En tournée pour la sortie de son second album, Rennen, SOHN faisait un détour par Paris pour présenter en live ses dernières pépites. Un instant qui promettait beaucoup d’intensité et de délicatesse.

Touché, coulé

Étant arrivée à la bourre (la France qui se lève tôt…), je n’ai pu entendre qu’approximativement 10 secondes de William Doyle, première partie de la soirée. Je n’émettrais donc aucun avis sur les-dites secondes pour entrer tout de suite dans le vif du sujet : SOHN.

La Maroquinerie était ce soir complète pour le britannique, accueillant un public étonnamment très éclectique, des quarantenaires blasés aux ados trépidant d’impatience devant la scène. Je discute avec eux, et leur fort accent du sud me laisse penser qu’ils ont fait un très long voyage pour voir leur idole. Ça me rappelle ma jeunesse sur les routes, leur fraicheur me touche.

L’attente n’aura pas été très longue et monsieur SOHN foule déjà la scène, accompagnée de trois musiciens. Humblement, SOHN s’assoit devant son piano et entonne les premières notes de Tempest, chanson d’ouverture de son premier album, Tremors. Sensible, cristalline, sa voix résonne dans la Maroquinerie et coupe le souffle à toute la salle. L’ambiance sur scène est quasi onirique, les nuages de fumée se mélangeant allègrement aux néons qui illuminent les instruments du groupe.

SOHN enchaîne vite sur les titres de Rennen et Signal sort la foule de sa torpeur qui commence à se dandiner en rythme. L’ambiance sur scène est magnétique, Dead Wrong (titre que j’affectionne tout particulièrement) est encore plus groovy sur scène et emporte définitivement la foule.

C’est pourtant Bloodflows qui scotchera tout le monde. La voix de SOHN prend toute son ampleur sur ce titre, la montée en puissance des éléments électro claque encore plus et emporte le public, totalement conquis qui n’en finira plus de l’applaudir. L’homme semble gêné par tant de ferveur, ce qui ne fait que redoubler l’ovation.

De l’art du bon dosage

SOHN alternera durant tout son set les phases dansantes avec des passages plus planants. Le combo Paralysed/Harbour foutra la larme à l’œil à pas mal de personnes dans la foule, tandis que Falling/Lights/Lessons/Hard Liquor fera bouger les clubeurs de la salle.

Peut importe le style, SOHN semblera totalement habité par sa musique, très théâtral dans sa gestuelle qui semble pourtant tout à fait sincère. Durant tout son set, il n’aura de cesse de remercier un public exalté totalement acquis à sa cause, visiblement ému par tant de passion.

Le concert se terminera sur deux titres de Rennen qui à eux seuls expriment bien la superbe ambivalence de SOHN : la chanson éponyme, magnifique piano/voix et Conrad, ses superpositions de voix qui explosent dans une envolée de nappes électroniques qui finit en beauté cette veillée.

La soirée aura été riche en émotions, SOHN confirmant son talent aussi bien vocal que musical. Beaucoup de groove et vibes, mais également d’émotions intenses et authentiques. Une prestation à la hauteur du talent de SOHN, que l’on espère de retour très bientôt dans notre contrée !


Remerciements à Beggars France.