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Interpol ✖︎ The Other-side of Make Believe
Les qualités d'Interpol, toujours là. De l'interprétation vocale, à la frappe de batterie aux riffs.Une évolution subtile mais utile.
Peut manquer de coups de sang comparé au précédent.
4.0Note finale

Pour toujours auréolé de son Turn On The Bright Lights ayant fêté ses 20 ans cette année, Interpol enquille un septième album avec The Other Side of Make Believe. Régulier et en pleine possession de leurs moyens, le trio revient bien accompagné à la production et plus introspectif dans sa conception.

Dans la promo des groupes de rock du début des années 2000, Interpol est le groupe le plus pertinent en studio. En marge de sa tournée commémorative réussie pour les 15 ans de TOTBL en 2017, il ne faudrait pas oublier que leur dernier disque Marauder l’était tout autant. Un disque tout en puissance, sans temps mort et qui affirmait avec assurance que le groupe était concentré et bien tourné vers le présent. The Other Side of Make Believe s’est logiquement écrit en partie pendant les confinements, en ressortent une mélancolie et une retenue absente des efforts précédents. L’interprétation de Paul Banks est aussi impactée, puisque il a posé ses voix seul chez lui lors de la phase de démos.

Des prises plus posées, tout comme des compositions plus calmes mais sans perdre en intensité. Comme ‘Renegade Hearts‘ où la voix de Paulo est quasi en sourdine alors que Daniel Kessler envoie ses meilleurs riffs et que Sam Fogarino frappe fort et sec comme il sait si bien le faire. Autre conséquence de ce contexte, une précision qui a encore monté d’un cran. Une qualité qui a toujours collé au groupe et que l’on peut aussi attribuer à l’association de Flood et Alan Moulder pour la production et le mix. El Pintor et Marauder avaient parfois tendance à enfoncer le clou d’une approche très rentre dedans et d’une batterie parfois trop mise en avant. Plus subtil dans le son et plus fluide dans sa construction, l’album gagne en cohérence.

D’extérieur, Interpol est un groupe qui s’est toujours décrit très facilement par la classe et l’élégance. Tout comme ce disque qui leur sert de carte de visite. D’un single comme ‘Toni‘ aux refrains immédiatement reconnaissables et accrocheurs, la crescendo ‘Into The Night‘ qui démarre lentement pour mieux s’étendre via des breaks désarticulés ou ‘Mr. Credit‘ parfaite pour garantir une bonne première impression. Ce septième album est l’oeuvre compacte d’un groupe en confiance, sûr de ce qu’il veut et qui sait rester digne et ce même après 20 ans de boutique. Sans jamais enclencher le mode pilote automatique.

L’énergie et la sérénité dégagée ici montrent encore une fois que l’expression qu’il leur sied le mieux serait rira bien qui rira le dernier. A savourer en studio et à ne pas rater sur scène, on signe pour le suivant sans hésiter.