The Mars Volta ✖︎ Que Dios Te Maldiga Mi Corazon

Dix ans de pause et un retour mitigé avec un album sous forme de version « pop » d’un groupe qui n’avait jamais été connu pour sa capacité à raccourcir ou simplifier sa formule. A peine un an après, The Mars Volta est déjà là avec une suite reprenant le même disque, en acoustique.

L’acoustique et les TMV, on connaît : en 2005, une partie du succès de leur Frances The Mute repose sur des titres uniquement accompagnés de quelques perçus et d’une guitare. Grand fan du groupe, nous n’avions pas goûté la cuvée de l’année dernière. Non pas à cause de cette orientation pop aux dires du groupe, plus pour des choix de productions discutables. Une batterie en sourdine et un tempo peu enthousiasmant pour un résultat plat et sans aspérité qui sonne comme un robinet d’eau tiède. Grande question donc poser par cette nouvelle sortie : est-ce qu’un changement d’orchestration peut sauver un album moyen ?

Premier constat, la prestation de Cedric Bixler-Cavala est remarquable. Longues envolées, notes hautes, voix juste : même si ça sent la retouche en studio, les oreilles en ressortent ravies. Pour la partie instrumentale, les percussions sont réhaussées et l’ensemble appuie encore sur les origines latines du groupe. Un travail soigné avec ce qu’il faut de coffre et de clarté pour apprécier ça au casque et bien entendre l’ensemble des instruments. Pour les morceaux, les titres les plus réussis n’en ressortent pas défigurés : ‘Graveyard Love’ et ‘Blank Condolences’ sont encore sûrement ce qu’il y a de mieux de cette mouture des Mars Volta. Des morceaux marqués par le deuil et qui ont ce qu’il faut de subtilité pour garder en haleine.

 

Hélas, on ne change pas un âne en cheval de course et un titre problématique conserve ses tares. C’est surtout les morceaux au virage mélo comme ‘Vigil’ qui restent assez pénibles et invitent de manière permanente au skip. C’est même le dernier tiers du disque qui aurait mérité plus d’attention pour éviter de s’écrouler totalement.

Attention, nous ne sommes pas réfractaires au changement. Les artistes ont le droit de produire la musique qui les inspire en fonction du contexte et de leurs envies. Pourtant, difficile de ne pas être déçu par ce retour des Mars Volta qui continue sa mue vers une voie qui n’a vraiment plus grand-chose à voir avec le groupe initial. Peut-être un changement de nom aurait été plus judicieux et pas si complexe pour un duo qui a déjà connu 4 entités différentes. Pire, il suffit de retourner en 2009 pour Octahedron, considéré comme l’album calme du groupe, pour se rendre compte de tout ce qu’il manque dans ce retour…

En concert, les Mars Volta ont scrupuleusement évité la France depuis l’an dernier en faisant pour le moment des dates sur le continent américain et une première partie européenne pour les Red Hot Chili Peppers en compagnie d’Iggy Pop. Cependant, les versions lives ne changent pas grand chose à l’affaire pour les nouveaux titres.

NOTE FINALE
Certes, The Mars Volta est bien de retour avec deux disques en un an. Mais sous quelle forme et à quel prix ? La folie vertigineuse du groupe est soldée pour une mouture difficile à cautionner pour des raisons évidentes liées à la production comme aux compositions. Un crève-cœur.
La performance vocale.
Les percussions.
Les choix de réorchestration, qui mettent bien en valeur certains titres.
Les changements ne font rien contre la fin du disque ratée et certains morceaux très pénibles à écouter.
Malgré tout, pas les Mars Volta qu’on souhaite écouter…
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