« Oh no, don’t you never disappear on a night where the moon hangs so low »

The Raveonettes

Sur le papier, le concept Lana Del Rey est plutôt séduisant : une icône glamour post moderne (comme on dit chez les gens cultivés) qui chante des chansons chico-déprimées. Oui sur le papier on se dit « pourquoi pas ?» sauf qu’en poussant la réflexion, on se souvient que l’on connait tous une Lana Del Rey. Mais si, cette fille girl next door sexy qui aime faire la fête mais qui porte son spleen comme son string, voyant. Et cette nana (chères lectrices, désolé), après nous l’avoir gonflé, elle nous a vite gonflés. C’est Lana Del Rey, gentille fifille chanteuse de country devenue icône, transformation parfaite et maitrisée au bout des ongles, rarement des photos promos ont été plus en phase avec la musique produite que celles accompagnant ‘Ultraviolence‘, deuxième album fraichement sorti.

Ce nouvel album est bien mieux que ‘Born to die‘. Mieux écrit, surtout mieux produit. Lana resserre les boulons et abandonne beats et chant hip hop et se focalise sur ce qu’elle faisait déjà de mieux sur son premier album à savoir les mid-tempo éthérés chico-déprimées. Il y a le bon son, de superbes reverb, Lana chante plutôt bien et à un ou deux des détours réussit parfaitement son cahier des charges déprimé-sexy (« West coast »), des chansonnettes bien ficelées qui feront très chic en fond sonore lors d’un diner. Des moments, Lana se lâche et ose des trucs un peu olé olé (« Fucked my way to the top » coquine) ou des assonances existentielles (I’m a sad girl, I’m a bad girl, I’m a mad girl) quand elle n’évoque pas sa collec’ de disques de jazz. Et le problème, c’est qu’on n’y croit pas une seconde, Lana Del Rey a beau mettre les jolies formes qu’il faut, on ne les épouse pas et malheureusement les chansons ne sont pas assez fortes pour balayer tout ce que représente (volontairement ou involontairement, peu importe) la lippue demoiselle qui essaie en vain pendant 50 minutes d’évoquer ce que les Raveonettes ont réussi en 15 secondes sur les premiers accords de l’album ‘Pretty in black‘ : chic, déprimé, éthéré, le rêve américain brisé, les fifties, la gueule de bois vaporeuse, Phil Spector, Buddy Holly, LA, un superbe clair-obscur.