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Rendez-vous dans un café disquaire pour une interview des 2 têtes pensantes de TOY. Le 25 janvier, sort Happy In The Hollow et comme j’ai eu la chance de l’écouter, nous en avons causé avec Max et Tom.

Salut, comment ça va dans ce froid parisien ? 

On est arrivés hier pour une journée de promo dans ce café, c’est notre repère pour la journée avant Eurostar à 21h ce soir. 

Dans le communiqué de presse, il est écrit que sur cet album chaque chanson est une toile vierge. Et en effet, on ressent une ambiance différente d’un titre à l’autre. Pouvez-vous m’en dire plus sur votre état d’esprit avant de vous y mettre ? 

Nous avons beaucoup tourné et nous commencions à être claqués quand ça s’est terminé. Nous avions envie d’avoir une approche différente pour être sûr de ne pas se répéter. C’est pourquoi nous avons changé nos méthodes d’enregistrement et de mixage. Ça a été un long process car nous avons pris notre temps pour chaque étape de l’écriture à l’enregistrement. Nous avons été très occupés à faire cet album, comparativement aux précédents albums enregistrés dans un laps de temps très court. 

Pour la première fois, nous n’avons pas attendu d’avoir toutes les chansons écrites pour aller en studio. Ce qui nous a permis de réfléchir et d’expérimenter plus autour de quelques démos. C’est une démarche qu’on voulait collectivement et ça a donné un disque plus collaboratif et agréable à faire. Globalement, on a eu du temps et c’est ce dont nous manquions avant. La raison principale est liée aux coûts de studio. Avant, on devait passer par un studio où nous réservions des heures. Là, c’est plus cheap. Dan Carey qui a produit un de nos albums nous a permis d’utiliser son studio quand nous le voulions. On a donc mixé l’album pendant des siècles, c’est un luxe que l’on aurait pas pu s’offrir sans lui. 

Ca a été aussi l’opportunité pour inclure de nouveaux instruments, non ? 

Oui, essentiellement des machines pour les percussions électroniques. On a toujours voulu en utiliser. Aussi, cela nous a permis de donner un développement différent aux chansons dans leur construction. Avant, on arrivait, on enregistrait et la chanson était pliée. Là, on s’est permis de revenir sur des titres 6 mois après leur enregistrement. 

Faire ça seul et prendre son temps.

C’est aussi le premier disque que vous produisez et mixez seuls. Et en plus, vous signez chez Tough Love Records. Qu’en est-il de cette nouvelle dynamique ? Un nouveau départ ? 

Nouveau label, nouveau management, nouvelle manière de composer, ça nous donne l’impression d’un nouveau départ en effet. C’est très excitant ! On a juste hâte que le disque sorte maintenant et recueillir le retour du public. Quant à Tough Love Records, il n’y a pas beaucoup de groupes au sein du label donc on se sent mieux considérer. 

Vous avez fini l’album quand ? 

Nous avons terminé le mixage cet été. Ce qui n’est pas si mal en termes de délai. Depuis, on s’est occupé de la partie artistique : les pochettes, le clip, etc… Rien n’a été rushé cette fois. Il n’y avait aucune deadline particulière à respecter et j’avoue ne pas avoir envie de faire autrement maintenant. Pourquoi s’imposer une telle pression extérieure alors que tu peux profiter de ton environnement dans ces conditions pour écrire de manière plus libérée ? Précédemment, on s’est retrouvés parfois à prendre des décisions de dernière minute à propos de la tournée, de la pochette ou autre… 

Qui s’occupe de vos pochettes à et de vos clips ? Quelle attention portez-vous à votre univers visuel très cohérente d’un album de l’autre ?

Nous essayons de faire en sorte d’être impliqué dans tout. Nous avons toujours travaillé étroitement avec les artistes inclus dans les clips et pochettes. C’est important pour nous d’être heureux du résultat final. On réalise que l’engagement avec le public est différent aujourd’hui. L’idée est de faire comprendre que nous n’essayons pas de vendre quelque chose mais que nous prenons plaisir à proposer quelque chose de complet et c’est primordial pour nous que le premier contact avec le groupe soit de notre ressort. On se casse aussi la tête sur l’ordre de la tracklist et l’équilibre de l’album entier lors d’une écoute complète. On veut que l’expérience soit aussi physique, c’est aussi pour ça que nous sommes très contents que les gens rachètent des vinyles.

Cinéma, cinéma, tchi-tcha !

Des titres comme Jolt Awake et Charlie’s House sont très cinématographiques, vous avez un titre nommé Cinema, et la pochette a l’air aussi sorti d’un film. Quel rapport avez vous aux musiques de films et avez-vous déjà été approché pour ça ? 

Nous sommes super intéressés par un projet de la sorte et je pense que cela arrivera. Il faut juste que la bonne personne et le projet pertinent se présente. Nous écoutons d’ailleurs beaucoup de bande son de notre côté, on espère que ça se fera. 

Au delà des livres, des films et des disques que vous pouvez consommer. Est-ce que la ville où vous composez a une incidence particulière sur votre travail. Si oui, avez vous en tête un endroit où vous avez ressenti une vibe particulière où vous vous sentez à l’aise ? 

Oui, on adore voyager via les tournées et c’est une expérience assez intense et extrême qui nous inspire. Cela influence ton humeur, tu changes beaucoup d’endroit et d’ambiance et forcément ce que tu écris s’en ressent. Nous n’avons pas encore identifié de villes en particulier et Londres est un endroit intéressant pour composer en ce moment mais c’est une chose qu’on souhaiterait faire. 

Les sessions de Clear Shot avait débouché sur un EP supplémentaire. Est-ce que vous avez des titres en plus avec celui-ci ? 

Oui, nous préparons 3 éditions différentes de l’album selon la version que tu achètes. Chez Rough Trade par exemple, tu auras un EP avec deux covers, un remix de Sonic Boom et un autre titre. Nous allons essayer aussi d’étendre ça un album de covers à paraître l’an prochain. 

Avant ce disque, vous n’avez pas arrêter : vous sentez le besoin de ralentir la cadence ? 

Comme avec beaucoup de groupes, tu écris à l’énergie sans te poser de questions au début. Maintenant, c’est différent et on pense qu’en prenant le temps on aura une musique originale et intéressante. C’est ok pour nous en tout cas de prendre notre temps à présent. 

Le projet SEXWITCH. Avec Natasha Khan de Bat For Lashes, aussi réalisé à l’époque avec Dan Carey. Quels sont vos souvenirs de ce projet ? 

Ça a été fait très rapidement. Elle n’était pas avec nous au moment des enregistrements. Dan Carey a choisi ces titres très obscurs issus des années 60, nous les avons écoutés plusieurs fois afin d’en faire nos propres versions. Nous avons enregistré le disque en deux sessions, avons été payé pour et nous sommes passés à autre chose. Plus tard au moment de la sortie, ça a fait un peu de bruit mais je n’ai pas de souvenir particulier car ça s’est fait très vite. Cela nous a permis de travailler différemment et de jouer de nouvelles choses car les rythmes iraniens sont assez éloignés de ce que l’on joue. 

Assez discrets, difficile de trouver des interviews sur vous alors que vous tournez beaucoup et que vous êtes productifs avec 4 albums en 6 ans. L’album s’appelle Happy In The Hollow : juste une coincidence ?

Non, rien n’est coïncidence. C’est exactement ce que nous voulons, nous n’avons pas été très visible ces derniers temps et disparaître nous a fait le plus grand bien. 

Vous avez déjà une liste de dates de prévu en Europe en 2019. Comment prévoyez vous la prochaine tournée ? Je me souviens de votre passage à la Route du Rock 2014. Comment vous voyez la cohabitation avec vos anciens morceaux ? 

Beaucoup de nouvelles chansons et essayer de faire ça différemment. Plus proche des disques, moins de jam, ce sera plus de travail pour nous mais je pense que ce sera bénéfique pour le public. 😁

Une écriture démocratique.

Par rapport à votre manière d’écrire, est-ce qu’il y a quelque chose qui a changé ? 

Ça a toujours été très démocratique mais plus cette fois comme un laboratoire. On pouvait passer de 2 à 5 personnes dans le studio et s’échanger nos parties pour les retravailler. On se sent très à l’aise à composer ensemble car on se connaît très bien et ça nous plaît beaucoup. Nous n’avons rien à nous nous prouver, personne n’a de poste défini, nous écrivons en équipe. 

Encore par rapport au communiqué de presse, vous avez dit que le disque était comme un champ de bataille. J’attendais donc quelque chose de très agressif et ce n’est pas le cas du tout. Tout est assez ouvert, les genres se mélangent. 

Oui, nous adorons les albums qui fourmillent de détails et la dernière chose que nous souhaitons, c’est de s’ennuyer. Aujourd’hui, il y a beaucoup de musique assez chiante hélas, avec peu de détails à la clé et de textures. 

On est dans un magasin de disques et j’ai pour habitude de demander aux groupes leurs derniers coups de cœurs. Qu’est ce que vous écoutez ? 

Beaucoup de vieux disques, je suis toujours en quête de ce qui s’est produit dans le passé. Mais dans l’absolu, nous n’avons pas écouté grand chose pendant l’écriture. Même lire un livre, nous n’avions pas envie d’être déconcentré. Nous essayons de sortir quelque chose qui nous ressemble sans être influencé ou essayer de se rapprocher d’un style, d’un public ou d’un groupe en particulier. Tout le monde dit ça mais on a vraiment aucun intérêt à faire partie de tout ça. 

Tu peux le ressentir en regardant en arrière sur toute votre discographie, qui est une extension de votre propre son. 

Oui, on essaie de se découvrir nous-même. C’est notre but à travers notre musique comme nous sommes aussi très différents les uns des autres au sein du groupe. 

Clin d’œil pour finir : vous avez des news de The Horrors ? Leur dernière tournée l’an passé était excellente dans des salles plus petites. 

Oui, nous sommes toujours amis. On se voit moins qu’à une période, on est tous assez occupés. On voit beaucoup Rhys, il est très impliqué dans la musique et dans les soirées. Il a d’ailleurs passé des disques en première partie à un de nos concerts. Je suis d’accord aussi avec l’intérêt que tu portes aux plus petites salles. Ça rend toujours le concert plus personnel et intéressant. 

Vous aussi vous aimez les concerts en salles ? TOY sera bientôt au Petit Bain et aussi ailleurs en France, notamment à la Route du Rock Hiver ! Merci à Marion de chez Differ-ant encore une fois et au café disquaire pour l’accueil.