Retour de Sheeduz avec All Be True, après A Frozen Moment, leur presque parfait premier album.

Les trois Audreys de la capitale réitèrent dans un genre que la pochette annonce : moins alambiqué, plus direct, et ça se vérifie. A Frozen Moment portait bien son nom pour le froid qui hantait l’univers de Sheeduz et pouvait foutre des frissons à n’importe quel auditeur, et ce nouveau disque fait encore pire, en mieux. Le rock glacé de Sheeduz se décline en cabarets piano-trash neigeux (Dirt, Moody Girl, Applause) et en hymnes hivernaux (All Be True), que viennent réchauffer quelques bons riffs carnassiers (Jimi). Le trio est bien compact dans son monde, mélange improbable d’une Amanda Palmer indé et de QueenAdreena, avec une voix aussi écorchée vive que fantomatique.

C’est peut-être aussi le seul reproche qu’on peut faire à ce nouveau Sheeduz par rapport à l’ancien : une sensation de sur-place, qu’on appelle le style par feignasserie et qui gagnerait pourtant à être poussé plus loin. Mais je n’irai pas trop vite en besogne : le groupe a plutôt assuré ses bases avec ce deuxième album, en se contentant de dix titres bien solides où peuvent éclater les perles teigneuses (Perfect & Destroyed) et les réussites mélodiques (Time).

Bref, écoutez Sheeduz, c’est de saison, et ça arrive à bout de n’importe quelle doudoune : vous aurez quand même un signal électrique dans l’échine. Et c’est pas une contrepèterie.