Avec leur premier album éponyme, FIDLAR avait élevé la connerie au rang d’étend-ART. Des paroles débiles qui te rentraient dans la tête immédiatement, des tubes imbattables et une patate appelant à écouter le disque en boucle. A peine 2 ans et déjà un putain de gros classique. Pression donc pour le round 2 pour ces chouchous 2013 qui déboule avec Too. Un premier aperçu de l’album avait eu lieu lors d’un excellent concert au Trabendo en mai dernier, toujours au top de nos dates vues cette année.

On ne présente déjà plus l’ouvreuse ‘40oz on repeat‘, single efficace déjà validé et poncé dans les grandes largeurs depuis sa sortie. Le clip est d’ailleurs un très bon pastiche de références sauce 90’s. Avec son nouveau producteur déjà aperçu notamment pour Cage The Elephant, le groupe a poli le son et en particulier les voix. A l’inverse, l’emballage est plus musclé comme le démontrent les guitares de ‘Hey Johnny‘, la furie de ‘Punks are Finally Taking Acid‘. Heureusement, Too n’est pas seulement sur courant alternatif avec un mode énervé et un autre enclenché sur les morceaux « radios ». La surf-pop de ‘Why Generation‘ et ‘Drone‘, le trip en slow-motion d”Overdose‘, ‘Bad Medecine‘ et bien sûr sont autant de vraies réussites qui nous inviteront à rester scotché sans problème.

A l’image d’un adolescent subissant les affres de la puberté, ce second album porte quelques points noirs. A part son single introductif et ‘West Coast‘, aucun morceau ne rivalise avec la folie de son aîné. Rythme, production, inspiration, nous pouvons passer du temps à identifier le coupable. Mais pour nous, cela se situe au niveau des paroles. Uniquement centrées sur les effets de l’alcool et de la drogue, elles n’arrivent aucunement à reproduire le côté universel et con-con de FIDLAR 1er du nom. Comme tant de groupes auparavant, nos copains ont donc du mal à jouer dans la même cour que leur premier disque. Un point assumé par leur chanteur, [url=http://www.stereogum.com/1826477/qa-fidlars-zac-carper-on-kicking-drugs-staying-punk-and-sophomore-slumps/franchises/interview/]bien conscient du phénomène[url]. Mais en effet, le pouvaient-ils ? Est-ce qu’il faut rester pour autant sur cette comparaison ou profiter de notre nouvelle dose ?

Vrai souci, la production a tendance à en faire des caisses et nuit régulièrement à l’appréciation des compos. Il y a un côté too-much aussi comme la première moitié de ‘Sober‘, la fin de ‘Why Generation‘… Des inserts proches des extraits de la vie du studio ou des faux dialogues qui ne riment pas à grand-chose qui tournent vite à la private joke. Avant, les vannes étaient drôles et cachées dans les morceaux. Maintenant, elles sont surjouées et nous font sortir de la musique. A l’image de Songs for the Deaf, on a envie de les zapper pour passer à la prochaine chanson et c’est fort dommage. On se croirait revenus à l’album live des Blink-182. Après, il reste les vrais mauvais morceaux comme l’insignifiante ‘Leave Me Alone‘ où Zac semble atteint d’une crise d’adolescence, ‘Stupid Decisions‘ où FIDLAR se prend pour Weezer sauf qu’ils n’ont pas choisi la bonne période.

FIDLAR était la promesse d’une gueule de bois parfaite : les souvenirs d’une soirée euphorique, d’une grosse marrade sans conséquence qui appelait à d’autres nuits d’excès et de fêtes. Too n’est pas du même tonneau et à force de faire trop de mélanges nous oblige à être précautionneux pour éviter la prise d’aspirine. Maintenant dépourvu de meth, d’héroïne et de crack, on espère que Zac Carper trouvera une nouvelle source d’inspiration afin d’éviter à son groupe de très vite tourner en rond…