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Joe Goddard , une des 2 voix du groupe, et Al Doyle, membre multi-cartes de Hot Chip et LCD Soundsystem, nous ont parlé juste avant de jouer en tête d’affiche de cette première journée de Pointu Festival. En 20 minutes et pas une de plus, sous les yeux d’une tour manager tatillonne…

Je sais que notre timing est serré alors j’irais droit au but parce que j’ai plein de question en stock. C’est votre septième disque. Qu’est ce que vous aviez en tête avant de le démarrer ? 

Al : Plein de choses en réalité. On souhaitait faire quelque chose d’assez direct, d’immédiat et surtout de concis. Nous avions conscience que nous avions beaucoup de chansons pour chaque disque et pour celui-ci, nous voulions nous discipliner pour être plus court que d’habitude. Je ne sais pas si c’est vraiment le cas mais on a l’impression que nous aurions pu être plus moins gourmand sur certains disques. C’était vraiment dur car nous avions beaucoup de chansons. Des titres qui auraient vraiment pu faire partie de la tracklist finale et qui collaient avec l’ambiance générale. A part ça, nous n’avions pas de plan précis. 

Philippe a été vraiment fort dans l’exercice de tri, d’équilibre et de nous aider à choisir parmi les morceaux. Bien au-delà de les faire sonner mais vraiment d’organiser la tracklist. 

Deux producteurs, deux approches.

Et ça fait 4 ans entre vos deux disques donc je suppose que vous deviez aussi vous réhabituer au travail ensemble, non ? 

J : On a été assez occupés avec nos projets solos mais on s’envoyait des demos et des idées régulièrement. Il y a 2 ans avec Alexis, on a travaillé pour écrire des morceaux pour Katy Perry et ça nous a permis de commencer les réflexions pour le nouveau disque a venir. Avant ça, nous avions démarré une liste de producteurs. Au niveau du process, nous n’avons jamais de thèmes en particulier en tête. On se concentre sur les chansons et on voit ce qui se passe. 

Comment ça vous est venu de travailler pour la première fois avec des producteurs extérieurs, Philippe Zdar et Roadaih Mcdonald, c’était un souhait pour ce disque précisément ou datant de plus longtemps ? 

On a eu énormément de discussions à ce propos. Des choix assez classiques : Brian Eno, Steve Albini, Daniel Lanois. Ces producteurs avec leurs méthodes, leurs sons, nous donneraient quelque chose de différent. Pour finir, nous avions déjà fini la plupart des chansons et des sons par nous-même dans notre studio avant que Philippe et Roadie soient impliqués. Ce sont donc de subtiles influences. Par exemple, “Spell” a été enregistré au studio de Philippe sur 7 synthés, tous dans la même pièce. Nous voulions faire ça initialement en le choisissant : venir avec un titre écrit mais enregistré à sa manière, avec son feeling. Très organique, amusant, ludique, c’était très agréable à faire.

Ces deux producteurs ont un nombre conséquent de disques de qualité en stock. Pourquoi les avoir choisi à deux justement ? 

J : Quand Philippe est venu à Londres dans notre studio, ça l’a fait de suite car c’était une personne si adorable et positive. C’était merveilleux de bosser avec lui dans son studio. On fait très attention à utiliser de vrais instruments, d’appliquer des effets spécifiques, d’utiliser des compresseurs. C’est des visions qui se marient vraiment. Tout comme James Murphy avec LCD Soundsystem. Par contre, Roadie n’a pas de set-up classique. Il préfère utiliser des ordinateurs et des plugs-ins. Ce qui donne un équilibre assez moderne et deux approches très différentes mais complémentaires. 

Consistance dans la durée.

Vous faites partie de ces rares groupes où il est dur de dire quel est votre meilleur album ou votre meilleur titre. Comment vous vous sentez par rapport à ça ? 

A : Quand les gens disent ça, t’as envie de répondre qu’on n’arrive pas à citer le pire morceau non plus. (rires)

C’est très gentil de ta part de dire ça et on apprécie vraiment ce genre de remarques. Nous sommes toujours excités par le présent et il est difficile d’ailleurs de simuler l’excitation pour des morceaux du passé. On y arrive en s’éloignant un max du matériau d’origine. Par exemple, “Boy From School” a complètement changé aujourd’hui dans sa version live : il manque le deuxième couplet, les montées ne sont plus les mêmes, etc… Ce n’est plus la même chanson en réalité mais ça nous permet de la garder neuve à nos yeux et intéressante. 

Nous sommes tellement actifs sur les festivals que si tu es allé à un festival sur les 5 dernières années, tu nous as forcément aperçu. C’est donc important de garder les choses différentes et excitantes pour nous et le public. C’est aussi bizarre que malgré que nous ayons des titres très connus, nous n’avons pas UN hit. Nos chansons ont tendance à rester en tête. C’est la même chose sur ce disque avec “Hungry Child” ou “Over and Over” dans le passé où apparemment nos titres collent bien avec le climat estival. C’est plus de travail pour en arriver là que si nous avions eu un énorme succès concentrer sur un tube. C’est un challenge très différent. 

Honnêtement, je vous écoute depuis 10 ans et c’est à chaque fois une surprise de découvrir que le nouvel album est toujours à la hauteur du précédent avec 2/3 tubes immédiats et une consistance globale. Et c’est la même chose pour LCD. 

J : Oui, je suis fier de cette concistance comme tu dis. Bon, après un tube stratosphérique serait toujours bon à prendre. On n’est pas contre ! (rires)

A : Notre management nous pousse toujours à faire un crossover avec LCD

Je me souviens quand j’étais en Australie, vous faisiez une tournée ensemble que j’ai raté à une semaine près. 

A : Oh, il n’est pas impossible que ça se représente tu sais ! 

En France, vous cartonnez plus que jamais avec des salles sold out hyper vite et un accueil très chaleureux. Est-ce que vous sentez une connexion particulière avec ce pays ? 

Je ne sais pas, nous sommes venus ici très rapidement. Nous n’avons jamais eu en tête de fonctionner d’abord en Angleterre avant de nous déplacer. Un de nos premiers shows a eu lieu aux Transmusicales de Rennes, il y avait les Beastie Boys d’ailleurs ! C’était très cool d’être accepté par cette communauté et la France a toujours été réceptive et accueillante. Nous avons eu aussi des moments charnières comme un des concerts que nous avons joué à Paris peu après les attentats de 2015. Ce genre de moments te rend plus proche de certains endroits. 

Je me souviens d’un concert à We Love Green où vous aviez ramené vos enfants sur scène pour le dernier morceau. 

J : Oui, on le fait de temps en temps. Ils adorent venir sur scène. Mes enfants sont à fond sur le dernier album et n’arrêtent pas de le chanter chez moi. 

A : C’est très mignon, les gens adorent. Ce qui est assez drôle, c’est que lorsqu’on le faisait au début ils avaient entre 3 et 5 ans. Maintenant, tu as eu des pics de croissance et la fille d’Alexis a bien grandi et elle fait quasiment sa taille : ça ne donne pas le même effet. (rires)

En parlant de festival, est-ce que vous même vous en êtes spectateur ? 

J : Notre préféré, c’est Glastonbury : nous sommes des énormes fans de cet endroit. En tant que spectateur, je ne vais pas trop dans les festivals maintenant car avec le groupe, on en joue une trentaine par an. Mais j’ai des souvenirs merveilleux où j’ai vu Springsteen, Neil Young, Bob Dylan, Radiohead, Oasis, White Stripes, Leonard Cohen, Jay-Z, Beyoncé. Il y a eu une tonne d’artistes en tête d’affiche sur la Pyramid Stage et cette année, Stormzy était très cool. 

On a eu des expériences assez marrantes : la première fois où on a joué là-bas, c’était sous un chapiteau sur une toute petite scène. La foudre a frappé la structure et le générateur a explosé donc notre show a été décalé de 5 heures et il y avait personne dans le public. 

A : Il y a aussi quelques festivals que nous avons pour habitude de faire et qu’on apprécie beaucoup : End of the Road, Number 6, Bilbao BBK. On regarde aussi pour jouer à Coachella l’an prochain, ça ne pourrait pas être plus différent que de jouer ici mais c’est le grand événement américain. 

Pour composer, enregistrer et vous inspirer, est ce que vous êtes influencé par l’endroit où vous êtes et est ce que vous avez déjà eu des destinations en tête ?

A : Oui, nous adorerions faire ça et ton environnement influence à fond ton état d’esprit. Bloquer sur un problème technique par exemple en enregistrant et se balader te permet de rafraîchir tes idées et de te vider la tête. On peut faire ça en ville aussi et c’est ce qui est arrivé lorsqu’on travaillait avec Philippe en plein Paris à Montmartre. Profiter de la vue du Sacré Cœur, admirer le paysage tout en buvant un verre de vin en sortant du studio, c’était incroyable. 

Quelle est la chose qui vous ait fait le plus rire, récemment en tournée ou pendant l’album ? 

On se marre non stop, Owen dans le groupe est hilarant par exemple. La semaine dernière pendant Glastonbury, nous étions dans les coulisses et il y avait des endroits avec des peintres en bâtiments et du matos de chantier. Il y avait des échelles et on a fait des photos stupides comme si on était en train de repeindre un toit. Comme nos costumes de scène sont des combinaisons blanches, c’était approprié. 

Merci beaucoup messieurs, je crois que ce sera la septième fois que je vous vois. 

A : Wow, t’es notre plus grand fan ! 

Oh, il y en a bien eu 4 ou 5 en festival parce que vous êtes partout. (rires)

Hot Chip, en clôture du premier jour du Pointu Festival

Le timing millimétré de la Tour Manager nous a squeezé quelques questions par faute de temps mais les Hot Chip ont fait danser Six-Fours comme personne d’autre ce week-end.