J’adore l’électro et je ne suis pas contre le fait d’utiliser des synthétiseurs par exemple dans le futur avec Absynthe Minded. Ca ne serait pas facile car on joue des lives très organiques mais on a une nouvelle chanson où on utilise un sample et c’est pas mal. Je pense qu’il faut qu’on essaye différentes techniques. Après concernant le développement du numérique, c’est difficile d’avoir une opinion claire sur le sujet et le téléchargement. On ne peut pas être aveugles devant cela, beaucoup de jeunes n’utilisent plus que du mp3 mais il arrive qu’ils me demandent un autographe sur un cd gravé, c’est étrange mais pas dérangeant. Je pense que le live devrait vraiment être l’attraction principale, c’est d’ailleurs ce qui rend un album difficile à faire car il n’y aura jamais l’atmosphère du live.

Vous avez sorti “Introducing” en France qui est une compilation de chansons tirées de vos 3 albums. Comment les avez-vous sélectionnées ?
J’aime toutes les chansons que nous avons faîtes, certaines plus que d’autres mais ce n’était pas trop dur pour moi de prendre des décisions. On a eu des discussions avec le label, notre management, il y avait Pretty Horny Flow qui n’est sur aucun album en Belgique et qu’on voulait à tout prix sur celui-ci. Je pense que c’est une bonne représentation de ce que nous avons fait ces 4 dernières années et le but de cette album est de vraiment nous introduire en France car la Belgique est un petit trop petit pour tourner beaucoup.

Etait-ce difficile de créer une homogénéité entre les morceaux ?
Non, le plan était fait et on n’avait que le mastering à faire ce qui est une étape technique très ennuyeuse. Un de nos amis s’en est chargé et il n’avait pas de problèmes c’était juste cette chanson après cette chanson, il n’y avait rien à changer. C’était très facile, il suffisait de prendre des chansons et après ça sonnait comme du Absynthe Minded.

Vous avez sorti 3 albums en 4 ans, où trouves-tu l’inspiration ?
J’écris tous les jours, j’essaye d’écrire autant que possible même si ce n’est pas la meilleure que j’ai faîte, je continue le processus jusqu’à ce qu’elle soit terminée. C’est mon mode de vie.
Tu dois avoir un grand stock d’avance !
Oui pour le prochain album, j’ai déjà 20-30 chansons.

Quand souhaitez-vous l’enregistrer ?
On ne sait pas encore, on veut d’abord voir ce qui se passe pour nous à l’étranger. On aimerait bien sortir notre prochain album dans 5-6 pays en même temps dont la France.

En Belgique vous avez pas mal de succès et vous comptez des fans prestigieux comme Arno qui apparait dans votre clip Substitute ou Tom Barman qui a déclaré que “My Heroics part one est le meilleur morceau composé par un artiste belge”. Est-ce quelque chose d’important pour vous ?
Cela fait un moment maintenant que leurs propos sur Absynthe Minded me sont revenus aux oreilles et je me souviens qu’en tant que fan de dEUS et d’Arno leurs compliments m’avaient beaucoup touché. Ce n’est pas si important mais c’est très cool.

Sur ce, je dois te laisser. Je te souhaite un bon concert aux Nuits Zebrées de Radio Nova (programmées 2 jours plus tard)
Merci, je pense que ça va être cool. On ne connais pas du tout cette radio mais on a eu de bons echos, là on fait un einterview chez eux ce soir et on joue vendredi, on espère que ça plaira au public.

Merci à Bert et à Vicken.

Si vous souhaitez avoir un aperçu du groupe, ne loupez pas Taratata le mercredi 29 octobre à 20h45 sur France 4 avec My Heroics part 1 live et Le vent l’emportera en duo avec Cali. Et comme le martèle Nagui, le Christine Lagarde de l’industrie musicale « soutenez les artistes ! Allez les voir sur scène ! », ça tombe bien, Absynthe Minded sera en concert au café de la danse (Paris) le 30 octobre prochain.