A la base, les Fury Furyzz sont un putain de groupe de scène. Le live est leur terreau, elles y font pousser des plantes carnivores, des fougères massacreuses et tout un tas de mauvaises herbes nourries au garage rock. Les Fury Furyzz sont quatre filles qui ont bâti leur réputation avec une poignée de chansons, de la sueur et du rimmel qui coulent, des empoignades félines, et une habilité à provoquer un bordel scénique sans pareil.

Alors, écouter Disaster, 45 tours attendu et délicatement anachronique, c’est un peu appuyer sur ses bleus après une baston et se souvenir de la douleur. Se souvenir de cette batterie minimale, qui est juste là pour t’en mettre un coup derrière la nuque. Se souvenir de ces riffs de guitare vintage, quelque part entre surf, punk, garage et glam, joués à l’arrache sur un ampli qui crunche à peine, comme si la vraie disto se trouvait dans les doigts et les coups de médiator. Et une voix écorchée vive, qui joue avec la limite de la justesse, puissante et revendicative : on va t’éclater.

Une énergie brute que le 4-titres arrive à restituer, voire à approfondir. Le délicieux ‘Pussycat Destruction‘ (Russ Meyer is alive) s’allonge d’un break aussi larséneux que mélodiquement bien foutu. Pareil pour ‘Glory, Love, Murder & Sex‘, tout un programme. Le vrai hit rock’n’roll ‘Hell It’s Me‘ pourra faire bouger des culs dans les salons en moins de deux minutes, montre en main. Et ‘Disaster‘ est un monstre plus sombre, comme si la surf délirante s’accouplait méchamment avec un grunge plus sérieux, avant de partir vers un refrain fédérateur et destroy, j’en demandais pas tant.

Perverses en live, les Fury Furyzz manient l’uppercut sur cet EP. Ajoutez à la qualité de l’ensemble un mixage vraiment loin des productions propres : ça crache et ça écorche un peu partout. Sale, rugissant et fidèle au poste : ‘here comes the disaster’.