Quand des filles passent trop de temps entre elles, elles ont leurs règles en même temps. La grande fratrie VisualMusic en fait aujourd’hui l’expérience avec cette chronique multi-mains de Them Crooked Vultures où nos trois rédacteurs pensent la même chose, dans les mêmes termes avec les mêmes comparaisons, la même note, le tout sans concertation au préalable s’il vous plait.
C’est beau, non?

Annoncé à grand renforts de teasing mystérieux et d’artwork douteux, le super groupe Them Crooked Vultures est sur le papier une bonne nouvelle pour les aficionados de VisualMusic. Et à première vue, l’essai parait concluant. Homme déploie ses effets hallucinés et place sa voix suave; la paire Jones-Grohl forme une section rythmique excellente voire orgasmique (‘Elephants‘). Un feeling rock aguicheur émane de la rencontre entre ces trois hommes. L’amalgame entre les univers de leurs groupes respectifs semble s’être fait très naturellement, comme facilité par une filiation évidente.
Malheureusement, la giga-teuf des super-héros du rock’n roll tourne rapidement à la réunion des bons élèves: indéniablement talentueux, appliqués mais bien sages – et quelque peu ennuyeux. Ici, pas de traces d’une ambition qui aille plus loin que la répèt’ entre potes surdoués. Il en résulte une suite de chansons décousues avec des séquences super bandantes, pour un album sans réelle ligne directrice et manquant clairement de cohérence. Même si Them Crooked Vultures a produit une oeuvre d’une qualité très recommandable, on attendait bien mieux d’eux.

3/5

[team]Hilikkus[/team]

Cet été pour passer pour un pisse-froid il y avait une solution simple : ne pas aimer Inglorious Basterds, le bordel guerrier de Tarantino. L’intelligentsia (les mêmes qui essaient de nous faire gober en ce moment que Diam’s elle déchire tout) avait récupéré la main. Gauche caviard, hype à deux sous et tu n’aimes pas parce que tout le monde aime (pov’con).

Cet automne le Tarantino a son équivalent musical : Them Crooked Vultures. A savoir le truc un peu tape à l’oeil (le casting), le sujet rock n’roll (on va tout péter) et au final le même traitement à base d’un scénario flemmard (les chansons) et d’interprétations en roue libre. Malheureusement pour nous les adoubés frais de l’urine, il y a quelques scènes cools qui font illusion. On est même les premiers à le dire dans ce film, heu disque, il y a des moments bien prenants, un ou deux passages trippants. La scène d’ouverture (‘No ones loves me & neither do I‘) fait son boulot de raisonnable fascination et on se laisse prendre par « Mind eraser » par exemple. A part ça, l’emmerde. Le scénar’ précis Pulp Fiction/Songs for the deaf aux oubliettes, l’émotion pudique Jackie Brown/Lullabies to paralyze bien loin, ici c’est efficacité Kill Bill/Era Vulgaris, le matage de nombril avant tout, on te montre comment on s’y connaît, et vas-y que je te montre mes gros riffs et mes breaks de batterie (ces derniers prouvant où se trouve la vraie place de Grohl dans un groupe) qui sont certes de gros riffs et des breaks de batterie mais toujours plus démonstratifs qu’utiles. Il y a un flot non contenu d’idées, certaines excellentes, mais comme chez Tarantino, on effleure, on montre qu’on y a pensé, on name-drop mais l’absence d’un vrai fil conducteur pèse. Le minimum syndical est rempli, la poudre aux yeux envoyée (ça poutre les mecs !), les muscles sont saillants, on renouvelle son abonnement à la salle de muscu mais l’absence de vraies bonnes chansons fait qu’on a du mal à entendre plus dans Them Crooked Vultures qu’un caprice de deux super fans du Zep décidant de débaucher JPJ de sa retraite dorée afin de se payer une part du rêve que nous, simples mortels, ne pouvons même pas imaginer. Un peu comme si Tarantino faisait un film de guerre ultra référencé.

Bon je vais pisser moi.

3 / 5

[team]theghostchild[/team]

Passée les deux trois premières écoutes assez intéressantes, ce premier album de Them Crooked Vultures n’est que ce qu’il est : un gros Blockbuster en règle. Du déjà vu à tous les étages : Une intro de ‘Mind Eraser‘ auto-pompée sur ‘How To Handle A Rope‘ du premier QOTSA, de la frappe de bourrin made in Grohl, et le côté seventies amené par John Paul Jones. En gros, un nouvel album de Queens Of The Stone Age à peine déguisé. Alors comme tout Blockbuster qui se respecte (car ici il est quand même de bon niveau, ne soyons pas trop médisants), les effets spéciaux sont poudre aux yeux et on alterne adrénaline ‘Mind Eraser‘, ‘Dead End Friend‘, ‘Gunman‘ (assez surprenant et finalement un des morceau les plus intéressant) et ennuie profond avec ‘New Fang‘, ‘Bandoliers‘, ou ‘Spinning In Daffodils‘. On retiendra deux trois titres plus sympas que la moyenne, on ira réécouter les discographies respectives de chacun des membres, et on ressortira cet album de temps en temps, juste comme ça.

3/5.

[team]Phoenix[/team]