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LEVITATION FRANCE 2019 ☭ JOUR 1

Direction Angers dans le Ménéloire le week-end dernier pour l’édition 2019 du festival Levitation édition France. L’attente était forcément importante avec l’affiche déployée cette année. De vieux briscards, rodés aux joutes live, et des petits nouveaux, suscitant pas mal d’interrogations et d’excitation. Le tout se déroulant au théâtre des quais, grand lieu où l’acoustique était notre principale préoccupation avant d’entamer ce week-end. Et oui, car nous étions deux lors de ce séjour angevin !

L’entrée en matière

Nous arrivons peu avant le début des Warlocks. Et leur set sera classique, efficace, sans bavure. Avec cependant la sensation que les gars s’éclatent sur scène, et que le public déjà plutôt bien en place, leur rend bien. Climax atteint en milieu de set avec l’enchaînement des tubes “Shake The Dope Out“, puis “The Dope Feels Good“. Rien de réellement transcendant, mais ce premier concert permet de mettre les points sur les i, le son au milieu du hall principal du théâtre est absolument parfait. Rien à redire de ce côté là, et ce durant l’entièreté du week-end.

New Candys se charge de prendre le relais. Les Italiens nous présentent également de l’efficace. Pas de fioriture pendant leurs 45 minutes de performance. Un rock lancinant, sombre, parfois hypnotique, et des guitares aux envolées parfois ponctuées de Larsen du meilleur effet. A deux doigts du Shoegaze qu’on adore, on pensera assez logiquement parfois à un Black Rebel Motorcycle Club encore adolescent. Mention spéciale cette fois aux projections d’arrière-plan, impeccable de bout en bout.

Et puis… c’est l’heure de Black Midi. Bon, autant ne pas tourner autour du pot, je n’ai pas pû rester tout le set devant eux. Ce sont sans contestation possible d’excellents musiciens (le batteur est absolument formidable), mais ces jeunes gens sont probablement encore un peu trop dissipés pour réellement pouvoir servir un set réellement audible et digeste sur plus de 30 minutes. Comme sur disque, on est quasiment autant épaté qu’agaçé. Ceci dit j’ai était clairement séduit par l’aspect “performance” et l’énergie, ce qui, pour un concert n’est tout de même pas négligeable.

 

La descente d’acide

On passera brièvement sur Mattiel qui pourtant faisait sacrément envie avec ses chansons typées pop-rock-soul années 60/70’s. Mouais. On retiendra que les musiciens sont carrés, le son (beaucoup trop) propre pour sonner rétro, et qu’elle passe son temps à crier toutes les 3 secondes. Bilan, on sort de la salle au bout de 4 chansons. Peu d’intérêt à ce concert.

Frustration ? On a tendance à regarder du coin de l’œil les formations françaises ayant l’air d’être rester dans une décennie lointaine. La première signature de Born Bad Records vient de jouer lors d’une des 3 soirées parisiennes pour les 20 ans de la boutique Born Bad. Si on ajoute que le batteur est l’un des tenanciers du shop, ça commence à faire, non ? Trêve de généalogie, rangez les livres d’histoires, Frustration n’en a suscité aucune et notre perplexité du départ est vite parti devant la fougue des troupes en place. Engagés sur scène, secs dans le son et propres dans leurs compos, ils ont pris la Grande Scène avec charisme à notre plus grande surprise.

Pour Iceage, on prend un groupe qui tient la route musicalement, énergique, mais avec un chanteur totalement torché qui manque de tomber à chaque seconde. Peu d’intérêt, ce petit con occultant le reste de la prestation et nous sortant complètement de l’ambiance. Il aura probablement abusé de l’excellent vin de la région. Une sacrée tête à claques en tout cas, et si on les recroise un jour, on conseillera l’évitation (vous l’avez?).

Lopocomar se permet d’ajouter son grain de seum : même si le chant ressemblait plus à un long râle de fin de soirée, j’ai été assez captivé par la prestation des autres musiciens. Notamment le batteur sautillant qui trempera le moindre cm2 de sa chemise blanche et l’énorme basse dont je me demande toujours comment son possesseur a pu en supporter le poids. Il n’empêche que le style country ne leur va pas toujours et que je préfère lorsqu’ils essaient de faire du Nick Cave and The Bad Seeds. Mais c’est une belle leçon de catering : faites attention au jeune garçon torturé, il peut avoir un penchant pour la boutange.

Autre remarque d’ordre générale : avec le volume sonore, il faut avoir les bouchons d’oreilles bien enfoncés pour rester dans la T400.

L’effet rebond

On finira sur deux shows de haute volée. D’abord la Fat White Family. Visiblement torchés et/ou défoncés, ils ont eux le méritent de tenir la scène. Débarquer sur le thème de Terminator, ça vous pose un set. Si musicalement c’est parfois un poil dur à suivre, Lias Saoudi assure. Sur scène ou au milieu du public, pas de problème pour lui. Même après les avoir vu au All Points East en mai et au Pointu Festival, on ne se lasse pas de cette nouvelle Fat White enfin à la hauteur de sa réputation. Le set se déroule impeccablement bien, ponctué par les titres phares “Feet” et “Whitest Boy On The Beach“. On remplacera d’ailleurs le mot titres par tubes, plus judicieux tant on en mesurera l’effet sur le public. L’occasion de regarder un coup dans le rétro et de remarquer la qualité de leur discographie à travers ce set best-of.

Bien fatigués par cette journée de concerts et cet enchaînement sans interruption, c’est vers 1h que les parisiens des Psychotic Monks entrent en piste. Ma plus grosse attente du week-end. Que dire? “It’s Gone” ouvre le bal de la meilleure des façons. Le son est ample, lourd, d’une maîtrise parfaite, et l’ambiance jeu de lumière noir / blanc renforce un peu plus l’impression d’oppression. Les passages stoner, punk s’enquillent à merveille jusqu’au final, long d’une quinzaine de minutes, d’auto-masturbation, qui nous sortira totalement de l’ambiance pourtant impressionnante jusqu’ici. Pas de quoi tout de même nous faire regretter d’être resté jusqu’au bout. On dira même qu’on a sacrément hâte de les revoir prochainement!

Dans un lieu impressionnant, aménagé avec des lumières immersives, un merch de malade où l’on peut acheter des pédales à effets, des t-shirts et affiches sérigraphiés, le Levitation marque par son ambiance et le théâtre du Quai a su donner pour un premier jour un écrin de choix aux groupes de la journée.