Faut être foutrement malin pour réussir à prendre d’assaut Psychotic Tales. Le nouvel (et premier vrai) album de Candy Flesh est une bonne forteresse garage/blues d’où s’échappent des riffs seventies et des cris féminins bien connus. Pas de doute, le groupe mené par Clara Dalle a bien l’intention de revendiquer ces douze titres de rock à l’ancienne, le majeur gentiment tendu.

Si je me dis ça, c’est qu’en bon webzineux qui n’a plus trop d’amour-propre (je bosse à Visual, mettez de côté la diginité humaine), je suis allé voir ce que la presse web a pensé de Psychotic Tales. Et beaucoup s’accordent à dire que l’album se perd en méandres, entre le bon AC/DC (Funny Holly), la balade blues francophone (Baby Doll), l’attaque à la Black Sabbath (Taste Like Honey), et le morceau de bravoure ambiant qui crescendote l’air de rien (L’Aurore). C’est vrai et puis c’est faux aussi. Si la longueur du disque peut vite décourager, ce n’est franchement pas sa richesse qui fait défaut, et le groupe a raison d’assumer son bordel, son ascenseur émotionnel qui prend le temps et rend l’écoute intéressante.

On peut dire aussi que Candy Flesh se répète jusqu’au titre de ses morceaux (un Alice par-ci, un Jessica par-là), il n’empêche que le groupe préfère se construire un dos de stégosaure avec son univers, et multiplier les pointes de tailles variables, plutôt que de tout miser sur trois cornes et se faire pécho par le premier T-Rex venu. Je sais pas si la métaphore est valable mais le quatuor sait en tout cas s’amuser avec son style, jusqu’à se créer des perles (la voix de Jessica, le poisseux Desire), et faire en sorte que Psychotic Tales devienne un bon souvenir durable du groupe et du charme qui en émane.

Osez donc, il n’y a de toute façon que des bonnes surprises à avoir à l’écoute du disque, qui fait mentir jusqu’à sa pochette rétro mais si simplement trippée.