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Deux Elysée Montmartre pour mettre fin à deux ans d’absence. Voilà l’ordonnance prescrite par les IDLES en visite à Paris avec Bambara dans ses valises.

Parents d’un nouvel EP Love On My Mind fraîchement sorti, Bambara a pu enfin nous montrer pour de vrai que leur réputation en live n’est pas usurpée. Dans l’un des rares groupes où le membre le plus scruté sera le batteur, on s’épate de la force et du coffre apportés par Blaze Bateh. Trio en studio et cinq sur scène, le groupe déboule très vite d’un titre à l’autre et sa demie-heure passe à une vitesse folle. Hormis l’exploit de ne pas suer une goutte en col roulé, Reid au chant bouge pour tout le monde et ajoute rage et vitesse à son interprétation studio. On ira revoir cette troupe à la Boule Noire dès le 30 mars.

Pour savoir tout le bien qu’on pense de leur disque Stray il y a notre chronique. Ainsi qu’une interview que l’on avait fait lors du confinement en 2020.

Deux ans d’absence et autant d’albums des IDLES à découvrir en live. Radicalement différents, Ultra Mono et Crawler sont sortis à un an d’écart pour la rentrée. C’est par l’introduction de ce dernier qu’ouvre le show par une très belle lumière rouge qui plonge l’Elysée Montmartre dans l’ambiance dès la première seconde. Le rythme ralenti de MTT 420 RR nous permet de voir la quasi métamorphose de Joe Talbot et d’Adam Devonshire ayant véritablement fondus avec une bonne dizaine de kilos en moins sur la balance !

L‘effet caméra peut-être puisque le concert sera visible sur CultureBox en live et en replay. Bref, l’accalmie est de courte durée et Car Crash continue d’enfoncer le clou d’un début de set puissant installé pour taper fort et durement. Les orientations du nouveau disque sur ce type de titre fonctionne très bien en live et sied au jeu très statique du groupe.

A l’économie dans les mouvements mais bien en place dans son jeu.

 

La suite s’affole, les anciens disques montrent le bout de leurs pifs et les pogos s’accumulent. Ambiance bon enfant et alerte où la moindre chute est rattrapée dans la foulée et où tout le monde a la place pour s’éclater, malgré une chaleur vite suintante. Grande dédicace au cameraman de l’extrême placé en direct de la fosse dont on a pu saluer le courage et la folie. Côté titres, Mother est toujours dans les préférées et ce n’est pas la seule à être scandée par un public bien abonné au groupe et à ses paroles. On s’étonne et apprécie le mutisme de Talbot et du groupe, là pour enchaîner les morceaux avec application plus que pour prendre la parole sur l’actualité. La sélection de la tracklist jongle entre tubes fédérateurs, légers et passages plus ralentis et intenses comme Reigns ou The Beachland Ballroom qui mettra bien en avant la boule à facettes calée au-dessus de la scène.

Seule Danny Nedelko, titre écrit pour le chanteur ukrainien d’Heavy Lungs a le droit à une vraie mise en contexte. Pour le reste, Joe se permettra de souligner par deux fois que cela faisait quand même deux putains d’années qu’on ne s’était pas vus et que c’était grâce à la ferveur du public qu’ils avaient pu se permettre de rester sains et saufs financièrement toute cette période. Pas très client de Crawler dans sa totalité en version studio, les nouveaux titres n’ont pas plombé le set même si on regrettera de ne pas avoir eu Colossus ou Samaritans jouées dans le set de la veille… Ca n’aura pas refroidi la fosse avec du Braveheart, du circle pit et des pogos à gogo.

 

Un concert d’IDLES qui montrait moins des allures de kermesse que dans le passé. Les apartés, happenings et covers ont laissé place à une machine rodée et nourrie par un catalogue remplie de brûlots pour la fosse. Grand bien leur fasse et peu de t-shirts ont du sortir immaculés de la salle.

En festivals comme en salles, IDLES reprend son marathon de dates avec Primavera ou Rock en Seine dans l’agenda. Ils seront difficiles à éviter et ça tombe bien car pourquoi s’en priver ?