Le label de Kavinsky et moi, on n’a pas la même notion de « premier album ». Certes, le bellâtre n’est pas le premier artiste à voir son premier long play agrémenté de quelques vieux titres issus d’un EP pas trop rincé. Mais aller chercher des titres ultra-connus qui ont eu le temps de faire 4000 fois le tour de tous les dancefloors de la planète (Testarossa Autodrive et Deadcruiser ont plus de six ans) et faire de Nightcall le pilier du disque quand on connaît le chemin que le titre a déjà parcouru depuis deux ans (Ryan Gosling, Virgin Radio, ta mère en train de préparer une bonne jardinière de légumes, tout ça), bah ça, c’est un foutage de gueule de tous les instants. Outrun est donc un best of déguisé, rempli des titres précédemment cités et surtout d’une poignée de nouvelles compositions, parfois correctes (Blizzard), souvent infectes (Suburbia) — un peu comme le Total de SebastiAn (illustre ami de Kavinsky ici crédité à la prod’), même s’il est de bien meilleure facture.

Tout bâtard qu’il est, Outrun n’est pas un empilage de tracks incohérents : les titres de 2005/2006 sont très proches de ceux de 2012/2013… Et c’est bien ça le problème. Quand, au milieu des années 2000, Kavinsky est sorti du bois avec ses lunettes de connard et sa veste de Chivers, il a émerveillé le Tout-MySpace avec ses synthés 80’s, son imagerie 80’s empruntée aux jeux d’arcade Sega et sa fascination pour les séries TV 80’s qui mettaient en scène des flics. Tirer sur la corde de la nostalgie 80’s et chier des tétrominos, on peut pas dire que se soit une idée d’enculé mais c’est lui qui y a pensé en premier. Dans le cul, les jaloux. Seulement voilà, sept ans après, la recette de Vincent Belorgey (le patronyme de Kavinsky) n’a pas changé d’un poil et une armée de petits cons l’ont doublé en jouant sur la même autoroute que lui (DatA, Futurecop!).

En sortant Outrun, Kavinsky a réussi à ringardiser le mouvement 80’s friendly qu’il a initié. Chic ! Finies l’overdose de synthés pédés et les références aux jeux vidéo qui peuvent être achevés en deux heures par des trisomiques papous aux mains palmés ! Et bienvenue aux artistes technoïdes qui ne jurent que par Parker Lewis, Rayman et Sandy Valentino.

PS : Malgré cet apparent flot de mépris, je tiens à préciser que Kavinsky a.k.a. Vincent Belorgey est un acteur rare et exceptionnel. Je vous invite tous à mater Steak et surtout [url=http://vimeo.com/32146368]Nonfilm[url], tous deux réalisés par le génie du Mal du cinéma français, Quentin Dupieux (oui, Mr. Oizo). Merci pour lui.