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Le 15 novembre Verdun sortira “Astral Sabbath”, leur nouvel album qui devrait se faire une belle place dans les tops de fin d’année des gens de goût.

On a profité de leur récent passage parisien pour aller interroger, de gauche à droite : Jay Pinelli (guitare), David Sadok (chant), Florian Celdran (basse) et Géraud Jonquet (batterie).

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Sévice National

Ce soir vous terminez le tour de France qu’était la tournée Sévice National. Fange plus Verdun ça fait une belle affiche, comment vous avez organisé ça ?

Géraud : En fait on se connait depuis un moment avec Matthias et les Fange. On en parlait depuis un petit moment et là c’était l’occase puisque nous ça faisait un an et demi qu’on n’avait pas joué. Du coup on s’est dit que ce serait cool de faire cette petite semaine ensemble.

Ça fait 5 dates en 5 jours et pas mal de kilomètres parcourus, vous êtes pas trop morts ?

Flo : Si si ! (rires) On est carrément morts mais c’est là qu’on est les meilleurs. Quand on est bien fatigués avec la bonne gueule de bois, en général c’est là qu’on peut tirer le meilleur de nous-mêmes, je nous connais.

Du coup, toujours pas Verdun à Verdun ?

Flo : On y est passés en plus ce matin ! (rires) On s’est arrêtés à l’aire d’autoroute à côté de Verdun, je crois que c’est le plus proche qu’on ait fait.

D’ailleurs Sabaton a fait sa promo et tourné des vidéos à Verdun. Vous êtes pas dégoutés de vous être fait doubler ?

Flo : Ah ouais, putain…

Géraud : Je sais pas… Faudrait demander à Jordan.

Flo : Ouais, notre ingé son a travaillé avec Sabaton.

Astral Sabbath

Le 15 novembre vous sortez votre deuxième album « Astral Sabbath » qui a été enregistré par Cyrille Gachet. Comment s’est passé l’enregistrement ?

Géraud : En fait on a loué un lieu qui s’appelle La Pierre Noire dans le Cantal, une ancienne école qui a été transformée en salle de concerts. On a passé dix jours enfermés là-bas à bosser avec Cyrille, à faire que ça. On appréhendait un peu parce qu’on s’était toujours enregistrés que nous-mêmes, on n’avait jamais bossé avec quelqu’un. Au final, hormis quelques problèmes vestimentaires, tout s’est super bien passé.

Flo : Il y a très vite eu du laisser-aller. Tout le monde était en jogging et pantoufles. C’était pas hyper « doom rituel satanique ». C’était vraiment jogging pantoufles pendant une semaine.

Dans le communiqué de presse on peut lire qu’au lieu de vous reposer sur un volume assourdissant vous vous êtes concentrés sur l’écriture de tracks mémorables. Est-ce que c’est ça l’esprit de cet album ?

Géraud : Ouais, ça c’est la verve de Matthias. (rires) Je pense que c’est pas vraiment « mémorables » mais un peu plus catchy quoi. On a peut-être essayé de faire un truc un peu plus efficace. De toute façon on a jamais été un vrai groupe de doom…

Au début vous revendiquiez des influences un peu psyche.

Géraud : Ouais au début mais chaque disque a pas été composé avec les mêmes personnes et là du psyche il y en a pas vraiment.

Flo : Oui juste une petite touche mais pas plus quoi. En fait avant on a toujours enregistré nos albums avec deux guitaristes.

Line up

Oui justement, c’est la première fois que vous jouez avec un seul guitariste ?

Flo : Oui, ça a un peu changé notre manière de composer les morceaux. Avant on fonctionnait beaucoup par couches de guitares. Maintenant vu qu’il n’y en a plus qu’une, ça nous a obligés à réimaginer notre manière d’écrire les morceaux. A inscrire les mélodies dans les riffs plutôt que de les rajouter par-dessus… Du coup forcément ça enlève un peu ce côté psyche qu’on pouvait avoir jusqu’à présent.

“Ça nous a obligés à réimaginer notre manière d’écrire les morceaux. A inscrire les mélodies dans les riffs plutôt que de les rajouter par-dessus…”

Au chant on retrouve David. Au niveau des enregistrements ça ne change rien vu que tu n’étais absent qu’entre les deux albums. Comment ça s’est passé ton retour, ça a changé quelque chose ?

David : Absolument rien ! On est repartis, j’ai littéralement réenfilé les pantoufles que j’avais laissées. J’ai même pas posé de questions d’ailleurs. Ils m’ont écrit. Ils m’ont dit « Faut qu’on te parle. » et ils avaient tout prêt. Ils m’ont dit « Dans quatre mois faut qu’on soit en studio, t’es chaud ? » et let’s go.

L’histoire

On va faire un point sur l’histoire parce que ça commence à devenir compliqué. Sur le premier EP l’amiral Masuka survit à l’apocalypse nucléaire et pour comprendre pourquoi il est le seul survivant, il part chercher Dieu dans l’espace. Le premier album c’est son introspection alors qu’il dérive et à la fin on ne sait pas s’il meurt ou pas.

David : A la fin du premier album il se jette dans un trou noir en fait, littéralement. Il y a de la SF, mais aussi un peu de métaphysique. C’est pas premier degré « les religions c’est de la merde » ou des choses comme ça. Il subit des mutations et à la fin il se jette dans un trou noir en espérant peut être trouver les réponses ailleurs ou à la rigueur s’il ne les trouve pas, il sera propulsé à travers tout l’espace et les différents espace-temps en tant qu’une forme qui compte corrompre toute forme de vie.

“C’est une boucle temporelle en fait. L’idée c’est que la fin de ce troisième album soit le début du premier.”

Au début du nouvel album, il erre à travers tous les multivers sous cette forme un peu quantique que j’appelle le Demon-Masuka. Une forme pas vraiment corporelle, c’est de l’info. Et il cherche à se réincarner dans un corps. C’est en fait toute l’histoire du nouvel album. Sans préciser les dates, on se rend compte qu’il possède un homme, comme une possession démoniaque, et le pousse à tuer sa femme selon un rituel afin qu’elle donne naissance à un enfant nouveau, une nouvelle forme d’humanité qui serait son nouveau corps à lui.

Mais là techniquement, il est revenu dans le temps ? Parce que tout le monde est mort en théorie.

David : C’est une boucle temporelle en fait. L’idée c’est que la fin de ce troisième album soit le début du premier. Il se donne naissance à lui-même. Après je sais pas si on continuera ses aventures mais l’idée c’était un peu ça. Comment terminer un truc sans rester sur sa faim ? Autant essayer de faire style que c’est intelligent et qu’on l’a pensé depuis le début.

Le clip

Vous avez sorti un clip pour « L’Enfant Nouveau », monté par David à partir d’images du film Beyond The Black Rainbow.

David : Ouais, t’aimes bien ?

Oui bah du coup j’ai vu le film à cause de vous.

David : Et alors ?

J’ai beaucoup aimé. Donc comme vous superposez un peu cette histoire à la vôtre, l’enfant nouveau ce serait Elena, l’enfant du film ?

David : En fait si je m’étais servi de Beyond The Black Rainbow pour écrire « L’Enfant Nouveau » c’était plus pour l’idée de la traque et du sacrifice. Le mec qui est corrompu par cette forme quantique, qui erre entre la folie et la réalité et qui a quelque chose qui le pousse à tuer un être qu’il aime. C’est plus le côté chasse que j’aimais dans le film. Je sais pas si tu l’as vu en entier du coup ?

Oui.

David : Il y a un peu un côté chaperon rouge moderne, tu vois. C’est un film qui m’avait beaucoup marqué.

“Il y a un peu un côté chaperon rouge moderne.”

On a pas un film sur Masuka. Si un jour on a les thunes pour le faire on le fera surement tu vois mais Masuka c’est juste des bouts de tous les films et les albums qu’on écoute attachés les uns aux autres. Sur ce morceau je m’étais basé sur ce film. Mais tu l’as regardé en entier vraiment ?

Oui, je l’ai regardé en entier ouais.

Flo : Bah bravo !

David : Parce que j’ai beaucoup de gens qui me disent « Oui, les images elles sont cool, ça sort de quoi ? ». Et je leur réponds « Bah ce film ! Regarde-le, il est cool ! ». Et j’ai encore eu un message ce matin du boss de Metalorgie qui m’a dit « Mec j’ai essayé de le regarder. Tu m’as fait perdre quarante minutes de ma vie. » Il l’a même pas regardé jusqu’au bout. C’est un peu contemplatif quoi.

C’est contemplatif mais quand tu le regardes la nuit à moitié crevé, ça rentre bien dans ton délire.

David : Exactement.

Donc c’était un one shot, pas d’autres clips de prévu ?

Géraud : On a pas trop le budget pour ça. On aurait aimé faire des prises de vue…

David : On y a pensé un moment mais le timing et le budget commençaient à être un peu serrés. Un clip dans le style un peu doom ou mystique mes couilles ou SF, quand t’as pas le budget, ça peut rapidement être super kitsch…

Géraud : Et puis faire huit ou dix minutes… C’est pas comme si on avait des tracks de trois minutes.

David : Dans l’absolu c’était cool d’avoir un support visuel pour lancer l’album et j’ai fait un peu comme j’ai pu. Vu que je m’étais basé là-dessus… J’avais déjà réutilisé des images avec mon autre groupe Necrodancer… Mais il faut que ce soit pensé comme un hommage.

Le français

« L’Enfant Nouveau » c’est votre premier morceau chanté en français et ça rend super bien, étonnamment.

David : C’est vrai ? OK bah alors on est en français maintenant.

Géraud : On chante tout en français !

Est-ce que tu penses faire d’autres morceaux en français ou est-ce que c’est tombé totalement par hasard ?

David : Je l’ai pas imposé. Je l’avais jamais fait en plus, je crois. Le français dans le metal c’est un peu complexe hein ? C’est compliqué de pas sonner comme Lofofora ou des trucs comme ça. Ils étaient d’accord et ça a plutôt rendu, alors de là à le refaire…

“Le français dans le metal c’est un peu complexe.”

Flo : On va pas passer tout le chant en français pour autant mais pourquoi pas le refaire.

David : Porque yé parle très bien español aussi, on peut essayer ça. Ça amène aussi un peu de fraicheur pour eux comme pour moi. Je t’avoue que j’ai un peu flippé en le faisant, mais ça va, le résultat est assez cool au final.

Au final bonne prise de risque.

David : Ouais, après avec le style qu’on fait on révolutionne pas grand-chose mais le peu de prise de risques qu’on fait on les assume et on y va à notre rythme.

Le russe

D’ailleurs vous avez un track instrumentale chantée en russe on va dire…

David : C’est moi aussi !

Tu fais tout le russe silencieux ?

David : Ah ouais, c’est moi !

Flo : Il a fait tous les instruments à la bouche aussi, en russe.

Le titre écrit en cyrillique, ça a un rapport avec la storyline ou c’est l’influence de la tournée en Russie l’an dernier ?

David : Je crois qu’il y a les deux. Vu que le premier album ça part sur Tchernobyl… Histoire de boucler la boucle.

Flo : Et puis dans l’album précédent il y avait des références et des samples en japonais… On a pas du tout mis de samples sur cet album là, du coup c’était une manière de faire ça comme ça.

Ästräl Säbbäth

L’album se termine avec le morceau « Ästräl Säbbäth », qui est une grosse surprise. Un hymne avec des refrains super efficaces à gueuler en concert. Est-ce que c’était le but ?

David : Non, pas du tout.

Géraud : D’ailleurs on la joue même pas en live.

David : Pas encore mais… Elle est faite à deux voix en fait. C’est Jay et moi qui nous superposons. C’est le genre de chose que Cyrille nous a amenés à faire. Elle a été vraiment quasiment créée en studio celle-là.

Géraud : C’est la dernière qu’on avait composé pour le disque. On l’avait pas maquettée avant…

David : Il est en train de te dire qu’il aime pas trop là…

Géraud : Mais non, mais non ! (rires)

David : Si on la fera, moi je l’aime beaucoup celle-là en fait. C’est vrai qu’elle a presque un refrain.

Jay, c’est la première fois que tu chantes ?

Jay : J’ai fait un peu de backing mais là oui, c’est la première fois.

David : Il y a beaucoup de backing de sa voix sur l’album en fait, en appui. Parce qu’apparemment, il chante mieux que moi.

Jay : Sur les autres tracks j’appuie sur quelques refrains, c’est plus léger quand même. Comme il l’a dit, c’est une idée de Cyrille qui m’a vu faire les doublages et qui m’a dit « Essayes d’harmoniser les deux voix, ça peut vraiment donner un truc bien. » et on est partis là-dessus. Ce qui comme l’a dit Dadoo, n’était pas du tout le désir de base en fait. Comme ça rendait vraiment super bien on a fini par faire le morceau entier comme ça. Pour le jouer en live faudra vraiment adapter ça d’une manière ou d’une autre.

“Cyrille m’a vu faire les doublages et m’a dit : Essayes d’harmoniser les deux voix, ça peut vraiment donner un truc bien.”

David : Ça demande pas mal de souffle en fait et les deux voix superposées c’est à travailler.

La conclusion

Ça fait une super conclusion à l’album en tout cas. Ça sonne aussi un peu comme la conclusion de l’histoire de Masuka. Est-ce que c’est le bouquet final avant de partir sur autre chose ?

David : Je pense que oui. C’est un reboot de lui-même à la fin. On en a pas vraiment parlé, mais après tu sais avec la SF, si on veut on sort les boules de cristal et on le fait revivre ou un truc comme ça mais… non, on va pas faire ça. Mais peut-être que c’est plus intéressant de partir sur autre chose au final. Garder le côté SF et histoire avec d’autres persos… On peut le faire revenir comme un autre perso dans d’autres histoires aussi.

“J’ai essayé de retranscrire ce qui m’était arrivé dernièrement mais à travers le thème de la SF.”

On retrouve souvent l’idée de la transcendance dans vos morceaux mais là c’est vraiment le sujet principal.

David : C’est le cycle de la vie, c’est le karma. J’ai essayé de retranscrire ce qui m’était arrivé dernièrement mais à travers le thème de la SF quoi. Mais une vraie histoire, une bonne histoire, elle finit pas bien ?

Non, on est d’accord.

David : E.T. à la fin il rentre pas sur sa planète. C’est pour ça que le film c’est un carton.

Est-ce que tu es sûr qu’E.T. rentre pas sur sa planète ?

David : La Soupe aux choux, tout le monde crois qu’ils vont sur sa planète à la fin, mais moi je pense que c’est une métaphore de la mort.

Du coup à ton avis on peut attendre un montage alternatif de La Soupe aux choux pour un futur clip de Verdun ?

David : Alors moi je rêve d’un remake.

Carrément ? Avec qui dans le rôle de Villeret alors ?

David : Arrête, j’y ai déjà pensé. On avait dit Malik Bentalha qui faisait Jean Carmet, Michaël Youn en La Denrée, et de Funès… bah Kad Merad obligé tu vois, faut que ça ramène du monde !

Ça aurait de la gueule.

David : On est ouverts d’ailleurs, si y a des propositions de financement… Je suis apte à le réaliser ou à l’écrire hein.

Et vous faites la B.O. du coup.

David : Ah bah oui ça, ce serait le rêve pour nous.

L’artwork

Cette fois l’artwork n’est pas réalisé par David puisque vous avez fait appel à Sinpiggyhead (Nicolas Côme). Vous pouvez nous dire pourquoi vous l’avez choisi et ce que vous attendiez de lui ?

David : Un mec de talent. Un mec qui rend les dessins dans les temps. Je pense que la cause de mon renvoi sur l’album d’avant ça a été la pochette en fait. Je marche mal à la pression. J’ai un boulot à côté et je pense que je voulais sortir un truc beaucoup trop ambitieux pour moi.

Ils ont raison sur ce coup là. J’avais déjà trop peu de temps pour boucler les paroles et ils m’ont dit « On laisse ça à quelqu’un et tu t’occuperas des t-shirts et des trucs comme ça. » Nico c’était 100% une bonne idée et je mets mon égo de côté-là-dessus y a pas de problème.

“Nico c’était 100% une bonne idée.”

Flo : C’est toi qui l’a choisis aussi, parce que tu le connais.

David : Oui, même pour le dessin de base c’est un peu moi qui ait fait le montage. J’essaie pas de m’approprier l’artwork hein, l’histoire c’est déjà pas mal.

 

Qu’est-ce que ça évoque ? On voit des bouts de serpents, de corde…

David : Ce serait peut-être la mise en image de ce sacrifice qui amènera à l’enfant nouveau si tu veux. C’est comme ça que je le voyais. Les images témoin de ce que cet homme a fait à la femme qu’il aime. Dans l’absolu il la tue, il la féconde pas ou quoi que ce soit. Je vois pas pourquoi ça amènerait à un enfant. C’est expliqué dans la chanson d’après « The Second Sun ».

J’avais fait plusieurs propositions de montages, toujours en rapport avec les histoires. Ils ont flashé sur celui-là et on l’a gardé. C’est vrai qu’il y a pas de serpent dans l’histoire mais on fait ce qu’on veut non ?

La distribution

« Astral Sabbath » sortira en double LP, CD et cassette chez Throatruiner, Deadlight et Breath Plastic Records. Je pense que tout le monde connait Throatruiner mais est-ce que vous pouvez nous parler des deux autres ?

Géraud : Deadlight c’est un label basé près de Toulouse qui se bouge bien ces dernières années et qui a un roster assez intéressant, assez ouvert sur tout. Il est plutôt cool. Lui son truc c’est le CD. On est super contents des disques qu’on a sorti mais on voulait essayer de bosser avec quelqu’un d’autre pour essayer autre chose et avec Alex ça s’est fait assez naturellement. Il est super intéressé et il nous soutient.

Breath Plastic Records a sorti le premier Mantar en cassette, c’est comme ça que je l’ai connu. Pareil, il a un roster un peu éclectique : pas mal de français et surtout ça colle vraiment à notre genre. Ça a été super easy, hyper rapide. Il était motivé.

David : On va sortir le clip en VHS aussi.

Les 10 ans

Vous vous êtes officiellement formés en 2010. L’an prochain c’est le 10 ans…

Géraud : Pfff putain ! (rires)

Flo : On s’en est aperçus dans le camion sur cette tournée. (rires)

David : Parce qu’on a vu une photo de 2010. Je crois qu’on a fait une faille temporelle nous aussi. On a pris 20 ans peut être.

“On a vu une photo de 2010. Je crois qu’on a fait une faille temporelle nous aussi. On a pris 20 ans peut être.”

Du coup rien de prévu ?

Géraud : Non, on va essayer de faire plein de concerts pour défendre ce disque déjà.

Jay : On fête pas les anniversaires. Là on continue à composer. On va faire un EP split très prochainement.

Géraud : On fête déjà pas nos anniversaire. (rires)

Flo : On oublie ceux de nos copines. On est nuls en dates je crois.

David : On a été un peu lents sur certaines sorties de disques sur ces dix ans alors là je crois qu’on va essayer d’accélérer un peu plus. On fêtera peut-être les 20 ans si on est encore là ?

 

La suite

Donc la suite c’est un split avec un autre groupe pour bientôt ?

Géraud : Il y a un split en préparation oui.

Jay : Là on compose et on va essayer de sortir ça le plus vite possible.

Géraud : On aimerait bien enregistrer entre noël et le jour de l’an. C’est les plans et inch allah.

Jay : Du coup il sera prêt pour les 10 ans du groupe !

Pour ces morceaux que vous préparez vous restez sur le même concept ou est-ce que ce sera quelque chose de totalement différent ?

David : Un split ça peut être un spinoff non ? On peut partir sur une autre histoire.

Géraud : On sait pas trop ce qu’il va y avoir dessus. Ça fait un petit moment qu’on a envie de faire des reprises.

David : Pour une reprise je crois que tu peux pas trop changer les paroles au final ?

Ça peut être une idée ! Donc à part ça j’imagine que vous allez beaucoup tourner ?

David : Le maximum !

Géraud : On aimerait bien, au maximum oui. Pour l’instant il n’y a pas grand-chose de prévu à part cette mini tournée. Après on a d’autres dates en décembre et une paire de festoches l’année prochaine. On attendait un peu de lancer le disque, que les gens puissent l’écouter.

David : Faut pas qu’ils hésitent à nous contacter s’ils veulent nous faire jouer.

Merci à vous !

Eux : Merci à toi !


Merci à Verdun et à Romain de L.O Communication !

Photos : Yann Buisson


ENGLISH VERSION

Sévice National

Tonight is the end of the little Tour de France that was the Sévice National tour. Fange plus Verdin is quite a nice line up, how did you organize that?

Géraud: We’ve known Matthias and Fange for a while. We’ve been talking about it for a while and this was the occasion to do it because we hadn’t toured for a year and a half. So we thought it would be cool to do this little week together.

That’s 5 gigs in 5 days and a lot of kilometers. Aren’t you a little dead?

Flo: Oh yes! (laughs) We are totally dead but that’s when we are best. When we are tired with a good hangover, generally that’s when we get the best out of ourselves. I know us.

So, still no Verdun in Verdun gig?

Flo: We were there this morning! (laughs) We stopped at the highway rest area near Verdun. I think that’s the closest we’ve been.

By the way, Sabaton did some promotion and shot some videos in Verdun. Aren’t you a little bit jealous that they got there before you?

Flo: Ah yeah, fuck…

Géraud: I don’t kow… We’d have to ask Jordan.

Flo: Yeah, our sound tech worked with Sabaton.

On November 15 you’ll release your second album “Astral Sabbath”, which was recorded by Cyrille Gachet. How did it go?

Géraud: We rented a place called La Pierre Noire in the Cantal, an old school turned into a concert venue. We spent ten days locked in there working with Cyrille. We were a bit apprehensive because we only ever recoded ourselves, we had never worked with anyone. In the end, despite some clothing problems, everything went well.

Flo: There quickly was some complacency. Everyone was in sweatsuit and slippers. It wasn’t very “doom satanic ritual”. It was sweatsuit/splippers for a week.

In the press release it says that you were “more focused in writing memorable tracks rather than relying on deafening volumes”. Is that the spirit of the new record?

Géraud: Yeah, that’s Matthias’ verve. (laughs) I don’t think it’s so much “memorable”, but rather catchy I’d say. We maybe tried to be a little bit more straightforward. Anyway, we’ve never been an actual doom band…

At the beginning you claimed some psyche influences.

Géraud: Yeah at the beginning, but every record was recorded with different persons and now there isn’t so much psyche.

Flo: Yeah, a little touch of it but no more. We always recorded our albums with two guitarists.

Line up

Yeah, was that the first time you played with only one guitarist?

Flo: Yeah, it changed the way we composed the songs. Before, we used to work with layers of guitars. Now that there’s only one, it forced us to reinvent the way we write songs. To put the melodies in the riffs rather than adding them on top of everything… So this diminishes the psyche aspect we used to have.

“It forced us to reinvent the way we write songs. To put the melodies in the riffs rather than adding them on top of everything…”

David is back on vocals. This doesn’t change anything recording-wise because you were only absent between the two albums. Did your return change anything?

David: Nothing at all! I literally put on the same slippers that I left. I didn’t even ask any question. They wrote to me. They told me “We have to talk.”, and they had everything ready. They told me “In four month we have to be in the studio, are you up for it?” and there we went.

The story

Let’s talk about the story because it’s a bit complicated now. On the first EP, the admiral Masuka survives the nuclear apocalypse, and to understand why he’s the only survivor he goes to space to look for god. The first album is then his introspection as he drifts in space, and we don’t know if he does die in the end.

David: In the end of the first album he throws himself into a black hole, literally. There is some SF, but also some metaphysics. Not in the sense “religions are shit” or anything like that. He undergoes some mutations and in the end throws himself into a black hole hoping to maybe find answers, and if he doesn’t he’ll be propelled through space and the different time-spaces as a form aiming to corrupt every form of life.

“It’s a time loop. The idea is that the end of the third album is the beginning of the first.”

At the beginning of the new album, he wanders through all the multiverses under this quantic form that I call the Demon-Masuka. It’s not a real corporal form, it’s data. And he tries to reincarnate in a body. That’s the whole story of the new album. Without giving any date, we understand that he possesses a man, as a demonic possession, and makes him kill his wife in a ritual to make her give birth to a new child, a new form of humanity that would be his new body.

But technically here, did he go back in time? Because in theory everyone’s dead.

David: It’s a time loop. The idea is that the end of the third album is the beginning of the first. He gives birth to himself. I don’t know if we’ll continue his adventures after that but that was the idea. How do we end something in a satisfactory way? We can play it as if it’s really smart and we thought it from the start.

The video

You released the video for “L’Enfant Nouveau” that was edited by David with images from the movie Beyond The Black Rainbow.

David: Yeah, do you like it?

Yeah well, I watched the movie because of you.

David: And?

I liked it a lot. So, as you superpose this story to yours, the “enfant nouveau” would be Elena, the child from the movie?

David: The thing is, if I used Beyond The Black Rainbow to write “L’Enfant Nouveau”, it was more for the idea of the hunt and the sacrifice. This guy that is corrupted by this quantic form, drifting between madness and reality, and has something that pushes him to kill a being that he loves. It’s the hunting aspect that I loved in the movie. I don’t know if you saw the whole movie?

Yes.

David: There’s a modern Red Riding Hood aspect to it, you know. It’s a movie that affected me a lot.

“There’s a modern Red Riding Hood aspect to it.”

We don’t have a movie about Masuka. If on day we have the money to make it we probably will you know, but Masuka is just pieces of all the movies and albums we listen to tied to each other. On this song I based myself on this movie. But did you really watch the whole movie?

Yeah, I watched all of it.

Flo: Well bravo!

David: Because I have a lot of people telling me “Yeah, the images are cool, what’s it from?” And I tell them “Well this movie! Watch it, it’s cool!”. And even this morning I got a message from the boss of (French webzine) Metalorgie telling me “Dude, I tried to watch it. You made me lose forty minutes of my life.” He didn’t even watch it till the end. It’s a bit contemplative.

It is contemplative, but when you watch it at night half-dead, it fits your state of mind.

David: Exactly.

So it was a one shot, no other video planned for now?

Géraud: We don’t really have a budget for it. We would have liked to shoot some images…

David: We thought about it at some point, but the timing and the budget were a bit tight. A video in a style a bit doom, mystic my ass, or SF, when you don’t have a budget, it can quickly get really kitsch…

Géraud: And doing eight or ten minutes… It’s not like we had three minutes tracks.

David: It was cool to have a visual support to launch the album and I did like I could. As I based myself on it… I already reused images with my other band Necrodancer… But it has to be thought as an homage.

French

“L’Enfant Nouveau” is your first song sung in French and it sounds really good, curiously.

David: Really? Then we’re in French now.

Géraud: We’ll sing everything in French!

Have you thought about doing other songs in French or did this one only happen because of the circumstances?

David: I didn’t impose it. I had never done it before I think. Metal in French is a bit complicated, right? It’s hard not to sound like Lofofora or that kind of thing. They agreed and it went well, now to do it again…

“Metal in French is a bit complicated.”

Flo: We won’t turn all the singing in French of course, but why not.

David: Porque I speak very well in español as well, so we can try that. It also brings some freshness for them and for me. I have to admit that I got a bit scared doing it, but that’s alright, the result is cool enough.

You took a chance and it paid.

David: Yeah well, with the style that we play we don’t revolutionize much but the little risk we take we assume it and we do it in our own time.

Russian

You also have an instrumental track sung in Russian…

David: That’s me as well!

You do all the silent Russian?

David: Yeah, that’s me!

Flo: He does all the instruments with his mouth, in Russian.

The title in Cyrillic, is it because of the storyline or is that the influence of the tour in Russia last year?

David: A bit of both I believe. The first album starts with Chernobyl… We’re closing the loop.

Flo: And on the last album we had samples in Japanese… We didn’t put any samples on this one so we kinf of did it this way.

Ästräl Säbbäth

The album ends with the song “Ästräl Säbbäth”, which is a big surprise. An hymn with very catchy choruses that can be screamed at gigs. Was that the intention?

David: No, not at all.

Géraud: And we don’t even play it live.

David: Not yet but… It’s sung with two voices. It’s Jay and I superposing ourselves. That’s the kind of thing Cyrille brought us to do. This song was almost created in the studio.

Géraud: It’s the last one we composed for the record. We didn’t even demo it…

David: He’s trying to tell you that he doesn’t like it…

Géraud: No, not at all! (laughs)

David: We will play it, I think I really like this one. It’s true that it almost has a chorus.

Jay, is that the first time that you sing?

Jay: I did a bit of backing before, but yeah, it’s the first time.

David: There’s a lot of backing with his voice on the record actually, in support. Because apparently, he sings better than I do.

Jay: On the other tracks I bring some support for the choruses, it’s a bit lighter. As he said, it’s an idea from Cyrille who saw me do the backing and told me: “Try to harmonize the two voices, it can really create something nice”. It wasn’t what we planned at all. As it really sounded good we ended up doing the whole song this way. To play it live we’ll have to adapt it one way or another.

“Cyrille saw me do the backing and told me: Try to harmonize the two voices, it can really create something nice.”

David: It demands a lot of breath and the superposition of the two voices is something we have to work on.

The conclusion

It gives a great conclusion to the album. But it also sounds like the conclusion of Masuka’s story. Is it the grand finale before something new?

David: I think it is. In the end it’s a reboot of himself. We didn’t talk about it, but you know, with SF, if we want we get our crystal balls and resurrect him or something like that but… no, we won’t do that. But it might be interesting to go with something else in the end. Keep the SF aspect and a story, but with different characters… We can also bring him back as a different character in other stories.

“I tried to transcribe what happened to me lately, but through the theme of SF.”

We often have the idea of transcendence in your songs, but here it really is the main theme.

David: It’s the cycle of life, karma. I tried to transcribe what happened to me lately, but through the theme of SF. But a real story, a good story, it doesn’t end well, right?

Right.

David: In the end, E.T. doesn’t go back to his planet. That’s why the movie was a hit.

Are you sure that E.T. doesn’t go back to his planet?

David: In La Soupe aux choux (French classic, watch it) everybody thinks that they go to his planet in the end, but I think that it’s a metaphor for death.

So can we expect an alternative cut of La Soupe aux choux for a future Verdun video?

David: I’m dreaming of a remake.

Really? Who would you pick in the role of Jacques Villeret?

David: Stop it, I already thought about it. We said Malik Bentalha as Jean Carmet, Michaël Youn as La Denrée, and for de Funès… well we have to go with Kad Merad you know, we have to bring in some people!

It would look nice.

David: By the way we are open, if there’s any proposition of financing… I’m available to direct and write it.

And you’re doing the score.

David: Well sure, that would be our dream.

This time the artwork wasn’t done by David as you asked Sinpiggyhead (Nicolas Côme). Can you tell us why you picked him and what you expected of him?

David: A guy with talent. A guy that gives his artwork in time. I think that the cause of my firing on the last album was the artwork. I don’t work well with pressure.  I’ve got a job on the side and I think that I aimed at something way too ambitious for me.

They were right on this. I already didn’t have enough time to complete the writing of the lyrics and they told me “We’ll leave that to someone and you’ll handle the t-shirts and stuff like that.” Nico was 100% a good idea and I put my ego on the side for this, no problem.

“Nico was 100% a good idea.”

Flo: And you were the one who picked him, because you know him.

David: Yes, even for the layout I kind of did the montage. I don’t try to appropriate myself the artwork, the story is already a lot.

What does it represent? We can see pieces of snakes, of rope…

David: It could be the representation of this sacrifice that will bring to the new child, if you like. That’s the way I saw it. The images witness to what this man did to the woman he loves. Really, he kills her, he doesn’t impregnate her or anything. I don’t see why it would bring a child. It’s explained in the next song “The Second Sun”.

I did multiple propositions of montages, always related to the stories. They liked this one and we kept it. It’s true that there aren’t snakes in the story, but we do what we want, don’t we?

Distribution

“Astral Sabbath” will be released in double LP, CD and tape with Throatruiner, Deadlight and Breath Plastic Records. I think that everyone knows Throatruiner but can you tell us about the other two?

Gérault: Deadlight is a label based near Toulouse that has been pretty active these last years and has an interesting roster, pretty open on everything. He’s cool. His thing is CD. We are really happy of the records we released but we wanted to try to work with someone else to try something else and with Alex it happened quite naturally. He’s very interested and he supports us.

Breath Plastic Records released the first Mantar on tape, that’s how I knew him. Same thing, he’s got an eclectic roster: a lot of French and it fits our style. It was really easy and very fast. He’s motivated.

David: We’ll also release the video on VHS.

10 years

You officially formed the band in 2010. Next year it’ll be 10 years…

Géraud: Pfff fuck! (laughs)

Flo: We figured it out on this tour. (laughs)

David: Because we saw a picture of 2010. We went in a temporal rift ourselves, I think. We maybe aged 20 years.

“We saw a picture of 2010. We went in a temporal rift ourselves, I think. We maybe aged 20 years.”

So, nothing planned?

Géraud: No, we’ll try to do a bunch of shows to defend this record.

Jay: We don’t celebrate birthdays. We keep composing. We’ll soon do a split EP.

Géraud: We don’t even celebrate our own birthdays. (laughs)

Flo: We forget our girlfriends’. We suck at remembering dates I think.

David: We were a bit slow releasing records on these first ten years so I think we’ll try to speed it up a bit. We’ll maybe celebrate the 20 years if we’re still there?

What’s next

So you’ll soon have a split with another band?

Géraud: We have a split in preparation, yes.

Jay: Right now we are composing and we’ll try to release it as soon as possible.

Géraud: We’d like to record between Christmas and New Year’s Eve. That’s the plan and then inch allah.

Jay: So it’ll be ready for the band’s 10 year anniversary!

For these new songs, will you keep the same concept or go with something different?

David: A split could be a spinoff, right? We can go with a different story.

Géraud: We don’t really know what will be on it. We’ve been wanting to record covers for a while.

David: For covers you can’t really change the lyrics, can you?

That would be an idea! So apart from that I guess that you will tour a lot?

David: As much as we can!

Géraud: We’d like to, the maximum, yes. For now there isn’t a lot planned except for this little tour. After that we have other gigs in December and two festivals next year. We were waiting for the record’s release, to let people hear it.

David: They shouldn’t hesitate to contact us if they want us to play.

Thanks Verdun!

Them: Thank you!


Thanks to Verdun, and to Romain from L.O Communication.

Photos: Yann Buisson