Les Thugs auront marqué de manière indélébile le paysage rock français du siècle dernier, avec une attitude indé et un style bien personnel, privilégiant clairement leur musique à toute forme de business notoire, ce qui explique assurément leur longévité assez exceptionnelle pour un groupe from the underground.
16 ans au service du Rock, 8 albums, plus de 700 concerts et un parterre grandiloquent de V.I.P. acquis à leur cause: Jonathan Poneman, co-fondateur du label Sub Pop dont la seule signature française reste celle des Thugs, Steve Albini qui produisit l’album ‘Strike‘, John Peel et ses fameuses sessions auxquelles le groupe angevin participa, Jello Biafra, manager du mythique label Alternative Tentacles

Mais ce qui reste le plus remarquable – et ce que l’on remarque le plus à l’écoute de ce best-of – c’est que le groupe a su traverser les nombreux courants qui affectèrent plus ou moins le Rock des années 80 aux années 90, sans jamais s’échouer, mais au contraire en se renouvellant admirablement. Que ce soit du Rock Garage qui transpire à une Pop plus classe, en passant par le Hardcore, le Grunge, l’Emo-Rock, voire de la New-Wave inspirée ou du Psyché, Les Thugs ont parsemé ci-et-là des joyaux d’efficacité et de mélodie rassemblés sur ce double-album s’étalant sur plus de deux heures, c’est dire la taille de l’écrin…

Rien est à jeter, tout demeure plus qu’intéressant, palpitant, jubilatoire. Et si les titres ne sont pas pressés dans l’ordre chronologique, ce n’est pas par fainéantise de la part de Crash Disques mais bien pour nous faire apprécier tout le talent du groupe.
On peut ainsi parcourir la compilation un peu partout et à toute heure, chez soi, dans le train, en cours… tant elle regorge de titres variés, dresser le Top 3 de ses titres préférés (‘Biking, ‘Dreamer’s Song‘, ‘Strike pour ma part) tant les classiques sont nombreux, s’émerveiller devant ce que le groupe doit donner sur scène (5 titres live y figurent), et apprécier pleinement les quelques reprises (‘Moon Over Marin‘ des Dead Kennedys reste exemplaire).

Et si en plus on apprend que le groupe savait être au fond engagé (‘Stop The War‘ n’a rien à voir avec la daube signée Sergent Garcia), on n’a qu’une envie: que Les Thugs se reforment. Calmons-nous: seule une réédition de la discographie complète est pour l’instant au programme, avec livrets originaux additionnés de notes replaçant chaque disque dans l’histoire du groupe, ce qui manque cruellement à ‘Road Closed‘. Masi on ne va pas se plaindre, car vue la qualité des deux disques, ‘Road Closed‘ pourrait tès bien avoir le même nom qu’une autre compilation sortie il y a peu d’un groupe aujourd’hui reformé, Métal Urbain. Celui de ‘Chef d’oeuvre’.