Dans les Strokes, il y a cinq gars, et chacun d’entre eux joue un rôle bien particulier. Il y a le batteur beau gosse jet-setteur icône de mode, il y a le guitariste frisouille dissident pas franchement George-Harrisson-able dans l’immédiat, le chanteur démontrant les méfaits d’une vie sans Head & Shoulders qui aimerait nous faire croire qu’il vit sous prozac, l’autre guitariste beau gosse frimeur qui se rêve star du hard rock (on en veut pour preuve les excès Muse-esque du dernier album) et il y a le bassiste qui est très moche, qui joue de l’instrument un peu con et qui souffre d’un sacré déficit de charisme en comparaison de ses copains.
Toutefois, pas de délit de sale gueule sur Visual, c’est aujourd’hui cet affreux jojo qui nous intéresse en raison de son album solo sous le nom de Nickel-Eye. Nikolai Fraiture, le nom qui ne s’invente pas, rejoint ses camarades d’escapade solo Hammond Jr et Moretti, en tout c’est le quatrième album d’un membre de The Strokes qui sort depuis le plantage ‘First Impressions on Earth‘.

Si tous ces albums solos ont un point commun, c’est leur aspect décontracté du gland. Quand on est membre des Strokes, la vie est tranquille et se déguste avec une margarita, un joint et une bombe blonde au bras, ce qui est une vision du bonheur comme une autre. Seulement, si tous ces projets ont ce côté sympathique en commun, à l’exception faite du premier album d’Albert Hammond Jr il n’y pas grand-chose de franchement marquant qui en soit sorti. Et ce n’est pas spécialement l’album du Dolph Lundgren à perruque qui va nous faire changer d’avis.
Le début est pourtant fort encourageant, funky, assez entraînant cependant on tombe vite sur le hic qui, on l’avoue, va un peu pourrir l’album : la voix du Nickel-Eye (t’as compris ? Nickel Eye, Nikolai… ?) est aussi limitée que les capacités intellectuelles des mecs de Korn. Le chant s’apparente à un long râle forcé qui lorgne étrangement vers Julian Casablancas. Et oui. L’habituel complexe. A croire que chaque escapade solo n’est qu’une version plus personnelle de la vision du groupe. En l’occurrence, ici, c’est folky funky acoustique lo-fi. Influences Velvet Underground et new-wave avec un chant aussi expressif qu’une cuillère.
Peut-on pour autant écrire que ‘The time of the assassins‘ est un mauvais disque? Hé bien… presque. Nickel-Eye n’est clairement pas un grand songwriter, l’album est répétitif, vite lassant, fort peu mélodique et manque du charme qui sauvait le Little Joy. Pour être très méchant, on pourrait presque dire que ‘The time of the assassins‘ ressemble à son auteur : peu charismatique.

En clair, on vient de trouver le Strokes qui va avoir grandement besoin du retour de son groupe pour tirer un coup. Albert Hammond Jr peut compter sur ses chansons, Fab Moretti sur sa cool attitude, Casablancas sur son coté poète maudit, Valensi sur sa tronche mais Nikolai Fraiture… ça coince un peu. Son album n’est guère convaincant pour qu’on lui voit, et encore moins pour qu’on lui espère, une longue carrière solo.