‘A quoi joue The Mute-Ant Experiment ? On est où là, bordel ?’ Cette insurrection personnelle résulte d’une écoute prolongée du Ghostly Ballet que nos alsaciens ont honteusement pondu.

Mais c’est vrai, ‘bordel‘, ces petits malins jouent avec mes nerfs, mes références, mes repères de scribouillard virtuel adhérent de la Fistinière Unifiée Visual Music. C’est quoi ce nom proche d’un Alien Ant Farm suspect ? C’est quoi cette voix aux expirations emo ? C’est quoi ces riffs mastodontesques, à mi-chemin entre Deftones et Tool ? Ca devrait faire pire que Frankenstein, ce truc, sur le papier !

Et puis non, en fait, non. Ca marche très bien. Des bouts d’un peu de tout ce qui se fait de bien, d’accessible, de sympathiquement tordu et d’honnête dans le monde du rock musclé. The Mute-Ant Experiment, c’est vicieux (‘Black Burst‘, défouloir complet), maîtrisé (‘Time Travel‘, tout en tensions contenues au couteau de cuisine), parfois carrément référencé (‘To The End‘, appelez-moi Maynard James), et même épique (‘SO Machina‘). Avec quelque chose d’incroyablement touchant, maladroit, imprécis par moment, qui évite de sombrer dans le reste des productions du même calibre. Un éléphant à trois pattes, quoi. Voire un rouleau compresseur à trois roues (non, ça marche pas, ça). Mais ça c’est tant mieux parce qu’au moins ça a l’honnêteté d’essayer, d’y aller, en brûlant quelques champs derrière soi et en se montrant têtu et surprenant (‘Modern Love’, une fantaisie baroque et acoustique même pas déplacée).

Réussi, alors, ce ballet.