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C’est fraîchement débarqué d’un déjeuner dominical fort arrosé que ton serviteur débarque dans les travées de Saint-Cloud uniquement pour ce troisième jour. Après 5 ans de présence continue sans rater un seul jour, nous nous sommes adaptés à la programmation et avons décidé de se focaliser sur Wolf AliceIdlesJusticeBonobo et les Black Angels. Avant que le running order ne décide de faire jouer les 3 derniers groupes en même temps. L’improvisation est donc de mise et la surprise était au menu de ce dimanche très agréable.

Déjà vus au Download Festival et à NOS Alive au Portugal, Wolf Alice a ratissé large sur la route des festivals et jouer avant 18h devant une Main Stage à moitié assise ne les décourage pas. C’est toujours avec la même hargne que Ellie Rowsell hurle dans le micro et avec cet été, on peut parier sans se tromper que le groupe a réussi à faire son trou en France pour pouvoir prétendre à des salles plus grandes chez nous. Si tu ne les as toujours pas croisé, tu peux tester la très trompeuse “Don’t Delete The Kisses“.

IDLES, encore et toujours

Un des groupes les plus intéressants du moment se produisait à ReS et on n’était loin d’être contre une troisième rasade d’IDLES après l’Album de la Semaine et un Trabendo. Encore plus avec la sortie de Joy As An Act of Resistance qui se profile la semaine qui suit. Avec l’intensité et la joie de vivre bizarre qui les caractérise, Joe Talbot et ses 4 comparses ont retourné la Scène de la Cascade en mélangeant les gros titres de Brutalism et les singles de leur futur carton. La connexion qu’ils arrivent à atteindre avec le public réussit encore à se produire à plus grande échelle. Au lieu de sortir un show millimétré, ils installent quelques respirations où les guitares partent dans la fosse, s’assoient sur scène, se passent le chant tout en faisant le con. En étant simplement eux-mêmes et en “humanisant” un max leurs concerts, ils font donc la différence à chaque apparition et on se demande jusqu’où ils vont bien pouvoir aller. L’aventure est loin d’être finie : Joe profite du set pour annoncer qu’ils seront au Bataclan le 3 Décembre. On va être obligé d’y être pour entendre Colossus, quel dommage n’est-ce pas ? Avec King Gizzard and The Lizard Wizard, c’était le groupe à avoir à ReS cette année et sur ce point la prog ne s’est pas planté.
En ouverture en 2014, Jessica93 a pris de l’ampleur et joue presque en soirée. Avec Guilty SpeciesGeoffroy Laporte a changé la formation en ajoutant des membres à son projet, sauf sur scène ce jour-là ! Surprise donc et c’est assez décevant de le voir sur cette configuration. Boîte à rythme, moduleurs et samplers ne remplaceront pas l’énergie d’un vrai groupe et après Idles, le grand écart était assez flagrant. Après une moitié de set vu au départ debout, puis assis, nous décidons de filer voir Bicep. A l’image de HER l’an passé, ça a été la grosse surprise de la journée. Le moment agréable où tu n’attends absolument rien, ne connaît pas ce qu’il y a devant toi et que ça prend quasi automatiquement. De la bonne house assez planante pour partir un peu en couilles et danser, un warm-up nickel pour Justice en quelque sorte.

Plaisir pour tous

Aperçu gratuitement une fois à la Braderie de Lille il y a 11 ans (!!!), les Justice étaient sur la to-do. Surtout quand le patron t’en fait la pub suite à leur passage au Main Square. Avec un light show dément mêlant amplis Marshall, panneaux de lumières du sol au plafond et projections pouvant changer de couleur la Lune, le duo meuble l’espace avec démesure et on s’en prend littéralement plein la gueule et les oreilles. Deux jours après la sortie de leur disque Woman Worldwide, on y retrouve une parenté évidente avec Daft Punk où les morceaux de la disco de Justice se mélangent à la Alive 97. Très dansant et pas trop bourrin, il donne une autre lecture aux titres un peu faiblards d’Audio Video Disco et Woman en transformant ce set en best-of très efficace qui met tout le monde d’accord. Avec en prime, une fin de set jouée au-dessus de la cabine de la régie au milieu de la fosse histoire de se rapprocher du public, Gaspard & Xavier auront fait le boulot et assuré le statut de tête d’affiche et de clôture. On aura retrouvé une foule de dingue bien engagée sur la scène principale qu’on avait pas vu à pareille fête l’an passé.
Avec 90 000 festivaliers au compteur, cette édition 2018 a vu une baisse de fréquentation largement évoquée dans les médias généralistes dû à une forte concurrence avec Lolapalooza et le Paris Summer Jam, à des subventions en baisse et à une nouvelle direction et orientation musicale démarrée l’an passée. Rock En Seine a essuyé bien des critiques sur la présence de groupes à guitares en tête d’affiche. On se posait déjà la question l’an passé en conclusion : si le festival est encore en mutation et que nous avons des réserves sur l’affiche, cette journée était très agréable et honnêtement on ne s’attendait pas à kiffer autant le programme. On ose croiser les doigts pour que l’an prochain puisse mélanger bonne ambiance et les énormes groupes rock que l’on a eu pour habitude de voir sur la Grande Scène.