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Après une tournée anglaise qui les aura vu jouer leurs plus gros concerts à ce jour, Enter Shikari débarquait en Europe avec la ferme intention de ne pas épargner la France : cinq dates allant de Nancy à La Rochelle !
Le concert parisien était particulier, puisque c’était l’occasion pour eux de revenir au Trabendo, salle où ils ont donné leur tout premier concert français en 2007.

My qemical romance

Souvenirs toujours, la première partie n’est pas inconnue puisqu’il s’agit de The Qemists, qui avait déjà ouvert pour eux à la Maroquinerie en 2009. Le groupe de drum n’ bass venait à l’époque défendre son premier album “Join The Q” et avait réussi à faire danser un public qui les découvrait à peine. Un deuxième album sorti l’année suivante puis… rien. La grosse vague D n’ B était retombée et on n’a plus entendu parler d’eux avant leur résurrection début 2016.

Dès le premier morceau la fosse se change en gros dancefloor, avant de se transformer en pit, puis de muter en une espèce de pit-dancefloor, concept aussi incroyable que réjouissant. Les deux chanteurs sautent d’un côté à l’autre de la scène et nous prouvent leurs talents d’ambianceurs : “Sur la prochaine chanson je veux vous voir sauter jusqu’au plafond ! Ça a l’air impressionnant comme ça mais vous verrez que c’est vraiment pas si haut !”. Ils useront même à la fin du set de la bonne vieille technique du “Smack My Bitch Up” / “Spit It Out” : tout le monde au sol et on saute à l’arrivée du drop. Le public avait en tout cas l’air d’avoir révisé puisqu’on observera quelques déchaînements sur les désormais classiques “Stompbox” et “Lost Weekend”.

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, on est en 2016 et la drum n’ bass est toujours vivante. Il parait même que Pendulum revient cette année alors pour un revival c’est maintenant ou jamais.

Après une petite pause la voix de l’annonceur Shikarien retentit pour nous indiquer que le spectacle commence dans dix minutes. Il contribuera à faire monter la tension avec ses habituels conseils :

“It’s two minutes before the show time! It’s time to stretch!”

Enfin le compteur atteint zéro et les lumières s’éteignent. Une voix caverneuse s’élève.

“Have you heard the news? They put out an appeal! They want an end to the radicals that keep your minds restrained! They want an end the Mindsweep! They want new ideas to roam free again! We know full well this is unacceptable! The Mindsweep keeps them in line. It sweeps away the concepts of equality and solidarity. We must make plans to keep them divided! Wait… Did you hear it? Someone’s here! Someone’s listening! Get the torch!”

Un projecteur se braque sur le public, semble chercher quelqu’un, puis la voix reprend :

“There’s thousands of them! Their movement is even bigger than we expected! We must flee, there’s too many of them! Quick, follow me! Here they come!”

Le groupe entre sur une version remixée de la fin du morceau “Enter Shikari” pour crier son fameux “and still we will be here, standing like statues!”. La fosse se déchaîne et Rou s’y jette la tête la première.

Pas de relâchement ni temps mort, ils enchaînent avec un furieux “Solidarity” qui met tout le monde d’accord. On aura le droit cette fois aux chœurs semplés au milieu du morceau, durant lesquels Rob et Rou se figeront un instant le poing levé.

Les gros hits qui tabassent

Vient ensuite le tant attendu “Sorry You’re Not A Winner”. Lassé de son hit, le groupe avait choisi l’an dernier de l’éjecter de sa setlist. Son retour cette année n’en est que plus triomphal. La guerre dans le pit est d’ailleurs tellement intense qu’on hésite presque à lever les mains pour le “clap clap clap”.

La pause vient alors sous la forme de “The One True Colour”, un sympathique morceau mélodique du dernier album qui fait chanter le public et semble indiquer une temporaire cessation de hostilités. Que nenni ! Ils nous ont juste laissé reprendre notre souffle pour nous asséner un enchaînement de ouf malade avec une petite collection de leurs singles les plus efficaces ! Tout d’abord celui du dernier album “The Last Garrison”, qui a le bon gout d’incorporer le refrain du bien mais pas top “No Sleep Tonight”, garantissant ainsi qu’on en serait débarrassés pour le reste du concert. Et de nous achever avec les imparables “Destabilise” et “Radiate”.

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The rowdy part of the set

“We’re about to enter the rowdy part of the set”

Par ces simples mots Rou n’indiquait pas l’arrivée d’un chien empaillé, mais qu’ils s’étaient débarrassés du tout venant et pouvaient enfin se risquer sur le bizarre. Et quel bizarre ! Les deux morceaux culinaires “Slipshod” et  “The Jester” enfin réunis en live ! Si vous n’avez jamais lu les paroles de ces deux chansons, on vous le conseille vivement.

“They may torture my body, break my bones, even kill me. Then they will have my dead body, but not my obedience.”

C’est la voix du Mahatma Gandhi qui introduit non pas “Ghandi Mate, Ghandi” (ce sera pour plus tard) mais “There’s A Price On Your Head”. De tous les titres remixés de l’album “The Mindsweep: Hospitalised”, celui de “There’s A Price On Your Head” par Dany Byrd et son côté orientalisant est sans doute un des plus réussis. Enter Shikari l’a bien compris, et nous en fait profiter à la fin du morceau.

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British lovers

Rou disparait brièvement puis réapparait au fond de la salle assis à un piano faisant face au balcon pour chanter “Dear Future Historians” les yeux dans les yeux d’une spectatrice toute émue. D’un même mouvement, le british lover attrapera ensuite sa guitare pour chanter en cœur avec ses camarades restés sur scène le prenant “put your head on my shoulder” et terminer avec son fameux passage à la trompette. Une véritable performance pour le roadie qui l’assistait.

The rowdy part of the set (encore)

Un peu de schizophrénie avec “Arguing With Thermometers” et “Ghandi Mate Ghandi”, puis Rou reprend la parole pour une petite confession : “Do you remember when I said this was the rowdy part of the set? I lied.” Et d’enchaîner sur le furieux “The Paddington Frisk”, malheureusement sans la danse du pendu.

Après ça, nulle n’est besoin de préciser que le pauvre commence à tirer la langue, parce qu’il est essoufflé d’une part, mais surtout à cause de la température incroyable que commence à atteindre l’intérieur de la salle. Dans le pur chaos qu’était “The Paddington Frisk” il a d’ailleurs fini debout sur une tringle à rideau en fond de scène. La folie retombée, il se rends compte qu’il s’y trouve bien et que le mûr sur lequel il est appuyé est bien frais. C’est donc assis en l’air tel un Pierrot qu’il entonne le doux “Torn Apart”, mais pas avant d’avoir d’avoir revêtu un sublime masque de Mister Bean, gracieusement offert par un fan.

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Darth Vader

Un concert d’Enter Shikari ne serait pas complet sans “Mothership”, parce que si les mecs se sont dits saoulés par “Sorry You’re Not A Winner”, ils ont continué à jouer “Mothership” à chaque concert. Ce morceau c’est leur Anakin. Il se transforme en “Motherstep” par moments mais comme Darth Vader il est dans tous les épisodes. Sauf le VII. Ok. Mettons qu’on parle pas de la nouvelle trilogie alors. Bref. On a walk the plank et comme à chaque fois c’était fou et ça reste certainement un de leurs meilleurs morceaux. On était contents. On pouvait rentrer chez nous.
Enfin pas tout à fait.

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The Rappel & the Mindsweep

Après quelques minutes passées dans le noir le groupe revient pour un inévitable rappel et nous gratifie de son cosmique nouveau single “Redshift”. Comme on pouvait s’y attendre, le refrain en chant clair passe particulièrement bien en live. Rapide enchainement avec “The Anaesthetist” et sa fameuse insulte suivi de son remix par Reso issu de “The Mindsweep: Hospitalised”, et c’est déjà la fin.

Si le concert de la Cigale l’an dernier inaugurait l’album en ouvrant avec l’intro de “The Mindsweep”, “The Appeal & the Mindsweep”, celui-ci s’achèvera sur son outro, “The Appeal & the Mindsweep II”. Est-ce à dire qu’il s’agit de la dernière tournée du balayage de cerveau ? Seul l’avenir nous le dira, mais on sait déjà que les anglais ne devraient pas repasser de si tôt, enfin si on exclue le concert du lendemain dans les locaux de Deezer…

Setlist :
Intro fabriquée avec d’authentiques bouts du morceau Enter Shikari
Solidarity
Sorry, You’re Not a Winner
The One True Colour
The Last Garrison (avec le refrain de “No Sleep Tonight” caché dedans)
Destabilise
Radiate
Slipshod
The Jester
There’s a Price on Your Head (suivi du remix de Danny Byrd)
Dear Future Historians…
Arguing with Thermometers
Gandhi Mate, Gandhi
The Paddington Frisk
Torn Apart
Interlude
Mothership
Rappel :
Redshift
Anaesthetist (suivi du remix de Reso)
The Appeal & the Mindsweep II


La session chez Deezer

Le lendemain nous retrouvons donc Enter Shikari dans le hall de Deezer pour une session à l’ambiance radicalement différente. La setlist reprend celle de la tournée, tout en étant épurée de ses titres les plus violents. On attend longtemps le morceau qui démarrera les hostilités, avant de comprendre qu’il n’arrivera pas. Le public balance gentiment la tête d’avant en arrière comme à un concert de doom et on se contente au final de cette sympathique ambiance intimiste qui aura eu le mérite d’éviter de réveiller les bleus de la veille.

Jolie surprise sur le dernier morceau, puisque le groupe termine sur “Constellations”, qui n’a pas été jouée sur le reste de la tournée.

Setlist :
The One True Colour
The Last Garrison (avec le refrain de “No Sleep Tonight” caché dedans)
Radiate
There’s a Price on Your Head (suivi du remix de Danny Byrd)
Torn Apart
Interlude
Dear Future Historians…
Redshift
Anaesthetist (suivi du remix de Reso)
Constellations

Merci à Elodie de Him Media.
Photos : Lucky