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C’est dans le cadre du festival lillois Les Paradis Artificiels que les anglais ont débarqué. L’occasion d’aller tester la popularité du groupe en province, après les avoir vus une première fois en 2013 au Main Square Festival, lors d’un set chaud bouillant, escalade de la scène incluse.

Comment ça s’appelle une seconde première partie ???

Ce soir, ce n’est pas UNE mais deux premières parties qui sont prévues et contrairement à mon habitude, j’arrive suffisamment tôt pour assister au set du groupe amiénois Structures et bien m’en aura pris ! Annoncé dans un registre post-punk, les français démontrent rapidement leur aisance scénique et qualifient en fait leur registre plutôt de rough wave ! Pierre, frontman aux cheveux blonds décolorés et tout en muscles sous T-shirt blanc s’appuie sur un groupe de musiciens tout aussi impliqués et des compos que ne renieraient pas un groupe de cold wave (les amateurs de Joy Division devraient vite s’y retrouver). Le groupe bénéficie d’ailleurs déjà d’une belle visibilité (et méritée) puisqu’ils seront aux festivals Main Square Festival, Minuit Avant la Nuit et les Nuits Secrètes, soit 3 des plus gros festivals de la région. On a donc hâte de les voir, à nouveau, confirmer tout le bien qu’on en a pensé.

Structures, Les Paradis Artificiels 2019

Plus anecdotiques à mes yeux, même si on ne saurait nier l’énergie du groupe, sa fanbase, son show à base de poses bien caricaturales, de chœurs, de look à base de mèches bien noires devant les yeux et ongles passés au vernis noir. Oui, vous l’avez compris, As It Is a tout du groupe emo/rock californien. Il y a bien là quelques fans ensorcelées par tous ces apparats datés mais j’avoue y être assez insensible. Je ne l’étais pas lors du pic des groupes émo, c’est pas en 2019 que je vais m’y mettre. Passons donc !

Stop The Cheveux Hirsutes

Malheureusement, force est de constater que la salle est loin d’être pleine, il semblerait que le rock ait un peu de mal à faire recette dans notre région ces derniers temps, ce qui peut paraitre inquiétant quand on sait qu’Enter Shikari revenait de Russie, que les mecs te calent des salles pleines de plusieurs milliers de personnes en Angleterre et d’autres pays. Soit ! En tout cas là où l’on s’attendait potentiellement à voir la formation imposer de nombreux titres de l’album “Common Dreads” fêtant ses 10 ans, il n’en sera rien réellement, l’album étant mis à contribution autant que le dernier en date “The Spark”. La tournée qui commence à Lille se nommant “Stop the Clocks”, nouveau titre non sorti d’un album en devenir (plus d’infos à ce sujet avec notre interview du groupe et l’évocation des noisettes de Rou Reynolds).

Rou Reynolds, parlons-en, si la coiff’ a tout de l’agression caractérisée du sèche-cheveux, le frontman ne se ménage pas et enchaine vocalement aussi bien au clavier qu’au chant plus hardcore. Se déhanchant de tout son corps, parfois même de façon improbable, quitte à mimer un coureur de marathon. Oui ça surprend mais c’est un peu son move à lui. Le Rou Move ou un truc dans le genre.

25 titres ou rien !

Par contre, le groupe ne nous vole pas sur la marchandise car si le concert aura débuté avant l’heure (une première pour moi), chaque musicien semble aussi impliqué et appliqué pour fournir un set plein d’énergie. Il faut dire qu’Enter Shikari, c’est un peu un déluge sonore à la limite de la schizophrénie, où l’on passe de titres plutôt pop (“The Sights”, “Undercover Agents”,…) à des titres plus hardcore (“Step Up, “Mothership”, déluge de chants gutturaux et samples électro) en passant même au solo de Rou au piano sur “Airfield”. Le groupe n’hésite donc pas à balader son public d’un registre à l’autre, allant même à claquer un “quickfire round” soit 4 titres joués en 8/10 minutes de façon ininterrompue où s’enchainent furieusement certains tubes tels que “Sorry, you’re not a winner”, “The Last Garrison” ou encore “System / Meltdown” lorgnant littéralement du côté de la dub sur ses samples électro. Costaud ! Au final, on ne saurait que trop regretter que la date n’ait pas affichée un sold out qui eût été (oui, “eût été”, je suis un fou de conjugaison) amplement méritée. S’appuyant désormais sur une carrière de 20 ans si l’on compte leur passage sous le nom de Hybryd, Enter Shikari nous aura lâchés un beau set de 25 titres conclu par un titre pop comme en intro (“The Sights”) de ce concert avec “Live Outside”. Une date qu’il ne fallait assurément pas manquer !

J’en profite pour remercier l’équipe de Him Media (Elodie, Elisa et Charles) ainsi que Perrine d’À Gauche de La Lune.

SETLIST

The Sights
Step Up
Labyrinth
Arguing with Thermometers
Rabble Rouser
Halcyon
Hectic
Gap in the Fence
Shinrin-Yoku
The Revolt of the Atoms
Destabilise
Gandhi Mate, Gandhi
Mothership
Insomnia (Faithless cover)
Havoc B
Airfield (Rou Solo)
Undercover Agents
No Sleep Tonight (interlude)
Stop the Clocks
*Quickfire Round*
Sorry, You’re Not a Winner
The Last Garrison
…Meltdown
Anaesthetist (Reso Remix)

Rappel :
Juggernauts
Live Outside

Post-scriptum : 30 mars, Le Bataclan, Paris, par FooFree

Le concert de Paris a eu droit à une setlist plus ou moins semblable, à l’exception de « There’s a Price on Your Head », joué pour la première fois depuis 2016, qui remplaçait « Desatbilise ».

Cette tournée ne se contentait pas d’être un simple adieu à « The Spark », mais célébrait les dix ans de « Common Dreads » en ressortant pas mal de titres longtemps restés dans les tiroirs. Les vieux fans (moi) et les experts (les anglais) étaient aux anges. Oui parce que si l’ambiance était assez incroyable, c’était en grande partie grâce aux fans anglais, qui avaient visiblement organisé un voyage pour le concert de Paris. Mention spéciale au petit groupe au milieu du pit qui s’est mis à gueuler le sample de manifestation à la fin de « Havoc B » : « All this killing is obscene! Shut down the war machine ! ». En fin de concert, Rou dédiera d’ailleurs « Take My Country Back » à ceux qui avaient prévu de venir ce soir mais se sont retrouvés coincés du mauvais côté de la manche par les manifestants pro-Brexit.

Merci aux anglais, ceux sur la scène et ceux dans le pit.