Zao. En 3 lettres et 10 ans de carrière, ce groupe underground a défini les bases d’un genre aujourd’hui incontournable : le métalcore. La spécificité de ce quintet est de proposer un métal chrétien, et sur ce nouvel album, Zao va encore plus loin en nous proposant un concept album sur la mort de Dieu : en 11 chansons aux titres interminables et 47 minutes, le groupe se demande ainsi ce qu’il adviendrait de l’humanité si Dieu choisissait de mourir, après avoir été si souvent rejeté par les Hommes.

Tout d’abord, sachez qu’au niveau du line-up, Sean Koschick (basse) et Steven Peck (batterie) constituent la nouvelle section rythmique du groupe. Scott Mellinger (guitare) et Dan Weyandt (chant) restent les principaux artisans de la musique de Zao : à eux deux, ils ont composé ce disque puissant et ambitieux.

Au chant, Dan Weyandt se ballade entre le death et le black, et au bout de quelques morceaux, ça agace plus qu’autre chose : difficile en effet avec ce chant si particulier de s’enfiler les 11 morceaux d’une traite, même pour un amateur de métalcore moderne. Qui plus est, on ne comprend vraiment pas grand chose aux paroles tant on a l’impression d’entendre un râle perpétuel.

Musicalement, Zao mélange le thrash de la Bay Aera avec du speed métal à la Carcass et quelques touches de hardcore (la fin apocalyptique de ‘Live… From The Funeral Of God‘). L’ensemble est rapide, agressif et souvent déstructuré (ex : ‘The Last Song From Zion‘), mais on note heureusement quelques refrains plus mélodiques (‘Live… From The Funeral Of God‘ et ‘Truly, Truly, This Is The End‘) : un peu de finesse dans ce disque de brutes ne peut vraiment pas faire de mal… Par ailleurs, l’alternance de chant clair et de phrasé parlé est absolument superbe sur ‘In Times Gone Past‘ : on ne pourra finalement que regretter que cet aspect plus mélodique de Zao soit si peu mis en avant sur l’ensemble du LP.

The Funeral Of God‘ comporte son lot de bons titres, notamment la surpuissante ‘Praise The War Machine‘ avec son riff tournant particulièrement accrocheur ! ‘Breath Of The Black Muse‘ est également très réussie, avec sa multitude de breaks rythmés par Steven Peck et le très beau refrain en chant clair. A noter la grosse ressemblance entre un plan de ce titre et ‘S.I.C. de Slipknot (écoutez vers 2.36 à 3.00) ! Le single, ‘The Rising End (The First Prophecy)‘, est assurément l’un des meilleurs morceaux du disque, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est tout sauf formaté avec ses innombrables changements de rythme ! ‘The Last Revelation (The Last Prophecy)‘ est quant à elle ultra rapide, avec une belle combinaison de chants mélodique et hurlé.

L’album s’achève par 10 minutes d’anthologie : après un interlude de 90 secondes en électro-acoustique, Zao nous balance un morceau magnifique, quasiment instrumental : ‘Psalm of the City of the Dead‘, avec sa basse toolienne et ses choeurs féminins, est un morceau épique qui à lui seul vaut l’achat de l’album. Le groupe prend son temps, dans un registre moins énergique et finalement aussi intense que les compos les plus virulentes du disque. Comme quoi pour toucher l’auditeur, il ne suffit pas simplement de bramer dans un micro de toutes ses forces…

Zao continue donc dans son trip théologique, et les fans ne seront pas déçus. Cependant, il est extrêmement difficile d’écouter ce disque plus de 10 minutes tant il est répétitif et indigeste : j’avoue être assez rebuté par le chant trop extrême de Dan Weyandt, et c’est franchement dommage car la musique de Zao a parfois de quoi séduire… ‘The Funeral Of God‘ évolue donc entre très bon et très mauvais (ex : pistes 4 et 6), et au final, l’album s’avère juste correct. J’ai également du mal à comprendre qu’on puisse associer une musique aussi violente à des paroles si transcendantales : Zao aurait-il un problème avec Dieu ? C’est peut-être une question de génération, mais en tout cas je préfère nettement la nouvelle scène métalcore à ce nouvel album décidément trop difficile d’accès…