Quand un producteur de génie comme Daniel Bergstrand (Meshuggah, Strapping Young Lad,…) prend un groupe sous son aile, on peut être à peu près sur que la résultat va être une tuerie. La preuve est faite une fois de plus avec Scarve, qui depuis 2000, date de sortie de leur première oeuvre, ‘Translucence‘ qui avait marqué pas mal d’esprits, n’a cessé de travailler avec ce vrai découvreur de talents suédois. Ce troisième album qu’est ‘Irradiant‘ continue donc sur cette même lignée de death-grind et, s’il ne fourmille pas de surprises et de vraies nouvelles idées, reste un excellent album. Voyons donc pourquoi…

Il est facile de trouver le style de jeu de Scarve original. Mais il est beaucoup moins facile de le trouver unique. En effet si pour les non initiés, les rythmiques et les structures des titres de cet album peuvent paraître urluburlesquement complexes, pour les oreilles familiarisées aux différentes productions de Listenable, Relapse, Nuclear Blast ou même Overcome records, on aura a de nombreuses reprises une sensation de déjà entendu. La faute à qui ? Peut-être en partie à Dirk Verbeuren, sûrement un des batteurs cumulant à son actif le plus d’apparitions dans différents groupes (Soilwork ou Aborted pour ne citer qu’eux), promenant ainsi son jeu inimitablement bon dans des univers musicaux qui n’ont parfois rien à voir. Néanmoins, sur cet album on doit lui reconnaître une certaine diversité puisque pour une fois, il sait abandonner sa double pédale sur des titres comme ‘Perfect Disaster‘, sorte de balade alternative aux accents death et aux sonorités de guitares très heavy.

Mais la batterie n’est pas à elle seule responsable de ce sentiment de réchauffé. Si on reste relativement loin du son chirurgical et aseptisé à l’extrême d’un Fear Factory, on s’en rapproche parfois dangereusement, ne serait-ce que par les mélodies qui, à force de chercher trop compliqué, se perdent dans des dissonances incompréhensibles. D’autres détails viennent gâcher le tableau, aussi petits soient-ils comme l’intro de ‘Asphyxiate‘ honteusement pompée sur ‘Soul Burn‘ de Meshuggah. Mais voilà pour les mauvais points, car si cet album ne choque pas par son originalité, il ne manque pas de le faire par sa puissance. ‘Mirthless Perspectives‘, titre d’ouverture envoie la sauce et met une grosse claque dès l’intro avec sa double qui ne vas s’arrêter que très rarement durant les 4 minutes du titre. Si on peut reprocher à Dirk de se ‘répéter’, au moins il le fait dans le style qu’il maîtrise à fond. C’est ainsi qu’on aura droit pendant 50 minutes a cette alternance grind syncopé/mid tempo death qui fait tant fureur chez les headbangers musclés de la nuque. Les solos guitares quand à eux interviennent à des moments plutôt bien choisis même s’ils sonnent parfois un peu trop comme une bande son d’un Street Fighter d’il y a quelques décennies.

Mais pour ne pas être trop méchant non plus, certains titres savent surprendre : ‘Fireproven‘ casse un peu le rythme de l’album juste par sa voix murmurée sur les couplets, son refrain chanté en voix claire en duo et son final des plus chaotiques vomit à toute vitesse à la Converge, le tout formant une sorte d’impressionnante montée en puissance. ‘Irradiant‘ éblouit par sa technique et on ne serait pas loin d’un Nostromo (surtout avec sa basse hyper grasse qui accompagne seule la voix sur les couplets), si seulement le son gagnait un peu en ampleur (laissez sonner ces p****** de cymbales !). ‘Molten Scars‘ bascule quand à lui dans des rythmiques plus hardcore avec des effets de voix plutôt intéressants.

Irradiant‘ se révèle donc être un album qui, s’il souffle complètement à la première écoute, n’est pas non plus sans failles. Mais bon, faut pas chipoter, on en a largement pour son argent et ne serait-ce que pour une production impeccable signée Bergstrand, il vaut largement le coup. Il n’est ni en dessous ni au dessus de ses modèles, il est juste très bon.