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Venus défendre tardivement Wellfare Jazz dispo depuis janvier 2021, les Viagra Boys sont arrivés bien échauffés après des semaines de tournée. Avec un troisième album Cave World prévu le 9 juillet, les voici dans un Elysée Montmartre complet depuis des mois.

One woman show.

En première partie, on a pu découvrir Nuha Ruby Ra. Seule sur scène au et armée de deux micros et de machines à stroboscopes sacrément féroces, elle a réussi à faire bouger la foule en quelques minutes. Grâce à des beats violents et accrocheurs et une présence scénique bien en place. Avec déjà quelques EPs en stock, elle mérite ta curiosité. Peut-être plus en studio qu’en live pour le moment sur la longueur parce qu’on était quelques cris stridents de demander des bouchons au bar. Une énergie brute et rauque qui mérite peut-être de s’affiner et de se canaliser sur scène.

L’arroseur arrosé.

 

La couleur est annoncée : avec le pack d’Heineken posé au pied de la batterie et le drapeau au logo Ying & Yang des Viagra Boys dressé, les Suédois n’attendent plus que 21h sonne pour débarquer. A peine apparus, les VB déclenchent une fournée nourrie d’applaudissements et ils ne perdent pas de temps pour engager un Research Chemicals. Place emblématique au début du set puisqu’elle correspond au premier titre de leur tout premier EP. Cette intro nous permet de voir que derrière leurs allures de branleurs fêtards, ils ne sont pas là que pour rigoler. Et encore moins pour improviser. Le son est très bon, tout le monde est bien en place et l’allure de Sebastian Murphy s’occupe de faire le reste. Allongé par terre, en marchant, en dansant, à pieds nus ou en se jetant de la bière sur le torse, il est difficile de ne pas le regarder évoluer sur la scène.

Ses potes de beuveries ne sont pas en reste : en plus de chanter la plupart des paroles pour eux-mêmes, ils font face à la foule concentrés ou rigolards en fonction des moments. Un vrai moment de plaisir partagé, ponctués de riffs bien sentis, de touches de claviers qui font danser toute la salle et d’une batterie carrée. La spécificité du groupe, on ne peut pas la rater : c’est son saxo. Doté d’un magnifique caleçon aux couleurs de l’Italie, Oscar Carls disposent de moments de bravoures bien à lui. Notamment sur Cold Play qui démarre par un solo avec les projos rivés sur lui avant que le groupe ne fasse apparition à nouveau lorsque les lumières se rallument sur la scène. Preuve que le set est pensé, gère son rythme sur la longueur et navigue entre gros bangers rocks et leurs titres orientés plus crooners pour laisser à Seb la joie de déambuler et au groupe de dérouler.

Impossible de faire sans les tubes Slow Learner, Just Like You ou Ain’t Nice et le nouveau single Ain’t No Thief à peine dévoilé rafle déjà tous les suffrages. De quoi chauffer la foule pour juillet prochain avec un album qui s’annonce à la fois très dansant et très gras. Dommage que la setlist a tendance à piocher dans un genre de titres assez similaire, ce qui fait que la dernière partie du show donne l’impression de traîner en longueur. N’allez pas croire à un groupe radin puisque nous sommes repartis avec quasiment 1h30 de show dans les oreilles. On aurait peut-être juste préféré plus de titres, moins rallongés mais ça n’enlève rien au fun, à la maîtrise et à la facilité que le groupe dégage.

Pour tirer partie des photos de Ross présent à la date lilloise de décembre dernier, elles sont ici remises plutôt que de valoriser des photos faites au téléphone.

Avec un Bataclan déjà prévu en novembre prochain, on peut déjà annoncer que nous serons là pour voir ce que donne Cave World en live…