Depuis The Fool, elles enchaînent les salles parisiennes. Trabendo, Rock en Seine, le Pitchfork Festival, le Trianon et maintenant l’Elysée Montmartre : Warpaint entre sur scène en déclarant son amour pour la ville et elles doivent bien finir par la connaître par cœur.

Double date

Passer la porte de la salle de concert en apprenant que t’en avais un autre le même soir. Chose qui ne m’est jamais arrivé en quasi 15 ans mais qui s’est fait ce 20 mars. En effet, deux places achetées m’attendaient et à retirer pour le show acoustique privé de Father John Misty au café de la danse. De quoi placer la barre haute avant une nouvelle rencontre avec les Warpaint.

La première partie prend place avec quatre femmes derrière claviers et batterie. Cheerleader partage avec la tête d’affiche un goût pour les harmonies vocales hauts perchées et les structures mélodiques compliquées notamment avec des arythmies au niveau des percus. Après un ou deux titres engageants, l’ennui se fait ressentir avec notamment un titre a capella chiant, avec de vieux relents celtiques à la Lord of the Dance. Subsistent des vêtements à base d’épaulettes et de tissus colorées ressemblant à des stickers Snapchat. De quoi faire patienter et ne pas boire sa bière trop vite. .

La force tranquille

Dans une salle parfaitement rénovée, agréable au son impeccable qu’on a redécouvert récemment avec Trentemoller, on retrouve les filles en pleine forme. Toujours dans cet équilibre chancelant entre maîtrise et nonchalance, elles sortent un concert qui leur ressemblent : surprenant et hypnotisant. Avec un set trompeur et prenant le temps avant de sortir ses cartouches les plus évidentes. Les habituelles du répertoire ne seront pas jouées : non Elephants, Billie Holiday ou Majesty ne feront pas partie du voyage ce soir. Même les singles comme Love Is To Die et New Song ont attendu la toute fin pour se montrer. Signe que le concert était destiné aux connaisseurs avec quelques titres rarement joués. Le groupe n’a peut-être jamais paru aussi à l’aise, autant dans ses transitions que dans son jeu. Bien sûr, la section rythmique a encore une fois tout défoncé mais l’ensemble du groupe a assuré. Jenny Lee et ses backs d’une netteté insoupçonnée, une Theresa Wayman sans fausseté et une surpuissance vocale d’Emily Koikal à en faire vibrer les torses et murs de l’enceinte.

Les seuls bémols seront les titres moins indispensables comme Dre par exemple, finissant le set en queue de poisson. Sous prétexte d’un couvre-feu les forçant à mettre fin au concert plus tôt que prévu. La manière de l’annoncer dans un éclat de rire n’était pas des plus fines, surtout pour un show finissant à 22h30 pile ! Un côté agaçant, tenant presque du « c’est à prendre ou à laisser » à pondérer par la durée réglementaire du concert mais on restera tout de même à ruminer l’absence de titres comme Disco/Very ou By Your Side pour ne citer qu’elles.

Dans une salle au gabarit imposant, Warpaint a posé son style à sa manière et la scène n’a jamais paru trop grande. Un concert comme à la maison où elles ne donnent jamais l’impression de trop s’employer. Une sensation habituelle qui ferait presque oublier l’originalité et la subtilité de leurs compositions. Aucun doute : une fois de plus, l’envie de les revoir se fait ressentir.


Remerciements à Beggars France.