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Vous avez déjà mangé un steak avec des fraises, de la mayonnaise, du roquefort, accompagné d’une sauce barbecue et de sardines à l’huile ? Non. Pourtant, le steak c’est bon, les fraises c’est bon, le roquefort c’est bon, et le reste aussi. Mais on n’est pas con hein, on sait que si on mélange tout ça, le résultat sera dégueulasse. Le lien avec Chickenfoot est qu’on part également de bons éléments. On ne portera pas le débat sur les qualités de chacun, mais les membres du ‘supergroupe’ se débrouillent relativement bien dans leur domaine : Joe Satriani à la guitare, Michael Anthony (Van Halen) à la basse, Sammy Hagar (Van Halen) au chant et bien sur, Chad Smith (Red Hot Chili Peppers) à la batterie. Mais voilà, autant en cuisine on peut savoir qu’en mélangeant des bonnes choses on n’obtiendra pas forcément un bon plat, en musique, la surprise est totale jusqu’à l’écoute. Et ici, la surprise n’est pas vraiment bonne.

Soyons [s]objectif[/s] honnête, elle n’est pas complètement mauvaise non plus. ‘Chickenfoot‘ offre quelques bons moments et quelques riffs qui méritent l’écoute. Mais c’est tout. Pas de titre marquant, pas de perle rare, peu d’émotions transmises. On ne retient pas grand-chose. A la fin de l’album, on ne repense plus à l’intro catchy et pleine d’espoir de ‘Oh Yeah‘, mais plutôt à la longueur du titre. Le riff si prometteur à l’intro laisse place à l’ennui et au désespoir. Ce sentiment est valable sur l’album entier : des titres longs, étirés sans raison, comme un slip prêt à craquer. Ils ont presque tous un petit quelque chose d’appréciable, mais rien de mémorable au final.

On ressent pourtant de bonnes intentions derrière tout ça, et c’est bien là le comble de l’album. Joe Satriani balance des riffs et des solos à tout va, Chad Smith s’éclate derrière la batterie. A l’écoute, aucun problème pour l’imaginer avec son sourire unique, tapant comme un dingue derrière ses futs. Mais le tout sonne comme déjà entendu, un bon gros vieux rock US sans saveur. On n’échappe d’ailleurs pas à la balade de fin d’album (‘Learning To Fall‘) histoire de montrer aux filles que oui on est des rockers, mais on a également un coeur.

La perle de la beaufitude revient à ‘Get It Up‘, summum du kitch avec son intro hurlée accompagnée d’une rythmique niaise. Je ne résiste d’ailleurs pas, à l’envie de vous écrire le refrain :
‘Now get it up / Arriba, ‘riba / Oh, oh, oh / Get it up‘.
A lui seul, ce titre met un sacré coup de plomb dans l’aile de l’album, qui ne parvient pas à décoller (oui, c’est facile).

Même si l’envie était là, Chickenfoot ne propose qu’un album plat et sans saveur, qui ne plaira qu’aux fans de rock US old school. Le tout manque en tout cas d’originalité, de surprise, de magie. La cuisson et l’assaisonnement de ces pieds de poulets sont à revoir.