Toujours dans notre théorie « l’attente d’un disque en dit long sur la qualité de son prédécesseur », on s’est fait un peu violence avant d’écouter cette troisième collaboration entre Isobel Campbell & Mark Lanegan. Probablement par peur de la mouche tsé-tsé. ‘Hawk‘ ne débute pas bien et reprend tous les défauts de ‘Sunday at the devil dirt‘ : Lanegan devant, chansons longues et lentes, absolument aucune notion de plaisir, ne parlons même pas de fun, et l’ennuie poli qui nous gagne. Pourtant, au fil des chansons, en insufflant un minimum d’originalité dans ses compositions l’écossaise parvient à nous captiver à nouveau sur des chansons plus légères ou sexy (non respectivement ‘Come undone‘ ou ‘Time of the season‘) qui offrent un contrepoids fort sympathique à la lourdeur toute protestante de leurs habituels standards. Si pour l’essentiel la formule reste inchangée, monsieur croone sans qu’on le sente très concerné, madame chante toujours de cette superbe voix diaphane et angélique (c’est cette fois et de loin elle qui domine le disque), c’est dans ses moments un peu plus originaux que ‘Hawk‘ reprend vie, le blues braillard ‘Get Behind Me‘, bizarrement les titres où l’on n’entend pas Lanegan sont plus réussis, l’americana de ‘Eyes of Green‘, les choeurs de ‘Lately‘, même la dispensable chanson-titre a le mérite de nous tirer de la léthargie en nous emmenant dans une version toute Roger Mooresque de la Nouvelle-Orléans alors que ‘To Hell and Back‘ semble reprendre les accords de ‘Only love can break your heart‘ de Neil Young pour les transformer en un joli moment de réconfort vocal, aspirine magnifique de madame.

Rien de très neuf dans le petit monde d’Isobel Campbell & Mark Lanegan mais le duo signe un disque bien plus intéressant et touchant que ‘Sunday at the devil work‘ et gomme la mauvaise impression des premières chansons en retrouvant du rythme et de l’originalité. ‘Hawk‘ est un bon petit disque qu’on écoute avec grand plaisir. Pas dit qu’on ait à se forcer pour écouter le prochain.