After Feed-Back, le groupe de Barcelone dont le premier album fut acclamé par de nombreux magazines espagnols mais aussi français (Rock Sound), revient en septembre 2003, avec certes un membre en moins (Toni), mais surtout avec un album éponyme qui devrait lui permettre d’exploser au plan international…

Evoluant dans une scène néo en pleine décomposition, After Feed-Back se détache du lot par son côté hispanique ainsi que par un engagement politique très prononcé (l’interlude ‘War Bites‘ où l’on entend une interview de Georges W. Bush à propos l’Irak en est le meilleur exemple). Le CD s’ouvre par un ‘One Road Away‘ très lourd, où les nombreux scratches du DJ et la voix mélodique de David sont largement mis en avant. ‘I Can’t Breathe‘, plus saccadée, agit dans un registre plus rappé, alors que les guitaristes font des merveilles sur les mini-interludes. ‘A Bullet for a $‘, vous l’aurez deviné, dénonce la guerre en Irak sur fond de contrats de reconstruction… Dans un refrain qui doit être énorme en live, David hurle sa frustration et son dégoût, avant de terminer sur un air que ne renierait pas Cristian Machado (Ill Niño).

Equilibrium‘, véritable hit en puissance, évolue tout en contrastes, enchaînant les mélodies les plus posées pour ensuite exploser sur fond de gros riffs binaires. Le groupe met très largement en avant ses racines ibériques, aussi bien par un morceau acoustique fleurant bon le flamenco (‘That Old Guitar‘) que par la dernière plage, ‘XXX‘, intégralement rappée en espagnol. Ce dernier morceau très sombre, avec ses nombreux samples et effets de voix, est LE chef d’oeuvre de l’album.

Mais After Feed-Back, c’est avant tout un groupe qui fait péter les enceintes, à coups de riffs ravageurs. ‘Get in Real‘, premier single de cet album éponyme, n’a ainsi rien à envier aux grosses pointures américaines. Après 3 minutes, le morceau prend une nouvelle ampleur, grâce à des effets de guitare dignes de Machine Head et à un chanteur très mélodique. Une grosse tuerie. ‘Empty‘, la huitième piste du LP, sonne par moments très deftones, grâce au gros travail du chanteur. La batterie y est très largement mise en avant, et le break en guitare claire se fait des plus reposants. ‘Whiteblack‘, qui constitue assurément l’un des points culminants de l’album, s’attaque quant à lui au racisme avec hargne : le chanteur, très remonté, hurle ainsi à pleins poumons lors d’une une dernière minute absolument mythique.

After Feed-Back ne puise pas son inspiration que chez les groupes ricains, mais également dans la scène allemande : ‘Faithless‘ est ainsi digne d’un 4 Lynn, un groupe de rap-métal qui fait beaucoup de bruit en son pays… La production atteint quant à elle des sommets : le son est vraiment énorme, avec une grosse basse et des guitares accordées très très bas, comme dans tout disque de néo qui se respecte. Qui plus est, l’artwork est des plus réussis, avec cet arbre faisant la liste des valeurs à respecter pour être un bon citoyen…

A mi-chemin entre Ill Niño (pour le chant en espagnol et les guitares acoustiques) et Papa Roach (pour la qualité du phrasé), le combo espagnol parvient donc à captiver l’auditeur sans l’ennuyer, ce qui représente désormais une prouesse pour du nu-métal. En 11 titres plus détonants les uns que les autres, After Feed-Back prouve ainsi que la scène néo européenne a de l’avenir, contrairement à son homologue américaine, bien trop conventionnelle.