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Après que l’on n’ait pu assister au passage de The Hives à l’Aéronef, ce sont d’autres suédois qui nous avaient donné rendez-vous dans cette même salle lilloise. Ici, pas de costumes 3 pièces ou de charte graphique noire et blanche, ici on fait dans le DIY, le branleur et la bière pas chère. Les Viagra Boys entamaient ainsi tout juste leur tournée 2021 pour soutenir le dernier album « Welfare Jazz » dont ils nous avaient régalés. Du coup, impossible de louper ça et si l’on s’attendait à un succès tout relatif, c’est bien dans la grande salle d’un Aéronef quasi complet que les punks suédois jouent !

Hard corps

Ici, pas de faux-semblant, les mecs arrivent comme s’ils sortaient d’une garçonnière, les bouteilles d’alcool bien entamées et quasi dans un nuage de fumée de cigarettes. En parlant d’entames, au pluriel, c’est bien par le titre « Research Chemicals » qui ouvrait l’EP « Consistency Of Energy » que l’on attaque ce live. Tendu comme un cordon de pantalon sous l’imposant bidon du chanteur des Viagra Boys, Sebastian Murphy, le groupe démontre tout de suite qu’on ne va pas s’ennuyer !

 

Sous ce physique de prof d’EPS en fin de carrière, se cache un animal fort conscient de l’image renvoyée et à renvoyer. Vrai punk faussement désabusé, Murphy déboule avec une cagoule très surprenante sur laquelle il tire et avec laquelle il joue entre deux gorgées de bière. La fosse de l’Aéronef ne s’y trompe pas et la basse pose de toute façon un rythme lourd, effréné, fou, servi par un saxo tout aussi barré que son chanteur.
Les Viagra Boys, c’est un peu comme Idles. De vrais faux branleurs qui donnent tout sur scène. Et chez eux, les parties instrumentales s’étirent, s’entrechoquent telles des bouteilles de verre au fond d’un sac Aldi. Ça ressemble à rien sur le moment mais on sait que la hype est aussi forte que des claquettes collector sur ebay.

Soft Corps

Sébastian Murphy se trémousse, joue du nombril, s’arrose de bière tout en fumant, tape des poses de ninja et passe autant de temps au sol que debout ! Se baladant même avec une démarche à faire pâlir Aldo Maccione (les plus vieux sauront de quoi je parle), pieds nus sur scène, se jetant dans le public pour partager le micro (mais pas sa bière, COVID oblige). Un jeu de scène du frontman très tatoué (car tatoueur à ses heures perdues) qui, comme le soulignait mon ami photographe David, tient peut-être en une question « Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? » dans ce jeu de scène délirant. Peu importe ! Le groupe tient la cadence, après tout, il s’agit là seulement du second concert de leur tournée européenne, autant dire que les mecs ont de l’énergie à revendre.

Mais là où l’on craignait l’annulation de la date suite au décès du guitariste fondateur des Viagra Boys, Benjamin Vallé, il n’en sera rien. Celui-ci avait certes participé aux premiers albums de la formation mais l’avait quitté (sans explication particulière) avant la sortie de Welfare Jazz. Cela n’empêchera pas les suédois de lui faire un petit hommage sur le titre « Just Like You ».

Encore !

Le groupe tape donc dans l’ensemble de sa discographie et tient le public en haleine grâce à des parties rythmiques toutes en tension (« 6 Shooter »), frénétiques (« Secret Canine Agent »), nerveuses («  Down in the Basement ») ou lancinantes (« Worms »). On se régale ! Et même quand le groupe fait dans le simple et l’efficace comme le basico-basique-ultra-populaire single « Sports », la foule répond au quart de tour et saute telle une capsule de 1664. Le groupe enchaine d’ailleurs sans temps mort, ni rappel et achève la salle sur le titre « Shrimp Shack » qui s’étire sur 6 minutes et permets, une dernière fois, au public de se lâcher, de pogoter, slammer. 
Merde ! La lumière se rallume après un peu plus d’1 heure de show et le public aura beau gueuler, la setlist transformée en petit avion par Sebastian Murphy était bien le signe de la fin de la récré.

 

On l’attendait, on se demandait, mais les Viagra Boys n’ont pas failli et confirmé leur statut de faux branleurs en livrant une performance de haute volée. On comprend mieux pourquoi Iggy Pop a fait de « Welfare Jazz » son album de l’année et ce, même si le groupe aura su taper dans l’ensemble de sa disco de façon équilibrée. Quant à nous, il s’agira potentiellement, du live de l’année. Vous me direz, on n’en a pas eu beaucoup, ce qui facilite d’autant plus le choix mais on regrette encore moins d’avoir affronté le froid et les postillons de fin du monde pour ce très bon concert.

J’en profite pour remercier les copains de Yalta (notamment Florian) pour l’accréditation ! ❤️

SETLIST

1. Research Chemicals
2. Ain’t Nice
3. Slow Learner
4. Just Like You
5. 6 Shooter
6. Secret Canine Agent
7. Down in the Basement
8. I Feel Alive
9. Toad
10. Worms
11. Sports
12. Shrimp Shack