Interview – Faetooth

FooFree
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33 min. de lecture

« Remnants of the Vessel »  (2022) et « Labyrinthine » (2025) se placent sans conteste parmi les meilleurs albums de doom de ces dernières années. Cela faisait donc un moment qu’on espérait en discuter avec Faetooth, et l’opportunité s’est finalement présentée au Rock in Bourlon, le lendemain d’une nuit orageuse. C’est donc au cœur du plus grand festival consacré aux musiques lourdes, étranges et conviviales que nous avons pu nous entretenir avec (de gauche à droite) : Rah Kanan (batterie), Jenna Garcia (basse) et Ari May (guitare).

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FRENCH VERSION

Les tournées

Vous achevez bientôt une tournée européenne qui aura été assez intense. Le concert de ce soir sera votre quatorzième date en pratiquement deux semaines. Vous tenez le coup ?

Rah : Je pense que ça irait mieux si on ne vivait pas en ce moment une canicule historique. (rires)

Jenna : Je pense que ça rend les choses un peu plus fatigantes.

Ari : Mais c’était tellement fun.

Une canicule et des orages ! Vous n’avez pas eu d’annulations ?

Rah : Non, heureusement non ! Le festival auquel on a joué hier en Suisse, juste après qu’on ait joué, il s’est mis à pleuvoir avec des éclairs et du tonnerre et ils ont dû arrêter le festival pendant vingt ou trente minutes, mais ils n’ont pas annulé.

Je vous suis depuis « Remnants of the Vessel » et je peux vous dire qu’on vous a attendu un moment ici en Europe. Mais depuis l’an dernier on dirait que vous êtes en tournée toute l’année.

Rah : Oui ! (rires)

Alors, est-ce que c’est devenu votre vie maintenant ?

Ari : On dirait bien, oui. Je veux dire, en dehors des tournées on enregistre aussi. Quand on ne tourne pas on travaille sur l’écriture. Ouais, c’est notre vie. On ressent tellement de bonheur et de gratitude pour les opportunités qui nous sont offertes. La réalité dépasse les mots. C’est incroyable, c’est notre passion.

Vous avez fait votre première tournée en Europe l’an dernier et votre premier concert était au Roadburn. Puis vous avez enchaîné avec le Download Festival et le Hellfest. C’était impressionnant de commencer sur ces énormes scènes ?

Les 3 : C’était surréaliste !

Ari : Même les festivals dans lesquels on joue en ce moment, nos concerts en tête d’affiche ou le fait de tourner avec Die Spitz, c’est juste irréel. Le feeling est incroyable.

Faetooth - Rock in Bourlon 2026

Les premières années

Votre premier EP est sorti en 2019 et votre premier album en 2022. C’était une période assez étrange où on était tous isolés, ce qui peut être assez dur pour un groupe qui débute. Mais « Remnants of the Vessel » a vraiment été remarqué grâce à internet. Alors je me demandais, à quel moment avez-vous réalisé que « bien, ce n’est plus juste notre scène locale maintenant, les gens écoutent ce qu’on fait » ?

Rah : Est-ce que c’était SPIN Magazine ?

Ari : Oui, SPIN Magazine en 2022, album metal de l’année.

Rah : Oui ! Je pense que c’est probablement le moment où j’ai réalisé qu’on allait quelque part. (rires)

Ari : À ce moment-là on a réalisé : « Oh, c’est notre travail maintenant ! Ça peut réalistement être notre travail maintenant ! » Et puis bien sûr quand on a commencé à tourner fin 2023 on a réalisé que « OK, c’est ce qu’on veut faire ».

Rah : Il y a des gens qui vivent en dehors de chez nous qui veulent nous voir et qui connaissent notre musique, c’est un sentiment incroyable.

Faetooth - Rock in Bourlon 2026 - Rah Kanan

Faetooth est passé d’un quatuor à un trio en 2023. Est-ce qu’il y a eu un temps d’ajustement pour réarranger les chansons ou est-ce que ça s’est fait plutôt rapidement ?

Rah : Je dirais que ça a été assez rapide. Ça n’a pas été une période d’ajustement si longue, on a juste eu à modifier certaines parties.

Jenna : Et puis toute notre existence en tant que groupe de tournée s’est faite en tant que trio. On n’a jamais tourné à quatre. Alors j’ai l’impression qu’en tournant à trois, ça nous a permis de nous souder encore plus rapidement, puisqu’on a tout de suite eu cette expérience pratique.

Et puis, Jenna tu avais déjà des chansons où c’était toi qui assurais entièrement le chant comme « La Sorcière », mais Ari a dû prendre une place beaucoup plus importante derrière le micro. « October » est une très bonne chanson d’ailleurs, félicitations. Est-ce qu’il t’a fallu travailler là-dessus ?

Ari : En fait je chante sur « Remains » sur « Remnants of the Vessel » et je fais aussi quelques backs sur « La Sorcière », « She Cast a Shadow », le cri à la fin de « Echolalia » et quelques autres. C’est quelque chose que j’ai toujours voulu faire de toute façon alors j’étais très excitée à l’idée de pouvoir le faire. Mais oui, l’enregistrement de « Remains », c’était la première fois que je me trouvais derrière un micro et je crois qu’on l’a fait un jour différent de celui où tout le monde avait enregistré ses parties. Alors j’étais un peu : « J’aime vraiment ça et je voudrais en faire plus ».

Il y a aussi le fait qu’individuellement, on écrit les chansons sur lesquelles on chante. Sans compter le fait de collaborer sur un couplet ou deux. En général c’est la personne qui écrit les paroles qui chante.

Je crois avoir lu quelque part que tout le monde participe à l’écriture des paroles ?

Rah : Oh, c’est juste Ari et Jenna.

Composition

Alors quel est votre processus de composition, est-ce que vous partez d’un riff ?

Jenna : En général ça varie. Entre Ari et moi, on contribue en permanence à un document plein de paroles qu’on partage. Personnellement, j’écris de la poésie tous les jours. Pour moi c’est presque comme si les paroles étaient toujours là, que ça donne naissance à une chanson ou non. Je suis toujours en train d’écrire des paroles. Et puis oui, parfois ça part d’un riff ou alors je vais avoir quelque chose d’à moitié prêt, comme un couplet et un refrain et je l’apporte au groupe pour qu’on le termine ou qu’on collabore dessus… Ça peut vraiment varier.

Ari : Oui, on collabore vraiment bien ensemble. Je pense qu’on a vraiment de la chance d’avoir le flow, les échanges qu’on a ensemble. Ça rend les choses vraiment faciles et je pense que ce qu’on crée ensemble est vraiment spécial. On est aussi à la même page la plupart du temps. On partage un peu le même cerveau. (rires)

Faetooth - Rock in Bourlon 2026 - Jenna Garcia

Labyrinthine

Ce deuxième album « Labyrinthine » a été publié l’an dernier par The Flenser. Est-ce que c’est vous qui les avez contactés et est-ce qu’ils s’occupent bien de vous ?

Jenna : Je dirais qu’on les a peut-être un peu traqués. Mais pas d’une façon agressive genre « remarque moi ! » (rires) Mais c’est clairement ce qui nous intéressait.

Ari : Oui, on est fans !

Jenna : Je pense que ce qu’on aime chez eux c’est qu’ils ne se limitent pas à un seul type de musique. Pour la majorité c’est assez heavy et avant-garde, mais ça semblait être le bon endroit pour nous. Et avec un peu d’aide de notre manager (rires) on a pu parler avec Jonathan. Et je pense qu’après qu’il ait vu notre concert au Roadburn, que ça a peut-être solidifié les choses. On fait partie de la famille maintenant. Depuis ça se passe super bien.

Ari : Oui, ils sont juste adorables.

Rah : Oui, toute l’équipe est incroyable.

Cet album semble très cohérent. Est-ce que vous aviez une idée très précise de ce que vous vouliez en termes de son et de textures avant d’entrer en studio ?

Ari : Je pense qu’on voulait vraiment se concentrer sur la dynamique et évidemment, comparé à « Remnants of the Vessel », il y a le fait qu’on ait enregistré ça à trois. Alors je pense qu’on voulait vraiment redéfinir les rôles et grandir. Tout ce qu’on avait appris lors de l’enregistrement de « Remnants », on voulait s’en servir pour « Labyrinthine » afin d’avoir plus d’expérience et moins de stress. Pas que ça ait été si angoissant, mais on ne l’avait encore jamais fait alors cette fois on connaissait le process. On voulait continuer à grandir, essayer de nouvelles choses, travailler les parties calmes, travailler les parties fortes, se concentrer dessus pour leur permettre de se complimenter l’une l’autre…

Et je pense qu’en écrivant la tracklist, on n’avait pas vraiment de concept avant d’entrer en studio. On savait qu’on voulait ces chansons, mais il fallait encore qu’on trouve le fil conducteur avec les ambiances et le ton global de l’album, que ce soit la tonalité de guitare elle-même, mais aussi les petits bruits ajoutés ici et là, et la façon dont on voulait jouer.

Comme son prédécesseur, il a été mixé et masterisé par Joseph Calleiro au Dungeon by the Sea. Est-ce que vous avez une relation particulière avec lui ?

Ari : Oui, c’est un ami. Le studio est maintenant défunt. Il est en freelance maintenant alors il est totalement indépendant. On a tourné un peu avec lui alors c’est un ami, il est super. Il a vraiment essayé de nous pousser à faire mieux et à essayer des choses différentes qui ne se sont par forcément retrouvées sur les prises finales mais il voulait vraiment qu’on expérimente pour nous permettre de trouver notre son.

Faetooth - Rock in Bourlon 2026 - Ari May

Les artworks

Pour le premier album les artworks de l’album et des singles ont été réalisés par Filthywitch, ce qui est ton identité secrète Ari ?

Ari : Oui, j’ai dû faire ça rapidement. Ce n’était pas mon meilleur travail mais c’est ce sur quoi on a dû finir. J’ai aussi fait les singles de « Labyrinthine » mais la pochette de l’album est de Birdie the Gnarled.

Alors, comment avez-vous trouvé Birdie The Gnarled ?

Jenna : Instagram. On cherchait des artistes et son style correspondait clairement à ce qu’on aime. Elle avait fait un de nos designs de merch.

Rah : Probablement notre t-shirt qui s’est le mieux vendu ! (rires)

Jenna : Elle a gentiment accepté de faire aussi notre pochette d’album et on l’adore.

Est-ce que vous lui avez donné des idées ou un brief ?

Ari : Oui, on adore les moodboards ! (rires)

Jenna : J’avais clairement quelque chose en tête. Je sais que pour cet album j’imaginais cet ange avec une faux et un agneau. Ils font partie des paroles de « Iron Gate », la première chanson. Alors il y a cette imagerie qui est dans l’album et qu’on retrouve sur la pochette.

Alors, j’ai remarqué une chose (et c’était quelque chose de vraiment très dur à remarquer), qui est que l’artwork de l’album, mais aussi ceux des singles et la photo que vous avez postée à la fin de l’enregistrement, étaient tous bleu ?

Ari : C’est notre période bleue ! (rires)

Est-ce que ça a une signification particulière ?

Jenna : Je pense que de la même façon que la musique peut évoquer des couleurs et différents sentiments, c’était juste la couleur vers laquelle on gravitait. (rires) Cet album c’est tout ce qu’on retrouve sur notre Pinterest. Dans l’imagerie qu’on voulait pour cet album, tout était bleu,  avec une vibe un peu céleste, et ça a fait son chemin. On savait qu’on voulait garder la couleur bleue. Le bleu peut évoquer cette profonde émotion un peu triste, mais c’est aussi une couleur apaisante, un peu comme un ciel étoilé. Et puis c’est juste aussi qu’on l’aimait beaucoup. (rires)

Le clip

Vous avez eu votre premier clip avec « Hole », qui a été réalisé par Joe Mischo avec Nick Matthews. Comment est-ce que ça s’est fait et avez-vous apprécié l’expérience ?

Rah : Oui, c’était incroyable. Ce sont en fait eux qui ont décidé de nous contacter parce qu’ils étaient venus à quelques-uns de nos concerts, qu’ils aimaient vraiment notre musique et qu’ils voulaient pouvoir créer quelque chose par passion. On a un peu échangé et on a pensé que c’était une bonne idée.

Est-ce que le processus était plutôt collaboratif ? Pour le scénario et le reste ?

Rah : Oui, c’était collaboratif. C’était un autre cas moodboard.

Ari : Evidemment, c’était un honneur qu’ils veuillent travailler avec nous. Je pense qu’on a juste eu beaucoup de chance. Ils voulaient avoir notre input pour qu’on puisse se l’approprier. Alors oui, c’était très collaboratif. Evidemment, ils disposaient de ressources pour en faire quelque chose de plus grand, qu’on n’aurait pas pu faire nous-mêmes. Ce sont des gens si talentueux et si authentiques. Ils étaient vraiment attentionnés, autant envers notre musique qu’envers nous, en tant qu’artistes. Alors on les remercie vraiment.

Est-ce que vous avez des plans pour un prochain clip pour cet album ?

Jenna : Pas qu’on sache. On adorerait, bien sûr, mais il faudrait qu’on arrive à trouver le temps, surtout avec les tournées qui s’enchainent. Mais on adorerait faire autant d’art visuel que possible.

La suite

Alors dernière question, qu’est-ce qui vous attend maintenant ?

Jenna : On travaille sur de la nouvelle musique. On écrit un paquet de chansons.

Ari : Beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de chansons ! (rires)

Rah : Oui ! (rires)

Jenna : On va enregistrer en septembre. Voilà où on en est. Quant à l’année prochaine, on n’a pas de plans définis pour le moment, mais on travaille certainement sur de nouveaux trucs.

Rah : Et la tournée à la fin de l’année ! Août, septembre et novembre.

Ari : Tout est prêt pour qu’on sorte de le nouvelle musique, très prêt !


Merci à Faetooth, au Rock in Bourlon, à Don et à David, qui ont rendu cette interview possible !

Photos : Emmanuel Poteau


 

ENGLISH VERSION

Touring

So you’re close to the end of a pretty intense European tour. Tonight will be your 14th show in two weeks. How was it and how are you holding up?

Rah: I think we would be better if we wouldn’t be living through a historical heat wave right now. (laughs)

Jenna: It makes it a little more tiering than usual I think.

Ari: But it’s been so much fun.

A heat wave and some thunderstorms! You didn’t get any cancelations?

Rah: No, thankfully not! The festival we played yesterday in Switzerland, right after we played it, it started raining with lightning and thunder and they delayed the festival for twenty or thiry minutes but it wasn’t canceled.

I’ve been following you since “Remnants of the Vessel” and I can tell you that we’ve been waiting for you here in Europe. But since last year it seems like you’re on tout all year round.

Rah: Yes! (laughs)

So, is this your life now?

Ari: It seems to be, yes. I mean, besides touring we’re also recording. We’re working on writing when we’re not touring. Yeah, it’s our lives. We’re so happy and grateful to be able to do this. Grateful for the opportunities of it all. The reality of it is just beyond words. It’s so incredible, it’s our passion.

You did your first tour in Europe last year and your first show was Roadburn. And then you went straight into Download Festival and Hellfest. Was it impressive to start on those huge stages?

All 3: It was surreal!

Ari: Even the festivals we’re playing now and our headlining shows and getting to tour with Die Spitz, it’s just so unreal… The feeling is just incredible.

Faetooth - Rock in Bourlon 2026

The first years

Your fist EP came out in 2019 and your first album in 2022. Those were some pretty strange times. We were all isolated, which can be pretty hard for a band starting. But “Remnants of the Vessel” really got noticed online. So I was wondering, what was the point where you realized: “well, this isn’t just our local scene anymore, people are listening to what we’re doing”?

Rah: Was it SPIN Magazine?

Ari: Yeah, SPIN Magazine in 2022, metal album of the year.

Rah: Yeah! I think that’s probably the point where I realized we were heading somewhere. (laughs)

Ari: At that point we realized: “Oh, this is our job now! This can realistically be our job now!” And then of course when we started touring late 2023 we realized that “OK, this is what we want to be doing”.

Rah: People outside of where we live want to see us and know our music, it’s a great feeling.

Faetooth - Rock in Bourlon 2026 - Rah Kanan

You went from being a four piece to a three piece in 2023. Was there a time of readjustment to rearrange the songs or was it pretty fast?

Rah: It was pretty fast I would say. It wasn’t that long an adjustment period, we just had to figure out different parts.

Jenna: And for our whole existence as a touring band we’ve been a three piece. We’ve never toured as a four piece. So I feel like, touring as a three piece, we were able to gel even quicker and better, since it gave us that experience on our feet.

And also, Jenna you already had songs where you were the main singer like “La Sorciere” but Ari had to take a more important role behind the mic. “October” is such a great song so congrats for that. Did you have to work on it to become a main singer?

Ari: I actually sing on “Remains” in “Remants of the Vessel”, and I also do some of the backup lines on “La Sorcière”, “She Cast a Shadow”, the screaming at the end of “Echolalia” and a couple other ones. It’s something I always wanted to do anyway so I was excited to be able to do it. But yeah, working on “Remains” was the first time I was behind a microphone, and I think we did it on a sperate day than the one where everyone did their takes. So I was like: “I really like this and I wanna be doing it more”.

We also just individually write the songs that we do sing on. Other than just collabing on a verse or two. It’s usually the person who writes the lyrics who sings.

I think I’ve read somewhere that all three of you write the lyrics?

Rah: Oh, just Ari and Jenna.

Composition

So what’s your composition process, do you start from a riff?

Jenna: It usually does vary. Between me and Ari we’re always contributing to a document full of lyrics that we share. I personally write poetry every day. For me it’s almost always that lyrics are just there, whether it’s going to start a song or not. I’m just always writing lyrics. And then yeah, sometimes it will start with a riff or I’ll have something half done, like the verse and a chorus already and I’ll bring it to the band and we’ll finish it up, or collaborate… It can really vary.

Ari: Yeah, we collaborate very well together. I think we’re really lucky to have the flow, the back and forth, that we do. It makes it really easy and I think that what we create together is something really special. We’re also on the same page a lot of the time. We kinda share the same brain. (laughs)

Faetooth - Rock in Bourlon 2026 - Jenna Garcia

Labyrinthine

This second album “Labyrinthine” was released last year by The Flenser. Was it you who contacted them and how have they been treating you?

Jenna: I would say maybe we chased them down a little bit. I’m not saying in a ravenous way like “notice me!” (laughs) But it was definitely what we’ve always been interested in.

Ari: Yeah, we’re fans!

Jenna: I think that what we like is that it isn’t just one type of music. A lot of it is heavy and avant-garde, but it seemed like it was a good slot for us. And thanks to some help from our manager (laughs) we were able to do some talking with Jonathan. And I think that after he saw us play at Roadburn, maybe that solidified it. We’re in the family. Since then it’s been lovely.

Ari: Yeah, they’re just so lovely.

Rah: Yeah, this whole staff is amazing.

This album sounds very focused and coherent. Did you have a very precise idea of what you wanted in terms of sound and textures when you entered the studio?

Ari: I think we really wanted to hone in on dynamics. And obviously compared to “Remnants of the Vessel”, we recorded this as a three piece. So I think we really wanted to redefine roles and grow. All the stuff we learned from the recording process of “Remnants” we wanted to take in with “Labyrinthine” and become a little more seasoned in recording and not so nervous. Not that we were nervous during it but we’d never done it before, so this time it was more an expected process. We wanted to continue growing, try new things, work on the quiet parts, work on the loud parts, focus on them complimenting each other…

And I think that when we were writing the tracklist, we didn’t really have a concept until we got into the studio. We knew we wanted those songs but we still needed to make the through line with the ambiance and the overall tonality of the album, whether that be the actual guitar tone but also the little noises sprinkled in there and how we wanted to perform on the album.

Like its predecessor, it was mixed and mastered by Joseph Calleiro at the Dungeon by the Sea. Do you have a special relationship with him?

Ari: Yes, he’s our friend. The studio is now defunct. He’s a freelancer now so he’s totally independent. We’ve toured with him for a little bit as well so he’s a friend, he’s great. He really pushed us to do better and try different things that maybe have not come out in those takes but he really wanted us to experiment and find our sound.

Faetooth - Rock in Bourlon 2026 - Ari May

The artworks

For the first album, the album artwork and the singles were done by Filthywitch, which is your secret identity Ari?

Ari: Yeah, it was a rushed job. That wasn’t my best work maybe but it’s what we had to land on. I also did the singles on “Labyrinthine”, but the album cover is by Birdie the gnarled.

So, how did you find Birdie the Gnarled?

Jenna: Instagram. We had been looking at artists and definitely her style was something that we really liked. She did one of our merch designs.

Rah: Probably our best selling shirt! (laughs)

Jenna: She was nice enough to do our album cover too and we love it.

Did you give her some ideas or a brief?

Ari: Yeah, we love a moodboard! (laughs)

Jenna: I definitely had something in mind. I know that the piece of the album that I had envisioned was that angel character with the scythe and the lamb. They are part of the lyrics of “Iron Gate”, the first song. So there’s all this imagery that is in that album that is also on the album cover.

So I’ve noticed something (and that was very hard to notice), which is that the album cover, but also the artworks for the singles and the picture you’ve posted upon the completion of the album, they’ve all been blue?

Ari: It’s our blue period. (laughs)

Is there a meaning to it?

Jenna: I think it’s like how music can for some people invoke colors and different feelings, this was just the color that we gravitated towards. (laughs) This album is everything on our Pinterest. The imagery we wanted for this album, everything was this blue, kind of celestial, heavenly vibe, and it made its way. We knew we wanted to stick with the blue. Blue has this deep, maybe sorrowful emotion that it can invoke, but it’s also a cooling color, kind of like a night sky. We just also really liked it. (laughs)

The music video

You had your first music video with “Hole”, which was directed by Joe Mischo with Nick Matthews. How did this happen and did you enjoy the experience?

Rah: Yeah, it was incredible. They actually reached out to us because they had been to a few of our concerts and really enjoyed our music and they wanted to create something out of passion. We kind of talked back and forth and thought it was a good idea.

Was the process pretty collaborative? For the scenario and the rest?

Rah: Yeah, it was collaborative. It was another moodboard situation…

Ari: Obviously, it was an honor that they wanted to work with us. I think we just got really lucky. They wanted our input to make it ours. So yeah, it was very collaborative. Obviously, they had resources to really expand it and do something that we wouldn’t have been able to do by ourselves. They’re just so talented and such sweet genuine people that really cared about our music and I think about us as musicians as well. So we’re just really grateful.

Do you have plans for a next video for this album?

Jenna: We don’t know. We’d love to of course but it’s really about finding the time, especially with the amount of touring. But we’d love to do as much visual art as possible.

What’s next?

So, last question, what’s next for you?

Jenna: We are working on new music. We are writing a bunch of songs.

Ari: Many many many many songs! (laughs)

Rah: Yes! (laughs)

Jenna: We’re going to be doing some recording in September. So that’s that. As for the next year, no solid plans yet but we are working on new stuff for sure.

Rah: The touring at the end of the year! August, September and November.

Ari: We’re ready to put out new music, very ready!


Thanks to Faetooth, Rock in Bourlon, Don and David, who made this interview possible!

Photos: Emmanuel Poteau


 

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