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Beaucoup m’ont connu sous le nom de Marku à l’époque de la V5. En attendant de pouvoir chroniquer un éventuel nouvel album de Limp Bizkit sur la V6, voici mon top 2016 — qui ne contient effectivement que des tops, l’évocation de 2016 étant elle-même un sacré flop.

TOP ALBUMS 2016

The Body — No One Deserves Happiness

Le duo le plus étourdissant de cette décennie a essayé de composer « l’album pop le plus crasseux de tous les temps ». C’est réussi, à tel point que le disque s’impose comme la terrifiante bande-son de la fin du monde tel que nous le connaissons.

A Tribe Called Quest — We got it from Here… Thank You 4 Your service

Impossible d’évoquer la richesse et l’agilité de la musique d’A Tribe Called Quest en quelques lignes. Toujours est-il qu’avec la sortie de cet ultime album dans un contexte particulier (mort de Phife Dawg, absence d’Ali Shaheed Muhammad, élection de Trump…) et sa pléiade de guests (Jack White, Busta Rhymes, Elton John, Kendrick Lamar…), ça sentait la fin de parcours poussive et pathétique. Que nenni : ce double LP est une frappe de tous les instants, une œuvre complète que Q-Tip et ses acolytes ont façonné et chéri comme si c’était une lueur d’espoir en ces temps troublés.

Oranssi Pazuzu — Värähtelijä

Avant-garde, space rock, prog, psychédélisme : autant d’étiquettes qu’on pourrait aisément coller à tous les gobeurs d’acides de la planète qui ont eu une guitare entre les mains. Avec Oranssi Pazuzu, il faut cependant remplacer les kaléidoscopes par un verni black metal tenace et les buvards de LSD par une expérience aux frontières de la mort et de l’inventivité.

Jardin — A Girl With a Dog in a Rave

Enfin un disque (initialement sorti en CD-R en 2014) qui remet le romantisme et la sensibilité au centre du dispositif « rave party ». Notre new wave à nous, on la vit les pieds dans la boue.

Karcavul — Intersaône

Suite à l’arrêt — faute de lieu — de mon activité d’organisateur de concerts, j’ai trouvé un nouveau moyen de perdre efficacement de l’argent en lançant, avec quelques copains, un label. Et ce disque de doom nécromancien, magnifié par ses samples de Pierre Bellemare, nous a mis sur la voie.

TOP TITRES 2016

Preoccupations — Anxiety

Aussi gracieuse et tragique qu’une chute libre : cette merveille de Preoccupations est le meilleur résumé de cette décennie.

J. Cole — Neighbors

L’histoire de ce titre est assez folle : afin de produire son nouvel album en toute sérénité, J. Cole loue une baraque-studio d’enregistrement dans un quartier aisé au fin fond des bois, en Caroline du Nord. Forcément, lui et son équipe (majoritairement noire) font pas mal d’allers-retours, passent du temps sur la terrasse en fumant de la weed, rient fort… Il n’en faut pas plus pour inquiéter le voisinage, qui signale à la police qu’un maximum de drogue est produite et marchandée dans cette maison. Le SWAT, backé par quelques hélicos, se ramène sur les lieux et défonce la porte d’entrée. Heureusement, J. Cole et son crew sont en déplacement — pendant que la maréchaussée lourdement armée, penaude, découvre seulement du matériel d’enregistrement. Et le racisme et la bêtise inspirent, tristement, le meilleur morceau rap de 2016.

Hodgy — Barbell

Hodgy (ex-Hodgy Beats) n’est pas le plus talentueux, ni le plus charismatique des membres de feu Odd Future, mais c’est définitivement le plus touchant.

Rendez-Vous — Euroshima

OK, les synthés qui puent la mauvaise coke et les années Mitterrand, ça casse vite les couilles. Mais avec Rendez-Vous, c’est un tantinet différent.

Childish Gambino — Riot

Je préférais quand Donald Glover faisait du R&B de weirdo chétif mais ce titre d’« Awaken, My Love! », avec son sample de Funkadelic, est le plus beau signal pour enflammer un dancefloor (et le monde moderne).

TOP CONCERTS 2016

Kamasi Washington — Paloma / This Is Not a Love Song Festival (Nîmes)

Néophyte en matière de jazz, j’avais néanmoins une bonne image de ce mec, membre de l’écurie de Flying Lotus (Brainfeeder) et pote avec mon idole (Eric Andre). Et puis lui et son gang m’ont soulevé comme une putain de feuille morte.

Lone — MIRA Festival (Barcelone)

Tantôt atmosphérique, tantôt matrixante, la house de Lone devient carrément criminelle en live avec une batterie « organique » et le VJing de qualité dosée signé Konx-om-Pax. Danser sur « Pineapple Crush » m’a permis de rester éveillé 72 heures d’affilé, en toute légalité.

Hyperculte — La Gare (Coustellet)

Un duo batterie/contrebasse saturée (avec la batteuse de Massicot et le contrebassiste de l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp) et des uppercuts krautrock, disco et post-punk : ça prend pas de place et ça fait tout péter. Du putain de C-4.

ATTENTES 2017

La résurrection de GG Allin afin d’entrer dans une ère d’absurdité définitive.