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Contacté via Twitter une fois arrivé en France, Jason Keece nous a accordé une interview d’une heure pour nous parler de leur dixième album, de la carrière des Trail of Dead, de la ville d’Austin et d’instruments perdus par Air France…

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Désolé d’être en retard, Air France a perdu une partie de nos affaires. Nous avons nos amplis et notre batterie, mais nous n’avons pas nos guitares. Notre première partie nous a partagé son matériel. Heureusement, nous partageons une partie de notre matériel pour toute la tournée.

La tournée vient juste de commencer et vous avez un mois entier prévu au Royaume-Uni, en Allemagne et aux Pays-Bas.

Le nouvel album est sorti, il est logique que nous soyons très actifs. Il y a un an, nous étions déjà là pour la tournée de Madonna. Nous sommes ensuite allés au Japon pour une série de dates et ensuite nous avions du temps pour écrire l’album.

Retour à la case départ.

Pour le nouveau disque, vous vous êtes retrouvés à deux avec Conrad. Comment cela s’est-il passé et comment avez-vous travailler ?

Autry Fulbright et Jamie Miller sont allés faire d’autres choses. Autry est co-gérante de Flying Lotus et Thundercat. Jamie est le batteur de The Bad Religion. Conrad est rentré du Cambodge pour Austin et nous étions avec notre producteur Charles. Des gens sont venus nous aider pour jouer quelques parties. C’était la première fois depuis le début que nous n’étions qu’un duo. C’était un peu bizarre, on commençait par la batterie et les guitares, puis on construisait autour. Mais si le squelette du morceau est là, tu peux avancer et trouver un groupe plus tard pour le jouer sur scène. Mon pote Alec nous a rejoint à la basse et il a amené notre nouveau claviériste. Cela peut être décourageant, mais nous sommes déjà passés par-là.

“Conrad est revenu à Austin et on a commencé par virer tout le monde : le management, les agents de booking, etc. Et nous étions à un point où tu ne sais pas exactement ce qui peut arriver.”

J’ai redécouvert le groupe avec la sortie de IX et j’ai adoré le sens de l’urgence, le côté épique et la façon dont la complexité des mélodies ne bloque jamais le rythme d’une chanson. Vos morceaux sont toujours en mouvement et ça envoie comme sur “All Who Wander” ou “Into the Godless Void”. Et si on prend un autre exemple comme “Blade of Wind”, ce sont des notes de clavier qui servent de colonne vertébrale à la chanson. Comment vous vous y prenez pour arriver à un résultat aussi varié ?

Notre approche de la musique est très éclectique et ouverte : il est important de ne pas être lié à un seul son, d’être libre de ses choix d’écriture. “Blade of Wind” est une chanson plutôt électro et basée sur un beat mais c’est juste le résultat de ce que nous écrivons. Le dernier album est vraiment axé sur la guitare mais il y a aussi beaucoup de musique électronique. Conrad collectionne les synthés depuis un certain temps : il en a 15, il fait des concerts électroniques en solo. C’est plus agréable pour expérimenter et cela nous influence. Une chanson comme “Gone” a commencé avec un piano et un beat, puis nous avons ajouté des couches par-dessus. Au contraire, il y a d’autres chansons qui étaient faites de A à Z. “Godless Void” était juste cette putain de chanson avec des riffs, Jamie a joué de la batterie dessus et la structure a été faite en 30 minutes. Parfois, ce n’est pas le cas et on se demande comment il est possible d’y arriver… (rires)

Que ressentiez-vous à l’idée de sortir un nouveau disque après tant d’étapes dans la carrière du groupe ? Et par où commencer en termes d’écriture : page blanche et jamming ou vous avez toujours des chansons en stock ?

Conrad est revenu à Austin et on a commencé par virer tout le monde : le management, les agents de booking, etc. Et nous étions à un point où tu ne sais pas exactement ce qui peut arriver. Puis, notre nouveau label est arrivé et a voulu nous signer : c’est fou car nous n’avons même pas essayé à ce moment-là de trouver un label. Sans plan, nous avons décidé d’aller dans une pièce et de commencer à écrire. On a fait des putains de jams pendant des heures, on a eu des heures d’enregistrements et on a tout jeté. On aimait certains passages, on était dans l’expérimentation avec un peu de kraut-rock. Mais c’était une façon de mettre les choses en mouvement. Nous avons rencontré notre producteur, Charles Godfrey, et cela nous a aidé à donner une direction à ce que nous écrivions. Quand vous avez fait dix disques, vous ne voulez pas vous répéter et vous voulez être authentique et aller de l’avant. Nous sommes un groupe depuis longtemps et j’ai du respect pour les gens qui ont continué et fait de grands disques tout au long de leur carrière. Comme Nick Cave. Toujours en train de sortir quelque chose de nouveau, quelque chose bien à lui et pas chiant. Cela dépend si tu es fan bien sûr, mais au moins, il essaie. Nous voulons être dans cet état d’esprit, faire partie de cela.

Il est évident que vous l’êtes. Faire quelque chose qui semble personnel, en constante évolution, ne pas se répéter : c’est très agréable en tant qu’auditeur.

Les gens réagissent assez bien au nouveau disque : personne ne l’a dénigré ou n’a dit que c’était de la merde, c’est très agréable. Nous avons essayé de faire notre version du Top of the Pops.  Chaque chanson sera pour nous un hit ou un classique. J’ai grandi en écoutant de la musique qui n’a jamais été vraiment mainstream. Tous mes groupes préférés n’ont jamais été dans les charts, donc mon Top 10 est probablement à l’opposé de ce qui se passe dans la musique d’aujourd’hui. Quand j’étais enfant, j’écoutais du punk rock comme Fugazi mais aussi du hip-hop comme Public Enemy, A Tribe Called Quest… Il est intéressant de penser que certaines des meilleures chansons n’ont jamais fait partie du Top 40.

L’époque Interscope.

Il y a sûrement une raison à cela. Je me souviens de vous avoir vu ado sur MTV2 qui venait d’être diffusé en France et d’avoir littéralement bloqué sur la longueur de votre nom. Comment voyez-vous cette période ?

C’était bizarre parce que chez Interscope il y avait Eminem, Nine Inch Nails, Queens of The Stone Age, 50 Cent et Limp Bizkit. Quelle était notre place dans tout cela ? Jimmy Iovine nous a beaucoup soutenus et comme il était lui-même producteur pour Tom Petty, Patti Smith et tout les autres, il savait ce qu’il faisait. Il comprenait la mentalité artistique et le label nous laissait faire ce que nous voulions. Quand Source Tags & Codes était fini, ils nous ont dit que c’était un grand disque et qu’ils voulaient le promouvoir. C’est devenu plus compliqué quand Jimmy s’est moins impliqué dans l’aspect musical et plus dans le business. Il était également en plein divorce suite à une liaison avec l’une des Pussycat Dolls, il avait donc d’autres choses à faire que de s’occuper de nous. Et puis il a mis en place Beats et maintenant, il est milliardaire. Mais il y a eu une lune de miel : nous avons eu la chance de traîner ensemble, nous sommes allés à son manoir où vous le voyez sur une photo avec John Lennon en train de produire un disque en solo. C’est comme ça qu’il a commencé : il a nettoyé le studio pour Lennon avant d’enregistrer et il lui a demandé s’il était capable de faire ceci ou cela. En France et en Allemagne, Universal était cool, mais au final, nous n’étions pas assez raffinés pour être un groupe de pop.

Même chose avec At The Drive-In à l’époque. Relationship of Command était populaire jusqu’à une certaine taille, mais ce n’est pas un groupe fait pour les stades.

Nous étions beaucoup avec eux, nous les croisions en tournée et nous avons beaucoup d’amis en commun mais je ne dirai pas que nous faisions partie de la même scène. Mais nous venons du même monde avec des concerts en sous-sol et des références post-punk. Cela aide à construire sa personnalité en tant que groupe. Cette période était intéressante parce que la musique à la guitare a connu des succès mainstream ensuite avec The White Stripes, The Strokes, Modest Mouse et… Limp Bizkit. Mais nous n’avons jamais rencontré Fred Durst.

La première fois que je vous ai vu c’était à Berlin pour le précédent disque. Il semble que vous ayez un lien particulier avec l’Allemagne puisque vous avez enregistré un disque là-bas.

Ca a commencé par l’Angleterre puis l’Allemagne quand nous avons sorti Worlds Apart, ce disque leur a parlé et ils ont été cools avec nous. Avant d’aller là-bas, la seule chose que je connaissais était le krautrock, Wings of Desire, Nick Cave qui joue dans des caves merdiques et Rammstein. Je ne savais pas à quoi m’attendre de la part du public, mais nous nous sommes fait beaucoup d’amis et nous avons beaucoup de chance d’avoir connu cela. Nous avons des amis qui sont à Austin et qui jouent dans des groupes locaux et c’est difficile d’y arriver car l’occasion ne s’est pas présentée.

Austin City Limits ?

À ce propos, comment voyez-vous la croissance d’Austin en tant que ville et musicalement ? D’ici, on entend beaucoup parler du festival Austin City Limits, du South by Southwest, du festival Levitation. Mais est-ce que la nouvelle ville cool aux USA comme on veut nous le raconter ?

Il y a des années, la ville était plus petite et il y avait un sentiment de communauté lorsque des groupes comme Explosions In The Sky et Black Angels sont sortis. Il y avait des lieux pour faire démarrer ces groupes. Quinze ans plus tard, c’est devenu la Silicon Valley du Sud après qu’Amazon, Google et d’autres se sont installés. La ville a changé : gratte-ciel, hôtels, bâtiments modernes. C’est incroyable comme la gentrification s’est accélérée et il devient de plus en plus difficile pour les musiciens de travailler dans un restaurant, puis de jouer quelque part en ville et de payer le loyer.

J’ai de la chance car j’ai acheté une maison il y a des années dans un quartier pauvre d’Austin. C’est ce que je pouvais me permettre. Maintenant, dans mon quartier, ils démolissent des maisons pour construire autour de moi ces maisons qui valent des millions de dollars. La valeur de ma maison est bien plus élevée, mais elle était autrefois entourée de drogués et de prostituées. Maintenant, il y a des gens avec des bébés, des chiens et des blancs partout. Bien sûr, le quartier est moins dangereux mais il n’a jamais été horrible. Les gens pouvaient vous voler, mais les dealers de crack étaient cools et ils laissaient ma maison en dehors de ça. (rires)

Nous avions beaucoup de salles de musique à l’époque. Mais avec des amis, nous avons dû former une coalition appelée le Red River Cultural District pour lutter contre la gentrification et la hausse des loyers. La raison pour laquelle les gens sortent, c’est pour voir des spectacles. Si vous les remplacez par des cafés, des Starbucks ou des McDonald’s, c’est foutu. Le maire a été vraiment bon puisque 20 millions sont répartis pour soutenir les arts. Peut-être qu’une partie de la solution est liée aux entreprises de la tech devant aider à financer la culture. En fin de compte, j’essaie de ne pas me plaindre, c’est juste la réalité.

Comme vous y étiez ici il y a un an avec la tournée Madonna : comment se sont déroulés les concerts français au fil des ans ?

Ça a commencé vraiment mal : personne ne se souciait de nous, même pendant Source Tags & Codes. Mais nous avons continué à revenir et même si cela n’a jamais été massif, la relation est bien meilleure maintenant et la dernière fois que nous étions là, c’était un super show. Nous avons des amis, nous avons fait une tournée avec La Femme en Amérique : ce sont des potes maintenant. J’ai des gens à appeler si je dois dormir sur un canapé. C’est comme ça que je juge la qualité d’une ville maintenant. (rires)

A moins que nous ne nous fassions remarquer par un one-hit wonder en France, nous jouerons toujours dans ce type de salle ou à La Maroquinerie et c’est génial.

Avec un nouveau casting, peut-on encore s’attendre à une rotation entre vous derrière la batterie, les guitares et la basse ? La première fois que je vous ai vu, je me disais : WTF, ils sont toujours en mouvement.

Dans le nouveau line-up, j’échange avec Ben, qui joue de la guitare, à la batterie. Comme tout le monde en fait, nous sommes tous multi-instrumentistes et il n’y a pas de rôle assigné. C’est comme ça que nous avons toujours été : pour notre premier concert, Conrad et moi changions constamment d’instrument. “Qui joue quoi ?” (rires)

Avec 10 disques au compteur, la préparation de la setlist peut être un sacré casse-tête. Comment vous faîtes ?

Cette setlist est une jolie variation. Nous ne voulons pas balancer le nouvel album à la gueule des gens : il y aura des morceaux de X, mais aussi des choses que nous avons écrites il y a 25 ans. Si nous les jouons encore maintenant, cela veut dire que ce sont des bonnes chansons.

Qu’écoutez-vous-en ce moment ?

Oh, c’est une question d’humeur. La playlist Spotify que nous avons dans le bus est dingue : de Kate Bush à Refused. Je te montre. J’écoutais Brockhampton dernièrement, mais ça va dans tous les sens : Royksopp, Gotan Project, Pantera, The Mars Volta, Beach House, Justice, INXS… C’est comme lorsqu’on fait des disques : on n’a pas un seul genre, donc c’est la même chose avec ce qu’on écoute.

Vous êtes également connu pour vos pochettes de disques : quelle est l’inspiration derrière celle de X ?

 

Conrad est vraiment passionné par les représentations féminines et notamment les déesses, elles sont donc un peu le fil rouge pour nos pochettes. Il est à fond dans la science-fiction, le fantastique et cela se ressent dans notre groupe. Il écrit un livre qui est comme si Games of Thrones rencontrait Dune avec des batailles, plusieurs univers qui s’affrontent, etc… La couverture est une référence au livre.

 

 

En tournée ou en studio, quelle est la dernière chose qui vous a fait rire ?

Nous nous marrons tout le temps mais nous nous envoyons en permanence des trucs foireux par messagerie et hier, alors que nous étions à Dunkerque, Conrad nous a envoyé une photo en rapport avec le Carnaval. Autre chose : cette photo a été prise dans ma rue à Austin juste avant de partir en tournée. A l’intérieur de cette voiture, il y a notre tour manager qui se prend une amende par la police pour excès de vitesse. (rires)

Merci à Jason pour sa disponibilité, son honnêteté, son sens de l’humour et de nous avoir mis une deuxième baffe en deux ans au Petit Bain.

ENGLISH VERSION

Sorry for being late, I’ve just learned we should get our gear back within the hour. We have our amps and our drumset, we just don’t have our guitars. Our opening band shared us their gear. We did great last night as we already share some gears for the whole tour. 

The tour just started  and you have a full month scheduled around UK, Germany and Netherlands. 

The new album came out, it makes sense that we should be very active. A year ago we were already here for the Madonna tour. After we went to Japan for a set of dates and in the end, we were kind of quiet and had to finish it. 

Back to Basics.

For the new record, you went back to being two with Conrad. How did it happened and how did you figure out how to work as a two-piece band?

Autry Fulbright and Jamie Miller went to do other things. Autry is co-managing Flying Lotus and Thundercat. Jamie is Bad Religion‘s drummer. Conrad went back to Austin from Cambodia and we were with our producer Charles. People came out to help us to do some parts. It was the first time since the beginning we were only a two-piece. It was a little weird, starting with drums and guitars and then build around it. But if the skeleton is there, you can figure it out and find a band later on to do it on stage. My friend Alec joined us on bass and he brought our new keyboard player. It can be daunting but we’ve been here before.

I re-discovered the band with the release of IX and loved the sense of urgency, the epicness and how the complexity of the melodies is never blocking the pace of a song. It’s always moving, kicking ass and you can hear it in All Who Wander, Into the Godless Void. And if you take “Blade of Wind”, keyboard notes works as a backbone for the song. How do you make the pieces of the puzzle fits? 

Our approach to music is very eclectic and open: it’s important to not be tied to one sound, be free with where you go with your writing. “Blade of Wind” is beat driven and electronic, but we were not concerned by it. It’s just what we are writing. The last album is really guitar driven but there is a lot of elements of electronic music. Conrad has been collecting synths for a while: he has like 15 different synths, doing electronic shows and it’s nicer to experiment and it influences you. A song like “Gone” just started with a piano and a beat and then, we added layers on top of that. On the contrary, you have other songs which were already fully realized. “Godless Void” was just this fucking riff-driven song, Jamie played drums on it and the basic structure was done in 30 minutes. There is a couple of tracks like this on the record but sometimes, it can last forever.

How do you feel about releasing a new record after so many phases within the band’s career? And where do you start in terms of writing: blank page and jamming or you always have something from the past? 

Conrad came back to Austin and it’s started out with us firing everybody: management, booking agents, etc. And we were at a point where you don’t know exactly what can happen. Then, our new label reached us and wanted to sign us: crazy as we didn’t even try at that time to find a label. Without a plan, we decided to go into a room and start writing. We were just fucking jamming for ages, had hours of recordings and we hated everything. We loved some parts, felt experimental with a krautrock feeling but in the end, it was a way to get the gears in motion. We met our producer Charles Godfrey and it helped to give us a direction on what we were writing about. When you have done 10 records, you don’t want to repeat yourself and you want to be organic, genuine, alive. We have been a band for a long time and I have respect for people who have continued and made great records throughout their career like Nick Cave. Always putting out something new, something him and it’s not boring. It depends if you’re a fan of course but at least, he’s trying. We want to be in that mindset, be a part of that.

Obviously, you are. Doing something which feels personal, constantly evolving, not repeating yourself and it is very pleasing as a listener.

People are responding quite well to the new record: nobody trashed it or said it’s a piece of shit, it’s just nice. We were trying to do our version of the Top of the Pops 20.  Each song to us will be a hit or a classic. I grew up listening to music that was never really mainstream. All my favorite bands were never on the charts so my Top 10 is probably the complete opposite of what’s going on music today. When I was a kid, I was listening to punk rock like Fugazi but also hip-hop like Public Enemy, A Tribe Called Quest… It is interesting to think some of the top music never made the Top 40.

Interscope.

Maybe there is a reason for that. I remember seeing you as a young teenager on MTV2 which was just available in France and literally being stuck by the length of your name. Looking at it now, how do you see this period of time?

It was weird because Interscope had Eminem, Nine Inch Nails, Queens of The Stone Age, 50 Cent and Limp Bizkit. Where did we fit in? Jimmy Iovine was very supportive and as he was a producer himself for Tom PettyPatti Smith and all, he knew what he was doing. He understood the artistic mentality and the label let us do whatever we want. When Source Tags & Codes was made, they told us it was a great record and they wanted to promote it. It became more complicated when Jimmy was less implicated into the musical aspect and more onto the business. He was also into a middle of a divorce following a potential affair with one of the Pussycat Dolls so he had other stuff to deal than us. And then he put in place Beats and now, he’s a billionaire. But there was definitely a honeymoon: we had the chance to hang around together, went to his mansion where you see him on a picture with John Lennon producing a solo record. That’s how he started: cleaning the studio for Lennon before he was recording and he asked him if he was able to do this or that. In France and Germany, Universal was cool but in the end, we were just not too polished enough to be a pop band.

Same thing with At The Drive-In at that time. There were popular with Relationship of Command until a certain size but it’s just not a band made for stadiums.

We were a lot with them, crossing them while touring and we have a lot of friends in common but I won’t say we were part of the same scene. But we are from the same world with basement shows and post-punk references. It helps to build character. That time period was interesting because guitar music hits in the mainstream with The White Stripes, The Strokes, Modest Mouse and… Limp Bizkit. We never met Fred Durst, though. (laughs)

First time I saw you was in Berlin following the previous record. It seems you have a special connection with Germany right as you recorded an album there? 

UK and then Germany when we released Worlds Apart, this record spoke to them and they have been good to us. Before going there, the only thing I knew was krautrock, Wings of Desire, Nick Cave playing in shitty basements and Rammstein. I didn’t know what to expect from the crowd, but we made a lot of friends and we are very fortunate to have that. We have friends who are in Austin playing in local bands and it’s hard to make it as the opportunity did not rise.

Austin City, Limits?

About this, how do you see Austin growing as a city and musically? From here, we hear a lot about Austin City Limits Festival, South by Southwest, the Levitation Festival…

Years ago, it was smaller and there was a sense of community as bands like Explosions In The Sky and Black Angels came out. There were some venues to get these bands to start. 15 years later, it became the Southern Silicon Valley as Amazon, Google or whatever settled down. The city changed: skycrapers, hotels, modern buildings. It’s incredible how gentrification went fast and it’s getting harder for musicians to work in a restaurant, then play somewhere in the city and then pay the rent.

I’m lucky: I bought a house years ago in a poor area of Austin, because that’s what I could afford. Now in my neighborhood, they are tearing down houses to build these million-dollar homes around. My house value is way higher but it used to be full of crackheads and prostitutes. Now it’s people with babies, dogs and white people everywhere. Of course, the neighborhood is less dangerous but it was never awful. People could steal your shit but the crack dealers were cool with me and let my house off of it. (laughs)

We had a lot of music venues back then. With friends, we form a sort of coalition called the Red River Cultural District to fight the gentrification, the rising rents. The reason people are going out is to see shows. If you are replacing them by coffee shops, Starbucks or McDonald’s, that’s fucked. The mayor has been really good as 20 million are being spread to support the arts. Maybe a part of the solution is related to tech companies helping to fund culture. In the end I try not to complain it’s just the reality.

As you were there a year ago with the Madonna tour: how have been the French gigs over the years? 

It started really shitty: nobody cared about us, even during Source Tags & Codes. But we kept coming back and even if it has never been massive, the relationship is a lot better now and the last time we were here it was a good night. We have some friends, we toured with La Femme in America: they are homies. I have people to call to, if I have to sleep on a couch. It’s how I judge a city by now. (laughs)

Unless we are getting big with a one-hit wonder in France, it will always be this type of venue or La Maroquinerie and it’s great.

With a new cast of members, can we still expect all the rotation between you guys behind the drums, guitars and bass? First time I saw you I was like: WTF, they are always moving.

The new line-up I switch between Ben who is playing guitar and drums. Like everybody in fact, we are all very instrumental and there’s no assigned role. It’s how we have always been and how we do music: the first show was Conrad and I switching instruments. “Who plays what!?” (laughs)

Preparing the setlist can be a pain in the ass with so many songs in the bag. How do you choose? 

It’s covering old and new ones, the whole setlist is a nice variation around everything. We are not shoving the new album down someone’s throat: they will be some but also stuff we wrote 25 years ago. If we are still playing it now, it means it’s a good song.

What are you listening to at the moment? 

Oh, it’s such a mood thing. The Spotify playlist we have in the bus is crazy: from Kate Bush to Refused. Let me show you. I was listening Brockhampton lately but it goes all over the place: Royksopp, Gotan Project, Pantera, The Mars Volta, Beach House, Justice, INXS… It’s how we make records: we don’t have one genre so it’s the same with what we are listening.

You are also known for the artworks of your records: what is the inspiration behind this one? 

Conrad is really into the power of the goddess and the female representations has been a common thing for our covers. He’s into Sci-Fi, fantasy and leaks to our band. He has been writing a book which is like Games of Thrones meets Dune with groups of people clashing and different worlds. The cover is a reference to the book. 

On tour or in the studio, what is the last thing that made you laugh?

We laugh all the time but we send each other fucked up things via texts and yesterday as we were in Dunkerque and it is famously known for its Carnivale, Conrad sent us a funny picture about it. Other thing: this pic was shot in my street in Austin just before taking off for this tour. Inside this car, there is our tour manager getting fined by the police for a speeding ticket. (laughs)

Thanks to Jason for its time, sense of humor  and to his band for kicking our asses one time again at Le Petit Bain.