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Les Turbo-loups sont entrés dans Paris. Pas pour un concert, mais pour nous parler de leur excellent troisième album « The Free Life ».

Nous avons retrouvé le chanteur Chris Georgiadis dans un hôtel de caractère aux mûrs recouverts de vieux magazines « lui » et qui aurait accueilli pendant un an de sa vie un certain Louis Armstrong.

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Soniquement

Vous avez enregistré l’essentiel de « The Free Life » dans ton appartement, puis vous l’avez mixé vous-mêmes avec Tom Dalgety. Êtes-vous satisfaits de cette approche et est-ce que cet enregistrement vous a rendus aussi fous que le précédent ?

Oui et oui. On est très satisfaits de cette approche. Je pense qu’on doit procéder comme ça parce qu’Andy et moi avons une vision tellement claire de ce que nous voulons créer qu’on ne veut laisser personne nous influencer ou nous détourner de notre but. Parce que dès que tu as quelqu’un d’autre, tu dois faire des compromis, même des petits, et on ne préfère en faire aucun. On veut juste créer à partir des idées qu’on a dans la tête. Je ne dis pas que ce soit bon ou mauvais, c’est juste comme ça qu’on doit procéder.

Aviez-vous un son spécifique en tête avant l’enregistrement ou est-ce qu’il s’est développé naturellement ?

On essaye toujours de créer de nouveaux sons ou de créer quelque chose qui nous excite en terme de son. C’est là que réside le problème. Si quelqu’un d’autre arrive, un producteur, quelqu’un qui veut nous aider, il pourrait essayer de nous guider dans une certaine direction alors qu’on aimerait aller dans une autre. On ne sait pas ce qu’on cherche avant de le trouver, alors on expérimente beaucoup. Peu de gens ont la patience de tout brancher dans toutes les combinaisons possibles et de tout essayer, alors ça les frustre. Voilà pourquoi maintenant c’est juste Andy et moi, parce qu’on a rendu fous tous les autres. (rires)

Thématiquement

« Two Hands » parlait principalement de la vérité et de la tromperie, de ce qui est vu par rapport à ce qui reste caché. Quel serait pour vous le thème principal de ce nouvel album ?

Eh bien, comme il s’appelle « The Free Life », le thème le plus important est celui de la liberté et de ce que cela signifie pour les gens. Comme pour tout ce que nous faisons on aime que ça reste aussi abstrait que possible parce que je trouve qu’on est plus récompensés quand on pose une question que quand on fait une déclaration définitive. Les thèmes de cet album semblent être liés par l’idée de la définition de la liberté et de ce que cela signifie pour les gens.

“Les thèmes de cet album semblent être liés par l’idée de la définition de la liberté et de ce que cela signifie pour les gens.”

Andy se charge de tous vos artworks et, sans vous demander exactement ce que cela signifie, comment est-ce qu’il s’est retrouvé avec un crocodile enchaîné et une météorite dans un verre de martini ?

Il faudrait lui demander mais je pense que comme pour les paroles on essaye juste de stimuler les gens. Si quand tu le regardes ça provoque une réaction chez toi alors on a fait notre job. A quoi tu penses quand tu le regardes ? Est-ce que tu te dis juste « c’est bizarre » ou est-ce que tu as essayé de l’interpréter ?

Je pense que tout le monde l’interprète à sa façon. Les chaines sont assez explicites. La météorite peut rappeler la fin du monde ou de l’espèce humaine. Pour le verre de martini je ne sais pas, la fête, le temps qui s’enfuit ?

Ouais, ce qui est drôle c’est d’y réfléchir, parce que je suis dans la même position que toi quand je regarde les artworks qu’Andy fait. Il me demande conseil pour de tout petits détails comme « Tu penses qu’on devrait mettre deux glaçons ou trois ? ». Alors je le vois aussi d’un point de vue extérieur.

Je le vois un peu de cette façon : le crocodile est notre personnage basique, notre instinct, notre énergie essentielle brute et primaire, les marais d’où on est sortis, et le verre de martini est le summum de la sophistication. Regarde tout le chemin qu’on a parcouru, on rampait dans les marais et on se retrouve avec un verre spécialement conçu pour boire une certaine boisson. C’est fou. Pour moi c’est intéressant, mais qui sait ? Il faudrait demander au maître.

Personnellement

Le clip pour « The Free Life » a été produit et réalisé par Ewan Jones Morris et Casey Raymond. Ils avait déjà fait votre clip pour « Let’s Die »…

Oui, et ceux de « Rabbit’s Foot » et « Bag O’ Bones ». C’est le quatrième.

Comment avez-vous rencontré ces deux psychopathes ?

Oui, ce sont des psychopathes ! Des mecs très sympa. On a travaillé avec eux pour la première fois avec le clip de « Let’s Die » en 2012. On cherchait des réalisateurs de clips musicaux particuliers qui ne s’occupaient pas nécessairement de rock. Avant ça ils avaient fait un clip pour Cate Le Bon et un autre pour Charlotte Church, des trucs assez bizarres, mais leurs vidéos étaient intéressantes. On pensait qu’on s’entendrait bien avec eux parce que leurs idées étaient assez étranges.

“On pensait qu’on s’entendrait bien avec eux parce que leurs idées étaient assez étranges.”

Vous aimez le bizarre.

Ouais, on aime les trucs inhabituels. Alors oui, on les a contactés, on s’est donné rendez-vous et on s’est rendu compte qu’on pourrait travailler ensemble. Ça fait quatre vidéos qu’on fait ensemble maintenant et on en fera surement d’autres avec eux.

Dans les crédits de vos albums vous listez votre manager Don Jenkins comme un membre du groupe. Est-il le cinquième membre de Turbowolf ?

Oui il l’est, parce que sans lui on n’aurait rien fait. On s’est rencontrés en 2008 je crois, à un moment où on ne savait plus si on allait rester un groupe ou se séparer. On jouait sans réel objectif. On savait ce qu’on pouvait faire mais on ne savait pas comment y arriver et il a été la personne qui s’est imposée et nous a dit « voilà ce que vous devriez faire et voilà comment vous allez le faire ». On n’a jamais rien signé avec lui alors c’est juste une relation particulière. C’est vraiment quelqu’un de bien.

En parlant d’un cinquième membre, Chantal Brown de Vodun chante sur presque tous les morceaux du nouvel album. Avez-vous pensé à faire d’elle un membre permanent ?

Oui on adorerait ! Elle est très occupée par d’autres projets alors je ne pense pas que ce soit possible, mais sur notre dernière tournée elle était sur scène avec nous pour le concert de Londres. C’était génial pour nous parce que ça a donné une nouvelle énergie aux chansons. C’est une chanteuse fantastique alors c’était un véritable plaisir de l’avoir avec nous. On adorerait l’avoir plus mais tu vois, les gens ont des vies…

Ah, les gens…

Voilà ! Qu’est-ce qu’ils font ? Ils devraient être dans le groupe !

Mystérieusement

L’an dernier nous avons repéré sur twitter une conversation mystérieuse entre vous et Royal Blood. Vous parliez d’un truc appelé « Prison ». Est-ce que c’est toujours un projet que vous avez et qu’est-ce que vous pouvez nous en dire ?

Quand ils ont enregistré leur deuxième album « How Did We Get So Dark? » ils enregistraient à Bath, pas loin de Bristol. Ils avaient un studio à la campagne où ils sont restés à peu près trois semaines pour écrire et jammer. Comme on est amis ils nous ont appelés genre « Oh, puisqu’on est là, ça vous dirait de passer ? ». Alors on y est allés quelques fois. On est restés quelques nuits. On a bus quelques verres et partagé quelques repas. On s’est naturellement retrouvés en studio vers trois heures du matin pour jouer de la musique. Une partie de cette musique a été enregistrée sous le nom de Prison. On n’en a rien fait mais c’était marrant ! Et tu sais, on pourrait remettre ça un jour.

« Concluder », le dernier morceau, est probablement le titre plus énigmatique avec ses paroles qui semblent faire référence à votre histoire en tant que groupe. Le plus mystérieux reste que le morceau se termine avec trois notes, les mêmes trois notes qu’on peut entendre sur l’introduction de votre premier album. Est-ce que cela signifie qu’il s’agit de la fin d’un chapitre pour Turbowolf ?

A chaque fois qu’on termine un album c’est toujours la fin d’un chapitre alors ce n’était pas si différent en ce sens mais on aime la poésie du fait que le deuxième album commence et se termine avec le même motif musical. Et ainsi le premier et le dernier album sont reliés. On aime cette sorte de symétrie. Et ce sont trois albums et comme trois est le chiffre magique il y a quelque chose de parfait là-dedans.

On ne sait pas exactement ce qu’on fera pour la suite. Nous avons quelques idées mais nous ne les avons pas encore pleinement explorées. On est encore occupés à tourner et jouer cet album pour l’instant.

Lolu : Est-ce que c’était prévu que vous termineriez cet album avec les trois notes ou l’idée vous est-elle apparue pendant l’enregistrement ?

Ouais, quand on commence à enregistrer un album on n’est jamais sûrs à cent pourcent de comment la chose finira par sonner. On pense toujours qu’on va essayer d’écrire les meilleures chansons possibles et rendre l’écoute de l’album la plus intéressante possible. Voilà d’où on part, puis quand on crée les chansons on se met à penser « mettons un petit peu de ceci ici, un petit peu de ça là… ». On fait de la décoration. Puis quand on est arrivés à la fin, on a réalisé qu’on pouvait relier le tout. Mais oui, ce n’était pas pensé dès le premier jour.

Prochainement

A une époque vous aviez un podcast assez sympa appelé Radio Turbowolf. Est-ce que vous avez prévu d’en enregistrer de nouveaux ?

Ouais, j’aimerais bien ! Il faut que je trouve le temps de le faire mais j’aimerais bien. C’était vraiment amusant à faire. Ça me permettait d’écouter de la musique. Parce que tu vois, tu peux écouter de la musique simplement, mais quand je faisais cette émission je pouvais vraiment me donner le temps d’explorer et de partir dans ces voyages musicaux, écouter plein de musique, parler aux gens pour leur demander ce qu’ils écoutent et écouter leurs recommandations… C’était drôle d’avoir Lianna et Blake comme intervenants. J’essayerais surement de faire quelque chose de différent si je recommence. J’aime interviewer les musiciens alors j’essayerai surement de faire venir des amis.

Quand peut-on espérer vous revoir en France ?

Je pense que ça devrait être vers fin octobre, début novembre. On fera la première partie d’un groupe mais on ne peut pas encore l’annoncer, on doit attendre qu’ils le fassent. On ne sera pas tête d’affiche mais qui sait ? Je pense que maintenant on va commencer à essayer de booker des concerts français.


Merci à Roger de Replica Promotion et à Chris d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Photos : Lolu


ENGLISH VERSION

Sonically

You’ve recorded most of « The Free Life » in your flat and you then mixed it yourselves with Tom Dalgety. Were you satisfied by this approach and did you go as mad as you went last time?

Yes and yes. We were happy with the approach. I think it’s the way it has to be because myself and Andy have such a clear vision of what we want to make that we don’t want to let anyone else in to influence us or to distract us from our goal. Because as soon as you have someone else, you have to compromise, even just a small amount, and we’re not willing to compromise. We just want to make the ideas that we have in our minds. I think that this way of working seems to be the way we have to work. I’m not saying that it’s good or bad or whatever, it’s just the way it has to be.

Did you have a specific sound in mind before the recording or did it come naturally?

We’re always looking to try and make new sounds or make something that excites us sonically. That’s where the trouble is. If someone else comes in, a producer, someone who wants to help us, they might try to be guiding us this way when we are looking over here. We don’t know what we’re looking for until we find it, so it’s lots of experimentation and not a lot of people have the patience to plug everything in in all the different orders and try it all out, so they get frustrated. So that’s why now it’s just me and Andy because we’ve alienated everyone else. (laughs)

Thematically

“Two Hands” was mostly about truth and deception, the hidden and the seen. What would you say would be the main theme of this new album?

Well, it being called “The Free Life”, there’s a big theme of freedom and what that means to people. Like with everything that we do we like to keep it as abstract as we can because I find it so much rewarding to pose a question rather than to give a definitive statement. So the themes on the record seem to tie in to this idea of what freedom is or what it means to people.

“The themes on the record seem to tie in to this idea of what freedom is or what it means to people.”

Andy is doing all of your artwork and not to ask you exactly what it means but how did he end up with a chained crocodile and a meteorite in a martini glass?

Well you’d have to ask him really but I think like with the lyrics we’re just trying to stimulate ideas within people. If when you look at it that evokes some kind of reaction from you then we’ve done our job. What do you think about when you see it? Do you think like “that’s weird” or have you tried to put it together?

Everyone interprets it in their own way I think. The chains are pretty explicit, the meteorite makes me think of the end of the world or the end of the human race, as for the martini glass I don’t know, partying, the way time flies?

Yeah, I think the fun part of that is thinking about it, because I’m also in the same position you are when I’m looking at the artwork Andy makes. He asks me for advice about some very small details like “do you think it should have two ice cubes or three?”. So I’m also looking at it like an outsider.

I kind of see it as : the crocodile is our sort of base character, our instinct, our primal, raw, essence energy, where we all came from, the swamps from where we all came out, and the martini glass is the height of sophistication. Look how far we’ve come, from crawling out of the swamps to creating a special glass to drink a special drink in, it’s crazy. For me that’s interesting, but who knows? Ask the master.

Personally

The video for “The Free Life” was produced and directed by Ewan Jones Morris and Casey Raymond. They already did your video for “Let’s Die”…

Yes, and “Rabbit’s Foot”, and “Bag O’ Bones”. This was our fourth one.

So how did you meet these two psychos?

Yeah, they are psychos! Really nice guys. We first worked with them on “Let’s Die” around 2012. We were looking for music video directors, and we were looking for particular ones that didn’t really do any rock music. So before that they’d done a Cate Le Bon video, also one for Charlotte Church, just strange stuff, but their videos were very interesting. We thought that we might get on with them as people because their ideas were quite strange.

“We thought that we might get on with them as people because their ideas were quite strange.”

You like the weird.

Yeah, we like the off center stuff. So yeah, we just contacted them, met up and we just found that we could work together. We did four videos together now and we’ll probably do some more with them.

In your albums’ credits you’ve got your manager Don Jenkins listed as a member of the band. Is he like the fifth member of Turbowolf?

He is yes, because without him we wouldn’t have done anything. We met him in 2008 I think and at that point we didn’t know if we would keep on being a band or not. We were just playing with no real direction. We knew what we should be doing but we didn’t know how to get there and he was the person who came along and said “this is what you should be doing and this is how you’re gonna do it.” We’ve never signed anything with him so it’s just a special relationship. He’s just a great person.

Speaking of a fifth member, you’ve got Chantal Brown from Vodun who sings on almost every track of the new record. Have you thaught about making her a full time member?

Yeah we would love to! She’s very busy with other projects so I don’t think that’s really possible, but on the last tour that we did she did perform with us in London. It was really great for us because it gave a new energy to the songs and she’s just a fantastic singer so It was a real pleasure to have her. We’d love to have her more but you know, people have lives to live…

Ha, people…

I know! What are they doing? They should be in the band!

Mysteriously

Last year we spotted a mysterious conversation on twitter between you and Royal Blood. You spoke about something called “Prison”. Is this still a project that you have and what can you tell us about it?

When they recorded their second album “How Did We Get So Dark?”, they were recording in Bath near Bristol, where we’re from. They had a studio in the countryside and they were there for like, three weeks, just jamming and writing. Because we’re friends they were like “oh, we’re here, do you want to come down?”. So we went there a few times, stayed a few nights, had a few drinks and a few meals together. We naturally found our way in the studio at three o’clock in the morning, making some music. Some of that music we put out under the name of the band which is called Prison. We recorded some music but we haven’t done anything with it but it was fun! And you know, we might do some more in the future.

The last song “Concluder” is probably the most enigmatic, with lyrics that can be read as referencing your story as a band. The most mysterious about this song is that it ends with three notes which are the same three notes that we can hear in the introduction of your first album. Does that mean that this is the end of a chapter for Turbowolf?

Whenever we finish an album it’s always the end of a chapter so It wasn’t any different in that way but we like the poetry of the way that the second album starts and ends with the same musical motive. And then the first and the last album kind of join up. So we like this kind of symmetry. And it’s three albums and three is the magic number so there’s something very perfect about that.

So what we do in the future we don’t necessary know. We have some ideas but we haven’t explored them yet. We’re busy just touring and playing this album now.

Lolu: Was it planned at the beginning that you were going to end the album with the three notes or did it pop during the recording?

Yeah, whenever we start recording an album we’re never a hundred percent on how the whole thing’s gonna sound. We always think that we want to write the best songs that we can write and make it the most interesting listen as an album. So that’s where we start from, and as we are making the songs we’re then thinking “let’s put a little bit of this here, a little bit of that there…”. Just decorate it. And then once we started to get to the ending, we realised that we could tie the whole thing all together. But yeah, it wasn’t from the first day.

What’s next?

You used to make a cool podcast called Radio Turbowolf. Will it come back some day?

Yeah, I would like to! I need to find some time to do it but I would like to. It was just kind of fun for me to do. I got to listen to some music. Because you know, you can listen to some music but when I did that show I could really give myself time to explore and go on these journeys and listen to loads of music and talk to people, asking them what they listen to and they’d give me recommendations and stuff like that. It was fun having Lianna and Blake come and talk. I might try to do something different with this if I do it again. I like to interview people from bands so I might try and get some friends on there.

When can we hope to see you back in France?

I think we should be back late October, early November. We will be supporting a band, but we can’t announce it yet, we have to wait for them to announce. Not as a headliner but who knows? I think that now we’re gonna start to try to book some French shows…


Thanks to Roger from Replica Promotion and to Chris for taking the time to answer our questions
Photos : Lolu