Dur de plaquer des mots sensés pour essayer de décrire la musique furtive d’un éléctron libre muni d’outils ravageurs. Dur dur de retranscrire l’exacte sensation ressentie lors de l’écoute d’un album désaxé ou bien disposé dans ses scandales à chausettes. Aujourd’hui il est devenu dur de parler d’un groupe aussi dévasté que Fordamage, où chaque idée est developpée à l’infinie, apportant un projet musical étoffé et au son clairement barré jusqu’à la moelle de Robocop. 2009 va se faire fouetter par une titanesque vague punk injectée de plasma mélodique, de noisy pop travaillé en guise de façade; histoire de ne pas trop faire peur aux déchus du pop’n’roll.

Fordamage est un véritable engin destructeur aux allures d’une bombe à la Rage Against the Machine, passant d’un extrême à l’autre d’un simple claquement de médiator en enroulant les guitares énervées autour d’entêtantes mélodies rattachées des queues à la tête. Au commencement du monde, il y avait 4 Nantais aux allures d’innocents juvéniles qui révèlent, une fois armés de leurs ustensiles sonores un caractère bestial extirpé des profondes trippes de l’estomac déchiré du dieu du bruit.

Belgian Tango est un putain d’opus 10 titre déboulonné jusqu’aux os où l’energie ne retombe jamais, oscillant entre le noisy punk maladif (‘ Bounce Up ‘) et le rock instrumentalement travaillé (les 9 titres restants), où vont se caser des voix militantes en duo féminin/masculin. Nos Nantais survoltés s’énervent joyeusement sur un rock viscéral à bout de souffle aux odeurs vagabondes de sueur et de bière, et rien n’effleure la sensibilité niaise du dernier post rock incertain ou du synth-punk congélifié. On s’amuse, on hurle, ça balance du gros riff lourd et graisseux; puis on hurle pour la 90 ème fois, on y ajoute des guitares sur-aïgues épicées et tournoyantes, en renforçant le foutoir organisé d’une basse compacte et sacrément méchante. Ca sent une amère nostalgie Pistolienne et noise 90’s. Excellent.