Il y a deux façons de rater un deuxième album : en faire une exacte copie, de peur de se mouiller; ou virer de bord, pensant qu’on peut dépasser le disque précédent en attaquant sur un nouveau terrain. Justice a choisi la deuxième option. Après avoir servi le meilleur disque d’electro française depuis Discovery, pour Justice, ça passait où ça cassait. Et là ça fait mal.

Selon eux, Audio, Video, Disco est un album diurne, alors que + était plutôt nocturne. Il faut se demander si le jour est par nature plus mou que la nuit. Les titres de cet album sont affreusement mal branlés. Horsepower, c’est Genesis en moins bien foutu. Civilization a un riff et un refrain de génie, mais le drame vient du couplet. Un scandale. L’enchaînement des différentes parties fait pâlir d’incompréhension. On sait déjà que Justice a raté son grand retour à ce moment-là. Même D.A.N.C.E. est plus palpitante… Le single avait au moins le mérite d’être catchy et très soigné. Justice distribue aujourd’hui des mauvais riffs qui ne demandent aucun effort pour être oubliés (Ohio, On’N’On, Parade). Le sens de la mélodie chez Justice, qu’on sait influencé par Daft Punk et pas qu’un peu, n’a subsisté que sur la pourtant soporifique Brianvision. Audio, Video, Disco a donc hérité d’une mélodie digne d’accompagner une pub sur Rires & Chansons. Voulait-on un deuxième +, un deuxième messie venu multiplier les pains, un Jésus II : Le Retour ? On aurait souhaité plus de neuf, à l’image de Canon, piste la plus agréable à écouter de l’album mais qui elle aussi aurait gagné à être mieux construite.

Seulement, c’est trop tard. Le masque vient de tomber. Justice s’est allègrement inspiré de Daft Punk en y ajoutant de la violence. Ca a bien marché une fois. Mais un élève qui a copié sur son voisin est toujours penaud le jour où il doit faire ses preuves lui-même. C’est con. Voilà les enfants, ce n’est que Justice.