Il a un drôle de nom, ce nouvel album de Headcharger. The end starts here. Ça rappelle le nom de l’épouvantable 3e opus d’Aqme, j’ai nommé La fin des temps. Brrr, rien que d’y penser, une goutte d’effroi me raidit la nuque. Du coup, la première écoute est rude: ça gueule moins, c’est moins rapide, y a même de l’acoustique. Ben merde, où est passé Headcharger ?

Alors qu’on remise déjà le disque dans le rayon grosse déception, on ne se rend pas compte de la terrible erreur de jugement que l’on est en train de commettre. Primo, on ne doit jamais sous estimer un groupe normand; et secundo, écouter Headcharger entre deux albums de grindcore à coté desquels Gallows passe pour du Lorie, ça peut fausser un avis.

Ainsi, une fois revenu à des ambiances plus saines, on apprécie réellement les qualités de The end starts here. Headcharger fait toujours un hardcore humide chargé de rock’n roll, formule brillamment éprouvée sur Watch the sun, leur précédent album. Ainsi des titres comme Intoxicated, la bien méchante Breathe out ou encore l’excellente Ten thousand tides ne surprendront pas l’habitué qui se fera un plaisir de secouer intensement sa tignasse. Pourtant on remarque rapidement que la balance entre hardcore et le rock’n roll a été modifiée.

D’abord le déhanché. Headcharger a décidé de se balader un peu afin de varier les plaisirs. Ainsi, Would you pioche du coté du southern rock à la Easy Rider (Bel harmonica au passage), The invention of solitude monte sur le dragster de Motorhead, Down my neck navigue dans les plaines désertiques d’Alice In Chains… Et que dire du groove incendiaire de The gambler ? Sans forcément être super sexy, les normands sont montés clairement d’un cran sur le coté sexy.

Ensuite, Headcharger n’est plus un groupe de brutes. Certes, ça continue à envoyer sec, mais n’escomptez pas vous gaver en mosh part. Un signe qui ne trompe pas: les soli fleurissent dans pas mal de titres. Qu’on se rassure, ils sont courts et servent bien le groove des titres. Autre nouveauté: si le chant est principalement hurlé, les voix claires se font une vraie place. Même si le résultat n’est pas aussi convaincant que la formule précédente, cela semble fonctionner; Aussi bien sur les titres musclés (I hate myself and I want you back) que sur les douces mélopées. Oui, j’ai bien écrit douces mélopées. Headcharger nous gratifie d’une magnifique session electro-acoustique sur Harvey Keitel’s syndrome, blues claptonien de toute beauté et sacré clin d’oeil au Bill Murray’s syndrome. On peut parler aussi de l’interlude Breathe in ou de Something someone concluant l’album tout en délicatesse.

Bien qu’on ait eu un peu peur au début, on finit plutôt content de ce nouveau Headcharger. Les titres sont moins tubesque que sur Watch the sun, mais le rééquilibrage du groupe ouvre de nouvelles portes. Pour le coup, The end starts here plaira presque plus aux adeptes de Wolfmother qu’aux adeptes de Hatebreed.