Aussi clean qu’une analyse d’urine d’un peloton du Tour de France, MESS porte délicieusement son nom. Sentant la transe et la trans, ce septième d’album de Liars est aussi bordélique que l’expression capillaire qu’il arbore en couverture de sa pochette. Triste comme un James Murphy orphelin de sa funk et de ses cloches, ‘Can’t Hear Well‘ fait office d’interlude. Là où le morceau ‘Messing on A Mission‘ qui le (pour)suit est une véritable agression. Jamais à l’aise, carrément malsain dans son approche, cet album va encore plus loin dans l’électronique dansante dark et glauque que le trio avait bien abordé avec succès avec son WIXIW de 2012 et refait vivre ici avec les vénères Mask Maker ou ‘I’m No Gold‘.

Comme le Port Salut, c’est écrit dessus et en MAJUSCULES. Liars sort une galette aux relents de beuverie. En maintenant plus de 10 ans, le groupe a une discographie des plus incohérentes mais ce virage est plutôt intéressant quoique déroutant pour les personnes qui ne les ont pas entendus depuis un bail. Méconnaissables, il n’en reste pas moins un putain d’Ovni qu’on aime bien s’asséner de temps à autre. Hélas pour MESS, il est typique de l’oeuvre totalement déséquilibrée. Comme ses auteurs sûrement mais sa deuxième moitié quasi-intégralement instrumentale (‘Darkslide‘, ‘Boyzone‘) vire trop à l’expérimentation pour qu’on accroche sans ingérer de pilules. Nettement moins envoûtante, diluée on s’y perd très, trop vite. Les deux dernières pistes sont plus lentes, plus introspectives mais mettent aussi du temps à révéler leur potentiel…

Dommage donc pour cet opus en demi-teinte après le carton plein de WIXIW, on priera pour que Liars nous joue la première partie plus que la seconde dans sa tournée prévue également en France via la Route du Rock cet été.