Anna Calvi, fraichement débarquée et elle est déjà adulée comme une révélation de 2011. Ah mais attention, ce sont des personnes reconnues (Nick Cave, Brian Eno…) qui le reconnaissent. Mais bon, mes oreilles s’en foutent complètement de ce que pensent ces éminents personnages.
Elle est régulièrement comparée à PJ Harvey (voire un peu trop), ce qui est assez normal, car son timbre de voix s’en approche, mais surtout l’album a été co-produit par Rob Ellis. Pourtant leur univers est quand même sensiblement différent.

La première chose appréciable à l’écoute, c’est que la miss ne mise pas tout sur sa voix, ce qui aurait rendu la chose banale. Après une introduction révélant l’ambiance de l’album, elle ne chante que doucement sur No More Words, susurrant plutôt que chantant (on pourrait presque dire minauder), mais le titre sympathique se laisse écouter.
Les choses sérieuses commencent sur Desire justement. Fini la voix douce, on s’aperçoit qu’Anna possède un bien bel organe, passant des graves aux aigus tout naturellement, sans lâcher prise.
Elle ne s’arrêtera pas là, le reste étant du même niveau de qualité, troublante par sa voix et secondée par une instrumentation dense et prenante, l’album s’écoute sans sourciller, dans les mêmes inspirations.

Elle a de bonnes chances de devenir la nouvelle chanteuse préférée de Tarantino, par l’atmosphère qui se dégage on a l’impression d’écouter du bon Shivaree (First We Kiss), mais plus dense, plus posé, avec une ambiance où la musique et la voix marchent ensemble pour s’affronter plus tard. On pense également aux musiques western de Morricone, avec les regards en coin et le stress sur l’avenir proche (The Devil, Blackout, I’ll Be Your Man). Sur The Devil par exemple, elle se fait sensible et aidée par une musique inspirée, on plonge dedans.
Le final de l’album, Love Won’t Be Leaving, démontre plutôt bien le potentiel et de l’originalité d’Anna Calvi comparée au troupeau de nouvelles chanteuses qui apparaissent quotidiennement.

Le seul gros reproche qu’on pourra faire à cet album, c’est que malgré la grande qualité de chaque chanson, à la fin on a du mal à s’en souvenir. Il est difficile de se rappeler qu’un passage a laissé des frissons qui laissent encore des cicatrices et qui nécessiteront une bonne écoute d’une bouse immonde pour qu’elles disparaissent.
C’est néanmoins un bon album qui mérite au final de la faire connaître, et permet d’attendre patiemment qu’elle se révèle avec son prochain disque, pour sortir de l’ombre de Polly Jean.

Les éminents personnages ont peut-être raison après tout…